Generic selectors
Exact matches only
Search in title
Search in content
Search in posts
Search in pages

Avec plusieurs millions d’espèces d’insectes différentes à travers le monde ( dont plusieurs dizaines de milliers en France 🙂), des milliers d’espèces de fleurs ou plantes, ou de simples petits objets, les occasions de pratiquer la macrophotographie sont partout !

Il s’agirait même la discipline photographique disposant du plus grand potentiel créatif .

Macro ou proxiphotographie ?

La macrophotographie fait partie de ces termes génériques que l’on emploie sans jamais véritablement connaître les caractéristiques. Pour faire simple, tout est question de rapport de grossissement (ou grandissement). Quand l’image formée sur le capteur est aussi grande que celle du sujet photographié, on parle alors de macrophotographie.

Prenons l’exemple d’une abeille qui mesure en taille réelle 3 cm. Si la reproduction de son image est au moins égale à 3 cm sur le capteur, alors on évolue dans l’univers de la macrophotographie. Dans cet exemple précis on parle également de rapport 1:1. Au-delà du rapport 5:1 (5 fois plus grand que la taille réelle) on entre dans la dimension de l’hyper macrophotographie.

Par déduction tout ce qui se trouve au-dessous du rapport 1:1, fait référence au domaine de la proxiphotographie. Il n’y a pas de règles précises mais la proxiphotographie se situe entre un rapport de grossissement 1:1 et 1:3.

Description sous forme d'infographie du rapport de grossissement

Regardez le rapport de grossissement marqué sur la bague d’un objectif. vous devriez y voir une indication du rapport de grossissement en fonction de la distance (en mètres ou en pieds) de votre appareil et du sujet photographié.

Infographie décrivant les informations liés au rapport de grossissement sur un objectif macro

Il est amusant de remarquer que la plupart des images d’insectes que vous regardez appartiennent davantage à la proxiphotographie qu’à la macrophotographie. Et pourtant on les appelle macro !

On verra un peu plus loin dans cet article que vous n’êtes pas dans l’obligation de posséder un objectif macro pour réaliser de belles images de photographie rapprochée.

Le reflex macro

C’est un fait avéré, quand on souhaite réaliser l’image d’un sujet de petite taille… on se rapproche. On se rapproche jusqu’à ce que celui-ci occupe l’entièreté du cadre. Cette particularité est à l’origine de nombreuses frustrations. La distance de mise au point minimal est toujours trop importante. Pour le dire autrement, on reste toujours trop loin de son sujet !

Bien qu’il ne soit pas toujours nécessaire de trop s’approcher de son sujet pour une composition esthétique (ou d’animal dangereux 😁), il existe plusieurs moyens de réduire cette distance de mise au point.

Macrophotographie d'un ascalaphe (insecte mi papillon-mi libellule) photographié dans un pré su sud de la France
Ascalaphe photographié au 180mm f/2.8, dans un pré su sud de la France.

La macrophotographie avec un vrai objectif MACRO

C’est la solution évidente pour celui qui souhaite s’investir dans cet art photographique. Aujourd’hui tous les objectifs macro sont optiquement excellents. La vraie question que vous devez vous poser est : Quelle est ma focale de prédilection ? Suis-je plus à l’aise avec une focale de 100 mm, 90 mm ou plutôt 150 mm ?

Que vous évoluez sur un appareil micro 4/3, un APS-C ou un plein format (on parle ici de taille de capteur), l’offre en matière d’objectif macro n’a jamais été aussi importante. Tous les constructeurs possèdent leur objectif macro. Question focale on peut dire que vous avez le choix. Elles s’échelonnent de 15 mm à 180 mm.

Récapitulatif en image de tous les objectifs macro présents sur la marché actuellement

Tous les objectifs possédant le terme MACRO dans leur désignation ne permettent pas ce fameux rapport de grossissement 1:1. Cela n’enlève rien bien sûr à leur qualité optique. Pour être sûr de votre choix, reportez-vous à la fiche descriptive de l’objectif.

À ce jour tous les objectifs possédant un rapport de grandissement 1:1 sont des focales fixes. Si certains zooms comportent une fonction macro, c‘est pour vous offrir néanmoins le confort de pouvoir vous rapprocher un peu plus que la moyenne.

Sans jeux de mots, ne vous focalisez pas trop sur ce rapport de grossissement si vous prévoyez de photographier des sujets d’une taille supérieure à 3-4 cm.

Au delà du confort et de la qualité optique, faire le choix d’un objectif spécifique dédié à la photographie rapprochée est un investissement artistique sur le long terme. Vous éduquez votre œil, jour aprè jours, à visualiser le petit monde à travers un angle de prise de vue unique.

Il est toutefois  intéressant de rappeler qu’un objectif macro peut être utilisé pour le portrait, la photographie de paysage, la photo de rue et bien d’autres possibilités.

La macro sans objectif macro, c’est possible !

Un objectif spécifique n’est pas toujours justifié. L’investissement nécessaire peut être disproportionné pour votre pratique réelle. Il faut compter un minimum de 400 euros pour ce type d’objectif.

Pour photographier en position macro, tout en profitant de vos objectifs, vous avez 2 possibilités :

  • Augmenter votre focale sans augmenter la distance de mise au point
  • Réduire votre distance de mise au point minimale

Voici 4 alternatives possibles pour photographier le petit monde sans objectif spécifique.

