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Les reflex sont parmi les appareils photo les plus variés. Entre les plus accessibles et les plus pointus, les tarifs sont multipliés par dix, le poids par trois, la définition par trois, la cadence de prise de vue par quatre… Il est pourtant assez simple de vous y retrouver pour sélectionner le modèle qui vous correspond. Voici les critères les plus importants… et ceux qui le sont moins.

Commençons par un rappel : il n’y a pas de « meilleur » reflex. Chaque modèle a des avantages et des inconvénients et chaque utilisateur a des goûts différents. Vous seul pouvez donc trancher ! Néanmoins, certaines caractéristiques peuvent vous aider à choisir l’appareil photo reflex qui vous convient.

Le viseur reflex

Il est évidemment important : c’est lui qui distingue les reflex de tous les autres appareils. Le viseur reflex est optique : via un jeu de miroirs, votre œil regarde directement dans l’objectif, comme dans une longue-vue. La qualité des miroirs et de l’oculaire change radicalement le confort de visée. Les modèles haut de gamme utilisent un pentaprisme en verre massif, qui assure une très bonne transmission lumineuse, et un oculaire au grossissement élevé. Sur les reflex APS-C d’entrée de gamme, de simples miroirs collés et des lentilles plus petites donnent une image plus étroite et plus terne.

Comparaison entre viseurs des EOS 1200D et 7D Mk II
Deux viseurs APS-C : 0,80× (EOS 1200D à gauche) et 1× (EOS 7D Mk II à droite), reproduits à la même échelle.

Sur un reflex APS-C, préférez un grossissement supérieur à 0,9× : en dessous, le cadre paraît étroit. Sous 0,85×, vous aurez l’impression de regarder dans un trou de serrure. Même pour les fidèles de la visée optique, un bon viseur électronique est plus confortable qu’un mauvais viseur reflex. Si votre budget ne permet pas d’acquérir un reflex doté d’un bon viseur, préférez un hybride !

Les reflex plein format ont tous de bons viseurs. Leur poids et leur prix permettent de généraliser les pentaprismes en verre. En outre, la taille du viseur étant liée à celle du capteur, ils sont tous assez larges : les plus étroits, à 0,7×, correspondent à un viseur APS-C de plus de 1×.

L’autofocus

Le système de mise au point est l’autre caractéristique des appareils photo reflex. Les compacts et hybrides utilisent le capteur d’image ; les reflex, eux, disposent d’un module spécialement dédié à l’autofocus. Celui-ci fonctionne par corrélation de phase, comme les compacts et hybrides récents. Mais il peut détecter des décalages plus importants et accroche mieux les sujets en mouvements très rapides. Les capteurs croisés sont les plus efficaces : ils détectent des objets très variés, même en basse lumière.

Les modèles haut de gamme disposent également de capteurs plus larges, qui profitent du flux des objectifs très lumineux (f/2,8 ou moins) pour faire le point plus précisément, ainsi que d’autres plus étroits travaillant jusqu’à f/8, afin que l’autofocus fonctionne avec un doubleur de focale.

Couverture AF du reflex APS-C Nikon D500
Le système autofocus du Nikon D500 compte 153 points couvrant une large zone de l’image. Les 37 points ici mis en évidence fonctionnent à f/8, les 25 rouges étant même croisés.

Pour l’utilisateur, la répartition des points d’autofocus est une différence très visible. En effet, si les collimateurs sont regroupés au centre du viseur, il devient impossible de faire le point sur un sujet excentré. Or, avoir toujours le sujet au milieu donne des photos monotones. Une couverture autofocus réduite complique aussi la photo de sport, lorsqu’il faut suivre un objet en plein déplacement.

Le Live View (visée sur écran)

Pour les compacts ou les hybrides, le viseur est un écran comme un autre : quel que soit l’afficheur utilisé, le fonctionnement reste identique. Ce n’est pas le cas des reflex. Pour viser sur l’écran, ils remontent le miroir (ce qui occulte le viseur et le capteur d’autofocus) et se mettent à fonctionner comme des hybrides. Mais ni eux ni leurs objectifs ne sont fondamentalement faits pour travailler ainsi ; aussi deviennent-ils alors moins réactifs.

Un reflex qui reste vif en visant sur l’écran est donc plus polyvalent. Il vous permet plus facilement de viser par-dessus une foule ou au ras du sol. Il est idéal pour photographier vos enfants à leur hauteur, sans vous accroupir. En outre, il peut suivre le sujet pendant l’enregistrement d’une vidéo. Aussi, si vous pensez viser souvent par l’écran, cherchez ceux qui disposent d’un autofocus à corrélation de phase en Live View (et pas seulement en visée reflex). Le meilleur système est probablement le Dual Pixel AutoFocus de certains reflex Canon. Favorisez également les objectifs récents, optimisés pour ce mode de cadrage.

