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À la recherche d’un reflex Canon plein format, vous vous êtes peut-être posé la question : EOS 6D Mark II ou EOS 5D Mark IV ? Entrée de gamme ou appareil semi-professionnel ? Au-delà de l’écart tarifaire, les deux modèles ont des philosophies différentes…

Canon EOS 6D Mark II

Apparue en 2017, la seconde version de l’EOS 6D est une profonde amélioration par rapport à la première. L’autofocus est beaucoup plus complet, en visée reflex (45 points au lieu de 9) comme en Live View (grâce au Dual Pixel exclusif de la marque). L’écran est orientable et tactile, tandis que le viseur affiche plus d’informations. La réactivité est en hausse, la rafale est plus rapide (6,5 im/s), l’autonomie augmente, tout cela malgré une définition elle aussi accrue de 20 à 26 Mp.

Dos du Canon EOS 6D Mk II, avec roue et trèfle combinés, touches sous le pouce et écran orientable.

Pour autant, il reste fidèle à la recette du 6D : un plein format d’entrée de gamme, conçu pour être facilement pris en main par les habitués des reflex APS-C experts tels que l’EOS 80D. Il en reprend le combiné roue codeuse/pavé directionnel ainsi que la disposition de la plupart des commandes. Vous y trouverez également des modes scènes pré-programmés, en plus des classiques P, Tv, Av et M.

Si vous avez un EOS 70D ou 80D et achetez un EOD 6D Mk II, vous vous sentirez immédiatement comme chez vous. Vous pourrez confortablement garder l’appareil APS-C comme second boîtier, pour le jour où vous voudrez profiter du facteur de recadrage (pensez à cette photo de chevreuil de l’autre côté de la vallée)…

Canon EOS 5D Mark IV

Née en 2016, la quatrième génération de l’EOS 5D est elle aussi une petite révolution pour sa lignée. Plus que jamais, la famille semi-professionnelle se rapproche de la série EOS-1D X. Le « Mark IV » adopte notamment le module autofocus du porte-étendard de la marque rouge.

Son cœur de 30 Mp profite lui aussi d’une architecture Dual Pixel, mais il ne se contente pas de l’utiliser pour la mise au point. Le mode Dual Pixel RAW enregistre les données de chaque jeu de photodiodes. Cela permet de peaufiner la zone de netteté ou de gérer finement le bokeh a posteriori, dans Digital Photo Pro.

Le dos du Canon EOS 5D Mk IV, avec joystick séparé de la roue, touches à gauche et écran fixe.

Et puis, confirmant le goût de la famille EOS 5D pour la vidéo, le 5D Mk IV sait filmer en 4K. La définition accrue de l’écran tactile (1,62 Mpt) offre une meilleure prévisualisation. L’enregistrement en Log est possible en option, pour plus de souplesse lors de l’étalonnage.

Sur le plan ergonomique, l’EOS 5D Mk IV reprend les habitudes des appareils professionnels. Un joystick permet de sélectionner la zone de mise au point, des touches de gestion d’image sont alignées à gauche du boîtier, les modes scènes sont absents. C’est cette fois l’utilisateur d’EOS 7D Mk II qui sera à domicile.

Les points communs

Outre le format 24×36 mm et la monture EF, les EOS 6D Mk II et EOS 5D Mk IV ont bien des points communs. Le viseur est quasiment identique : même grossissement (0,71×), même dégagement oculaire, même système de surimpression d’informations utiles… La principale différence est la couverture, le viseur de l’EOS 6D Mk II ne montrant que 98 % de l’image capturée. À l’usage, cet écart n’est sensible que pour ceux qui pratiquent la composition millimétrée et refusent tout recadrage.

Exemples de surimpressions dans les viseurs des EOS 6D Mk II (gauche) et 5D Mk IV (droite).

