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Quatre mois après l’EOS R, Canon lance son deuxième hybride plein format, baptisé EOS RP. Outre son capteur de 26 Mp, son mode vidéo 4K, sa rafale à 5 im/s et son boîtier allégé, il propose un tarif très attractif. Lancé à moins de 1500 €, il s’agit en effet de la porte d’entrée la plus abordable du moment dans le monde du plein format.

La politique de Canon se distingue ainsi radicalement de celle de Nikon, centrée sur le haut de gamme et les professionnels. L’EOS RP a pour mission de séduire un plus large public, en offrant un équilibre soigné entre une fiche technique généreuse et un coût raisonnable.

Le plein format léger et compact

La réduction de l’encombrement a longtemps été l’argument numéro 1 des hybrides. Cependant, les modèles 24 × 36 mm ont mis cet aspect de côté. Par exemple, avec 13,6 × 9,8 cm et 660 g, l’EOS R n’est que 1 cm plus petit et 100 grammes plus léger que le reflex plein format EOS 6D Mk II. Cela change avec l’EOS RP : il gagne plus de 1 cm en hauteur (8,5 cm) et pointe à moins de 500 grammes sur la balance. Il vole ainsi le titre d’hybride plein format le plus compact au Sony α7 III, son plus proche concurrent.

Canon EOS RP avec RF 24-105 mm et semelle optionnelle.
Revers de la compacité : pour que les photographes aux mains larges puissent placer confortablement leur auriculaire, Canon propose une semelle optionnelle, qui se fixe sous le boîtier d’origine pour augmenter sa hauteur !

Logiquement, cette recherche de mobilité a imposé certains choix. Le viseur OLED est légèrement plus petit que celui de son aîné, la rafale se contente de 5 images par seconde, l’obturateur ne dépasse pas 1/4000 s, et la batterie utilisée est la LP-E17 des EOS d’entrée de gamme. Ainsi, l’autonomie annoncée par Canon atteint 250 clichés, contre 370 sur l’EOS R (équipé de la plus puissante LP-E6N) et… 1200 sur l’EOS 6D Mk II. Le photographe voyageur a donc tout intérêt à glisser dans son fourre-tout quelques batteries supplémentaires.

Mais en compensation, avec le Canon EOS RP et le RF 24-105 mm f/4L IS USM, le photographe dispose d’un kit polyvalent et performant de moins de 1200 grammes, contre près de 1600 grammes pour la configuration reflex la plus proche.

Canon EOS RP avec RF 24-105 mm f/4L IS USM.
Avec le 24-105 mm f/4L IS USM, le Canon EOS RP forme un kit plein format performant et maniable.

Cette légèreté n’empêche pas l’EOS RP de conserver une construction de haut niveau. Le boîtier, en alliage de magnésium, aluminium, polycarbonate et fibre de verre, est protégé contre les intempéries et les poussières. Vous pouvez donc l’utiliser sereinement dans tous les environnements. L’écran est tactile et orientable, ce qui permet de cadrer confortablement au ras du sol ou de réaliser des portraits d’enfants à une hauteur naturelle.

Plus étonnant, le nouvel hybride plein format prend l’avantage dans certains domaines, comme la vidéo et l’autofocus.

Vidéo : mieux qu’un reflex

Ainsi, bien que son capteur soit semblable à celui de l’EOS 6D Mk II avec ses 26,2 millions de pixels, l’EOS RP reçoit un processeur plus moderne, le Digic 8, identique à celui de l’EOS R. Le traitement d’image est légèrement amélioré et surtout plus rapide. Ainsi, il peut filmer en 4K UHD (3840 × 2160 pixels) à 24 ou 25 images par seconde.

Notez à ce sujet que l’EOS RP recadre l’image en vidéo 4K : le facteur de conversion est alors de l’ordre de 1,7. Par exemple, le 50 mm, standard en photo et en vidéo Full HD, cadre comme un 85 mm en vidéo 4K.

Canon EOS RP écran ouvert.
Le Canon EOS RP dispose d’un écran tactile orientable, d’une entrée micro et d’une sortie casque.

S’il n’offre logiquement pas toutes les possibilités d’une caméra professionnelle, l’EOS RP propose tout de même une entrée micro stéréo et une sortie casque pour contrôler efficacement la prise de son. En outre, une sortie HDMI 4K en 4:2:2 sur 8 bits permet d’utiliser un enregistreur externe. L’EOS R va logiquement plus loin, mais l’EOS RP propose déjà des fonctions suffisamment avancées pour la plupart des vidéastes, même confirmés.

Autofocus pratique et performant

L’EOS RP reprend le système à double pixel de Canon : chaque photosite du capteur est divisé en deux, ce qui permet une mise au point par corrélation de phase analysant tous les pixels. C’est une exclusivité de la marque, la concurrence n’utilisant que quelques centaines de pixels modifiés à cette fin. L’autofocus est ainsi plus souple et plus sensible : Canon annonce un fonctionnement jusqu’à -5 IL, soit 1/4 de l’intensité lumineuse nécessaire à l’EOS 6D Mk II ou au Sony α7 III !