Bien entendu, si vous êtes un inconditionnel de la visée optique, si vous ne cadrez jamais sur l’écran, ce critère est sans importance !

L’ergonomie

On l’oublie souvent, mais elle est fondamentale. Si vous n’êtes pas à l’aise avec votre appareil, vous prendrez beaucoup moins de plaisir à l’utiliser ! Les goûts en matière de prise en main varient énormément d’un utilisateur à l’autre. Selon votre morphologie, tel boîtier parfait pour votre ami vous forcera à crisper les doigts ; selon votre logique, tel menu clair pour un autre utilisateur vous paraîtra abscons. Prenez le temps de faire connaissance avec les différents reflex que vous envisagez d’acheter. Vous pouvez demander à les toucher en magasin, emprunter le sien à un camarade, contacter le club photo local pour tester divers modèles…

Le Canon EOS 100D est le plus petit reflex APS-C
Ultra-compact, l’EOS 100D avait une poignée très réduite, qui ne convenait qu’aux plus petites mains.

Certains points sont cependant assez universels. Une poignée bien creusée plaît à tout le monde, un déclencheur mal placé est unanimement maudit ! Avoir deux molettes de réglage est toujours plus pratique qu’une seule, et un écran orientable et tactile est un avantage dans bien des situations. Les modèles haut de gamme ont souvent un second écran rappelant les réglages courants : c’est très pratique pour travailler sur un pied.

La gamme optique

Le meilleur appareil photo reflex au monde reste inutile s’il ne peut pas recevoir l’objectif dont vous avez besoin… Dans ce domaine, l’avantage de Canon et Nikon est réel, surtout avec l’appui de Sigma et Tamron.

Ceci étant, ne vous laissez pas distraire par ce 85 mm f/1,2 ou ce 180-400 mm f/4, que vous n’achèterez jamais ! Commencez plutôt par lister les optiques incontournables pour votre utilisation, et celles qui pourraient vous intéresser plus tard.

Objectifs standards Canon, Nikon et Pentax
Pour un reflex APS-C, les trois marques proposent la « triplette » 18-50 ou 55 mm, 55-200 ou 300 mm, 50 mm f/1,8 pour un tarif raisonnable.

Si vous êtes un utilisateur lambda, un transstandard courant, un petit télézoom et une optique à portrait au bon rapport qualité-prix vous suffiront amplement. Dans ce cas, chaque gamme propose tout ce qu’il vous faut. De même pour les optiques macro et les télézooms de sport.

À l’inverse, si vous êtes passionné par l’architecture, les Canon TS-E et les Nikkor PC sont d’excellentes raisons de choisir ces marques. Et si vous aimez les focales fixes discrètes, le Pentax 77 mm Limited ou l’ultraplat 40 mm Limited peuvent suffire à faire pencher la balance !

La compatibilité des formats

Les fabricants proposent deux tailles de capteurs : des capteurs APS-C et des capteurs plein format. Un capteur APS-C étant plus petit, il « recadre » l’image. Aussi, pour comparer le cadrage avec un capteur APS-C à celui que l’on aurait avec un 24×36 mm, il faut multiplier la focale réelle de l’objectif par un facteur de conversion. Celui-ci est de 1,5 pour les reflex APS-C Pentax et Nikon, et de 1,6 pour les Canon.

Ainsi, un objectif 50 mm est standard sur un reflex plein format ; c’est une focale à portrait équivalente à 75 mm ou 80 mm sur un capteur APS-C. Réciproquement, sur un capteur APS-C, l’équivalent d’un 24-105 mm est un 16-70 mm pour les uns et un 15-65 mm pour les autres.

Pentax 55-300 mm sur K-1
Monté sur le plein format Pentax K-1, l’objectif APS-C 55-300 mm entraîne un fort vignetage à certaines focales. © Franck Mée

Chaque marque propose donc deux gammes optiques. Les objectifs optimisés pour l’APS-C sont plus compacts, plus légers et généralement moins coûteux que ceux conçus pour le plein format. Qui peut le plus peut le moins : les objectifs plein format fonctionnent parfaitement avec un appareil APS-C de même monture. L’inverse n’est pas vrai. Chez Canon, les objectifs APS-C (baptisés « EF-S ») ne peuvent pas se monter sur les reflex plein format. Chez Nikon et Pentax, l’assemblage est possible, mais les objectifs APS-C peuvent souffrir de vignetage ou d’une faible qualité d’image en périphérie. Il faut alors recadrer la photo, ce qui réduit la définition.