La mesure d’exposition est également similaire : les deux modèles utilisent des cellules RGB+IR et proposent des modes d’exposition très proches. La cellule de l’EOS 5D Mark IV est plus fine et peut mieux reconnaître certains sujets ; cependant, l’exposition de l’EOS 6D Mk II est déjà extrêmement fiable dans la vraie vie. La gestion de la balance des blancs est identique, de même que la correction d’exposition et les possibilités de bracketing.

De manière plus étonnante peut-être, malgré des électroniques différentes, les deux appareils font jeu égal en matière de sensibilité (102 400 ISO maximum, avec une limite pratique autour de 6400 ou 12800 ISO selon vos goûts) et de rafale (6,5 im/s pour le 6D Mk II, 7 im/s pour le 5D Mk IV). Ce n’est pas non plus la définition qui les départagera. Certes, l’EOS 5D Mk IV propose 4 Mp de plus, mais si vous êtes vraiment sensible à cet argument, c’est en fait le Canon EOS 5DS qu’il vous faut – le modèle haute définition, qui dispose de 50 Mp !

Amateurs de recadrages extrêmes, oubliez nos sujets du jour : c’est l’EOS 5DS qu’il vous faut.

À l’utilisation, les deux frères sont très réactifs et performants. Ils ont également tous deux un récepteur GPS et un système Wi-Fi intégré. L’EOS 6D Mk II ajoute une connexion Bluetooth plus pratique, mais sur le plan fonctionnel, les deux restent très proches. Enfin, leur autonomie aussi est similaire : autour de 1000 déclenchements, avec un léger avantage pour l’EOS 6D Mk II.

Autofocus, un atout ciblé

À première vue, les autofocus des deux appareils sont similaires : 45 collimateurs croisés pour  l’un, 61 (dont 41 croisés) pour l’autre. Les zones couvertes sont comparables, et la sensibilité atteint -3 IL. Nous l’avons dit, les deux modèles sont d’ailleurs réactifs et performants dans ce domaine.

Amateurs de portraits, l’autofocus de l’EOS 5D Mk IV offre plus de points optimisés pour les objectifs lumineux.

Mais dans le détail, l’autofocus de l’EOS 5D Mk IV sera meilleur dans bien des cas. D’abord, avec une optique lumineuse (f/2,8 ou moins) : un seul collimateur est optimisé pour cette ouverture sur l’EOS 6D Mk II, contre 5 sur son grand frère. Ensuite, avec les optiques peu lumineuses (f/8) : sur l’un, seuls 27 collimateurs sont compatibles, tandis que sur l’autre, ils le sont tous ! Pour les photographes sportifs, aéronautiques ou animaliers, adeptes des multiplicateurs de focale, la différence est notable.

Par ailleurs, l’EOS 5D Mk IV offre plus de possibilités de sélection des collimateurs actifs : il peut les grouper par 5 ou par 9, afin de les adapter à la taille du sujet visé. Le module AF et la cellule communiquent pour améliorer le suivi de sujet dans des conditions difficiles (beaucoup de mouvements, obstacles au premier plan…). Le joystick permet également de changer de zone de mise au point plus rapidement et confortablement, un avantage ergonomique radical en sports collectifs. Enfin, un menu dédié permet de paramétrer l’automatisme plus finement en fonction de la situation.

Le menu de réglages avancés de l’autofocus, absent de l’EOS 6D Mk II.

L’un dans l’autre, l’EOS 5D Mk IV est donc plus pointu dans ce domaine. Son petit frère ne démérite pas et reste très efficace, mais les adeptes de photo d’action (en particulier de sports collectifs) noteront certainement la différence.

Obturateur et construction

La fiche technique révèle un autre écart : l’obturateur de l’EOS 5D Mk IV monte au 1/8000 s, avec synchronisation flash au 1/200 s (contre 1/4000 s et 1/180 s pour son petit frère). Il est aussi plus endurant : sa durée de vie atteint 150 000 déclenchements, contre 100 000.