L’autofocus à double pixel permet également de déplacer la zone de mise au point presque n’importe où dans l’image : Canon annonce une couverture de 88 % du capteur. Quant à sa finesse de détection, elle permet de faire automatiquement le point sur l’œil : voilà qui va faciliter la vie de bien des portraitistes !

Canon EOS RP nu de face.
Le Canon EOS RP utilise un capteur 24 × 36 mm de 26 Mp et la nouvelle monture RF.

Ces possibilités avancées sont disponibles en photo comme en vidéo, en cadrant au viseur ou sur l’écran. La surface tactile de celui-ci révèle ici tout son intérêt : il est possible de pointer le sujet pour faire le point, voire pour déclencher. En vidéo, cela permet de réaliser des transitions d’un plan à l’autre en douceur, sans perturber la prise de son. En photo, associer le mode « silencieux » (obturateur électronique) et le déclenchement tactile permet d’utiliser l’appareil en toute discrétion, sans clic ni bruit de molette.

Un choix d’objectifs uniques

Pour lancer son système RF, Canon a voulu marquer les esprits sur le plan optique. La marque a ainsi lancé le RF 50 mm f/1,2L USM et le RF 28-70 mm f/2L USM, deux optiques ultra-lumineuses uniques sur le marché qui ont fait couler beaucoup d’encre.

La gamme Canon RF : 35 mm f/1,8 IS Macro, 24-105 mm f/4L IS, 50 mm f/1,2L et 28-70 mm f/2L.
La gamme Canon RF : 35 mm f/1,8 IS Macro, 24-105 mm f/4L IS, 50 mm f/1,2L et 28-70 mm f/2L.

L’EOS RP visant plutôt le grand public, ses utilisateurs préféreront probablement les deux autres objectifs de la gamme actuelle. Le RF 24-105 mm f/4 IS USM est un « couteau suisse » performant, adapté au paysage, au portrait et à la grande majorité des sujets du quotidien. Son ouverture peut paraître modeste, mais l’EOS RP peut monter à 40 000 ISO (voire 102 400 ISO en plage étendue). En outre, sur un plein format, cette ouverture permet déjà de mettre en valeur les portraits, avec un arrière-plan élégamment flou.

Quant au RF 35 mm f/1,8 IS Macro STM, c’est une petite surprise. Ce grand-angle modéré est apprécié en photo de rue ou pour les portraits de groupes. Son ouverture à f/1,8 et sa stabilisation sont parfaites pour les amateurs de street photo nocturne. Surtout, il ajoute une botte secrète : sa mise au point à 17 cm permet de photographier plein cadre un objet de 7 cm. Il est ainsi d’une polyvalence inhabituelle pour ce type d’objectif, malgré un tarif très raisonnable et un poids plume.

Canon a d’ores et déjà annoncé six autres optiques d’ici la fin de l’année. La « triplette f/2,8 » classique d’abord : grand-angle 15-35 mm, trans-standard 24-70 mm et télé-zoom 70-200 mm. Ensuite, un 85 mm f/1,2, décliné en deux variantes : l’une optimisée pour la luminosité, l’autre (version DS) pour offrir un bokeh plus doux, apprécié des portraitistes. Enfin, un 24-240 mm adapté pour ceux qui veulent tout faire avec un seul objectif.

Canon EOS RP et EF 40 mm f/2,8.
Le Canon EOS RP peut recevoir les objectifs EF (ici, le « pancake » 40 mm f/2,8) via une bague d’adaptation.

Et bien entendu, il est possible de réutiliser tous ses objectifs EF et EF-S grâce à une bague de conversion de montures. Pour l’instant, l’adaptateur le plus simple est fourni avec l’EOS RP. Deux autres existent, l’un avec un porte-filtre intégré, l’autre avec une bague de réglages électronique. C’est évidemment particulièrement intéressant pour les acheteurs d’EOS RP, qui n’ont ainsi pas besoin de changer de système d’un coup. Typiquement, ils peuvent acheter le boîtier avec son 24-105 mm pour obtenir un kit compact de tous les jours et, lorsque les besoins le justifient, réutiliser leur télézoom ou leur focale à portrait actuels.

En conclusion

Le Canon EOS RP n’est peut-être pas l’hybride qui fait tourner toutes les têtes. Il ne propose pas une fiche technique époustouflante comme les récents Panasonic S1 et S1R ou une construction exceptionnelle. Son but est autre : être dans le coup, quel que soit le domaine, pour offrir aux passionnés un ensemble équilibré et abordable.

Il offre ainsi une ergonomie complète (boîtier anti-ruissellement, écran tactile orientable, viseur OLED…), un excellent autofocus et une qualité d’image de bon aloi, en photo comme en vidéo. Il est léger, maniable et performant, parfaitement adapté aux besoins d’un photographe ou d’un vidéaste amateur qui veut profiter d’un équipement efficace sans vider son porte-monnaie. À ce titre, il sera à n’en pas douter un modèle discret mais apprécié. Comme les EOS 6D, il devrait permettre à des clients équipés en APS-C de monter en gamme et à de nouveaux utilisateurs de découvrir le plein format.

Auteur

Traducteur, journaliste, pilote privé. Passionné de photo et de cinéma, docteur en binge-watching, mais surtout fasciné par tout ce qui vole, du martinet au Boeing 747. Considère qu'un 200 mm, c'est un grand-angle.

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