Le tube-allonge

Bague allonge permettant de réduire la distance de mise au point.

Ce sont des tubes, généralement en métal, qui viennent s’intercaler entre votre objectif et votre appareil photo. Ils vous permettront de réduire considérablement la distance entre votre sujet et votre appareil.

À titre d’exemple, si je possède un objectif d’une focale de 85 mm, je dispose d’une distance minimum de 85 cm. Avec l’ajout d’un seule tube-allonge de 36 mm je peux réduire cette distance de mise au point à environ 25 cm.

C’est un accessoire économique que l’on trouve le plus souvent en lot de 3 (36, 20 et 12 mm).

La bague d’inversion

illustration d'un bague d'inversion

Imaginez que vous puissiez retourner votre objectif à l’envers. Cela est possible avec une bague d’inversion.

Ce stratagème vous ouvre littéralement la voie de la macrophotographie pour à peine quelques dizaine d’euros. Le rapport de grossissement est parfois même supérieur à celui délivré par des objectifs dédiés.

Toutefois il faut garder à l’esprit que ce montage est très loin d’être confortable dans la pratique. Avec une pleine ouverture fixe (la plus grande ouverture de votre objectif), votre profondeur de champ (votre zone de netteté) est très réduite.

La bonnette

image d'une bonnette permettant de réduire la distance de mise au point entre le sujet et l'appareil photo

À l’image d’un filtre polarisant que vous vissez sur le devant de votre optique, une bonnette s’installe de la même manière. Il s’agit d’une lentille vous permettant de vous rapprocher très très près de votre sujet.

Certes plus économique qu’on objectif spécial macro, les prix varient énormément en fonction de la qualité. Avant de procéder à un achat renseignez-vous sur les caractéristiques techniques.

Le multiplicateur

kenko_convertisseur_x1.4

Tout comme la bague-allonge, le multiplicateur, comme son nom l’indique, va augmenter votre focale sans modifier la distance de mise au point.

Avec un multiplicateur X1.4, votre objectif de 85 mm se transformera en 120 mm, votre 135 mm en 190 mm ou votre 200 mm en 280 mm. C’est mathématique !

En contrepartie de cette fabuleuse augmentation vous perdrez un diaphragme pour un multiplicateur X1.4 (2 diaphragmes pour un doubleur). Votre objectif à ouverture maximale f/2.8 ne se fermera plus qu’à f/4 ( f/5.6 s’il se fermait à f/4 initialement).

Rassurez-vous dans la pratique ce n’est pas rédhibitoire. Au début, je vous conseille de ne pas investir dans un multiplicateur augmentant votre focal de de plus de 1.4. Un multiplicateur plus important engendrerait une perte de qualité sur votre image.

2 idées fausses en macrophotographie

En règle générale en photographie, on a coutume de dire que la répartition de zone de netteté commence un tiers devant votre sujet et deux tiers derrière lui.  En macrophotographie cette répartition se situe pour moitié sur le devant et à l’arrière du sujet.

On pense, à tort, que la distance minimale de mise au point d’un objectif macro commence à partir de la lentille frontale. C’est absolument faux.

La distance de mise au point minimale est à prendre à partir du capteur. Si votre mise au point minimum est de 30 cm et que votre objectif mesure lui-même 15 cm, alors la distance qui sépare votre sujet de la lentille frontale sera de seulement 15 cm (et je ne parle même pas de l’ajout du pare-soleil 🙂 ) .

Image d'un photographe nature réalisant une macrophotographie sur trépied au milieu d'une forêt

En synthèse

Que vous possédiez ou non un objectif macro, la photographie rapprochée est avant tout une question d’inspiration et de démarche artistique. Une inspiration que vous pouvez trouver sur les réseaux sociaux et auprès de photographe talentueux.  Il n’y a pas de mal à s’inspirer de ce qui se fait de mieux.

Mon conseil : si vous voulez progresser, il vous faudra associer documentation et pratique. Si votre souhait est de photographier des insectes ou des plantes, rien ne remplacera l’expérience de vos sorties sur le terrain. L’esthétisme d’un cliché macro ne se résume pas uniquement au seul flou d’arrière-plan.

La macrophotographie n’est pas un exercice facile. Elle vous oblige à combiner en une seule image toutes les règles de composition (règle des tiers, lumière, perspective, position du sujet…) en ajoutant si possible un parti pris artistique ( le minimalisme, le contre-jour, les formes géométriques..) . En un mot, il faut être original !  

La macrophotographie animale ou végétale est une démarche photographique globale.

Proxiphotographie d'une mante religieuse, à l'ombre d'une pinède sur une pomme de pin
Mante religieuse ( mantis religiosa) photographiée au 150mm + multiplicateur 1.4

Au-delà des aspect techniques, la macrophotographie vous permet de :

  • sortir de chez vous
  • vous reconnecter avec la nature
  • observer l’environnement proche qui vous entoure
  • réapprendre la patience
  • vous apporter des connaissances naturalistes
  • stimuler votre créativité et votre fibre artistique

Et dire que tout cela est possible à quelques kilomètres ou centaines de mètres de chez vous ! Alors vous vous y mettez quand ?

image d'une jeune femme en recherche d'inspiration photographique au milieu d'une forêt
Auteur

Photographe passionné spécialisé dans la macro et proxi photographie créative. Amoureux de la nature et aussi un peu geek sur le matériel photographique 🙂.

4 Commentaires

Écrire un commentaire

Retour en haut