Sur le papier, ces différences sont minimes, sauf pour ceux qui photographient souvent en extérieur avec de grandes ouvertures. Mais ces détails s’inscrivent dans une considération plus générale : l’EOS 5D Mk IV est, globalement, plus robuste. Sa protection anti-ruissellement est plus avancée et il résistera mieux aux environnements hostiles (pluie, poussière, embruns…).

Pour la vidéo et la photo depuis un ordinateur, la connectique de l’EOS 5D Mk IV est nettement meilleure.

L’EOS 5D Mk IV offre également des possibilités de connexions supplémentaires. D’abord, il dispose d’un port USB 3, beaucoup plus rapide que l’USB 2 de l’EOS 6D Mk II. Cela permet de télécharger les images sans attendre si vous n’utilisez pas un lecteur de cartes ; surtout, cela fluidifie spectaculairement le flux de travail lors d’une prise de vue connectée depuis un ordinateur.

Ensuite, le 5D Mk IV héberge deux cartes mémoire : une CompactFlash (UDMA 7) et une SD (UHS-I). Le modèle d’entrée de gamme se contente d’un seul port SD (UHS-I également). Cela peut être une limite lors de longues sessions ou si vous préférez séparer les différents types de fichiers.

En plus de la carte SD, l’EOS 5D Mk IV propose un logement de carte CompactFlash.

Enfin, si tous deux peuvent recevoir un micro externe, seul l’EOS 5D Mk IV permet de connecter un casque pour contrôler la qualité du son enregistré. Avec la 4K, la sortie HDMI en Full HD non compressé et le Log (en option), cela confirme que le haut de gamme est bien plus intéressant pour un vidéaste sérieux.

L’EOS 5D Mark IV, choix des sportifs, voyageurs et cinéastes ?

C’est ce qui ressort du bilan. Parmi les photographes, ce sont surtout les amateurs de photo de sport et les baroudeurs adeptes d’environnements extrêmes qui profiteront de l’autofocus plus avancé et de la construction plus robuste de l’EOS 5D Mk IV. Quant aux vidéastes, la sortie casque et l’enregistrement en 4K sont pour eux des avantages déterminants.

Le 5D Mk IV propose des réglages d’autofocus pour éviter de faire le point sur les branches. Mais le 6D Mk II peut tout à fait faire ce style d’images : son taux de réussite sera juste légèrement plus faible.

Quant aux autres, ceux qui photographient surtout des paysages, des portraits, la vie quotidienne et familiale… Même s’ils font un peu de sport et sortent sous la pluie de temps en temps, l’EOS 6D Mk II est déjà un appareil performant et résistant. Et l’écart tarifaire sera une bonne occasion de s’offrir l’objectif de leurs rêves !

Cela ne doit toutefois pas faire oublier un détail, de ceux qui peuvent faire toute la différence : l’EOS 6D Mk II dispose d’un écran orientable. Certains baroudeurs y voient avant tout une source de panne potentielle ; mais à l’utilisation, cela peut être un avantage majeur. Vous avez des enfants ? Placez l’appareil à hauteur de taille pour les cadrer en face. Vous aimez la macro ? Accroupissez-vous et descendez au ras du sol sans vous salir. Vous travaillez beaucoup sur pied ? Relevez l’écran et ne vous tordez plus pour composer dans le viseur. Même les reporters, qui doivent parfois faire des clichés de cérémonies par-dessus le public, peuvent être très sensibles à cet argument.

Pour certains, l’écran orientable peut être une raison suffisante pour choisir l’EOS 6D Mk II.

À vous donc de trancher : entre l’autofocus, la prise USB 3, les possibilités en vidéo d’une part, l’écran orientable et le prix d’autre part, quels critères priment pour vous ?

Auteur

Traducteur, journaliste, pilote privé. Passionné de photo et de cinéma, docteur en binge-watching, mais surtout fasciné par tout ce qui vole, du martinet au Boeing 747. Considère qu'un 200 mm, c'est un grand-angle.

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