La protection tout-temps

Presque tous les appareils plein format sont dotés d’une protection contre l’environnement. Ce n’est pas le cas des reflex APS-C : à l’exception du Pentax K-70, les modèles d’entrée de gamme sont dépourvus de tout joint d’étanchéité. Bien entendu, la protection anti-ruissellement n’est pas une nécessité absolue. Mais si vous voyagez, vous voudrez peut-être photographier sous un crachin breton, dans le sable marocain ou sous la neige d’Islande. Et même à domicile, peut-être aimerez-vous immortaliser vos enfants en pleine bataille de boules de neige !

Protection tout-temps du reflex APS-C Nikon D7500
Les nombreux joints du D7500 lui permettent d’affronter sereinement le crachin et la poussière.

Si votre appareil n’est pas protégé, il suffit évidemment de faire attention. Les reflex ne sont pas en sucre et ils supportent tous un certain niveau d’agression. Néanmoins, un modèle doté de joints apporte une sérénité appréciable, pas seulement pour ceux qui emportent leur appareil dans la poussière ou sous la neige d’un rallye

La stabilisation

Il est possible de s’en passer en pleine lumière ou avec des objectifs grands-angles. Cependant, la stabilisation d’image est aujourd’hui incontournable : elle vous permet de photographier à main levée en basse lumière ou avec des téléobjectifs. Pentax offre ici un avantage : sa stabilisation mécanique du capteur fonctionne quel que soit l’objectif monté. Chez Canon et Nikon, la stabilisation est optique, et tous les objectifs ne l’intègrent pas. Ce n’est guère gênant pour un grand-angle ou une focale fixe lumineuse ; mais fuyez les zooms standards ou les téléobjectifs dépourvus de stabilisation !

Les éléments sans importance

Certaines caractéristiques, bien que souvent mises en avant, n’ont pas vraiment d’importance. La définition du capteur est un exemple frappant : tous les reflex actuels offrent bien assez de pixels pour les utilisations courantes. La définition en vidéo est elle aussi secondaire : tous filment en Full HD. Et si vous faites partie de ceux à qui la 4K est indispensable, un reflex n’est peut-être pas votre meilleure option.

Grain excessif en haute sensibilité
Le constructeur de cet appareil permet de monter à plus de 12 000 ISO, mais l’image est trop granuleuse pour être utilisable.

La sensibilité ISO annoncée par le fabricant est souvent fantaisiste. Elle en dit bien plus sur la tolérance au bruit numérique de son département marketing que sur les capacités réelles de son appareil ! Globalement, les reflex APS-C photographient assez sereinement jusqu’à 3200 ISO, mais l’image se dégrade vite au-delà. Les capacités des modèles plein format varient plus. Un modèle « haute résolution » comme le Canon EOS 5Ds R donne une image légèrement granuleuse dès 6400 ISO. Un modèle « haute sensibilité » comme le Nikon D5 offre une limite plus floue, selon les goûts de l’utilisateur, autour de 25600 ISO !

Ne vous laissez pas séduire par de nombreux modes automatiques avancés : le mode Programme est déjà généralement efficace. Et puis, vous n’achetez pas un reflex pour le laisser faire lui-même la photo !

Pour résumer

Les fiches techniques sont pleines d’éléments utiles… ou secondaires ! Une fois votre budget défini, examinez l’ensemble de chaque système en fonction de vos besoins. Pensez que les objectifs sont importants : ce sont eux qui font l’image, le reflex ne faisant que l’enregistrer. Mieux vaut un appareil un peu moins pointu et un objectif de qualité qu’un boîtier très avancé avec une optique de kit d’entrée de gamme.

Mais surtout, ne sous-estimez pas l’importance du confort. Il n’y a plus, aujourd’hui, de mauvais reflex. Bien sûr, votre pratique imposera certains choix techniques. Mais une fois ce cahier des charges rempli, l’appareil qui vous correspond est avant tout celui avec lequel vous êtes à l’aise. Celui que vos mains tiennent sans crispation, celui où vos doigts trouvent toutes les commandes utiles, celui à travers lequel votre œil aime regarder le monde. Pour cela, rien ne remplace une prise en mains prolongée.

Avatar de Franck Mée
Auteur

Traducteur, journaliste, pilote privé. Passionné de photo et de cinéma, docteur en binge-watching, mais surtout fasciné par tout ce qui vole, du martinet au Boeing 747. Considère qu'un 200 mm, c'est un grand-angle.

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