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Même si les gimbals sont utilisables dès qu’ils sont sortis de leur boîte, savoir comment paramétrer un stabilisateur vidéo est le saint graal pour de meilleurs résultats. C’est bien le gimbal qu’il faut adapter à ses besoins et non l’inverse. Passons donc en revue les paramètres importants que l’on retrouve sur tous les stabilisateurs vidéo, quelle que soit leur marque.

Les paramètres des stabilisateurs
Savoir paramétrer un stabilisateur vidéo n'est pas si compliqué mais requiert de l'attention

L’équilibrage est plus important que tout !

Avec leurs moteurs surpuissants, les gimbals peuvent se débrouiller avec un setup mal équilibré. Mais c’est prendre le risque de vibrations à l’image, de perte d’autonomie… L’équilibrage du stabilisateur vidéo est une étape indépendante de l’électronique embarquée et du micrologiciel du stabilisateur.

On commence toujours par le positionnement de la caméra, et l’équilibre de l’axe du TILT, avant de s’attaquer au ROLL puis au PAN. Je vous invite à regarder les détails en images avec la vidéo de Clovis Libert.

Les axes à régler indépendamment : ROLL, PAN, TILT

Un peu de physique pour mieux paramétrer un stabilisateur

Il faut comprendre qu’un stabilisateur vidéo passe son temps à analyser les forces induites sur chacun de ses axes. Il cherche systématiquement à compenser un mauvais équilibrage, ou toute force extérieure : vent, chocs et secousses, qui amplifient les microdéséquilibres, accélérations… Si le micrologiciel compense trop et trop souvent, vous l’obligez à consommer plus d’énergie, et vous usez les moteurs prématurément. D’où l’intérêt de viser un équilibrage aux petits oignons.

Changer d’objectif en cours de tournage, zoomer, ajouter un filtre, enlever la caméra pour passer au trépied puis la remettre sur le gimbal, sont autant d’actions qui vont ruiner votre équilibrage. Sauf le Moza Air 2 qui dispose d’une semelle rapide et compatible Manfrotto que l’on peut enlever et remettre sans refaire l’équilibrage.

Un peu de pratique

Que les choses soient dites, pour un plan rapide de quelques secondes, on peut tirer sur les moteurs et obliger le logiciel du gimbal à travailler davantage. Les stabilisateurs haut de gamme ont toute la puissance nécessaire pour cela. Il faut juste éviter que cela dure pour des raisons déjà évoquées précédemment.

Avec le stabilisateur, pour gagner du temps entre les plans, on équipe souvent la caméra d’un objectif transstandard couvrant à la fois une petite focale (pour les plans larges) et une focale plus longue (de quoi rentrer dans le cadre, ou avoir des plans détachés de l’arrière-plan). Le souci, c’est qu’en changeant de focale, on déplace les lentilles et on allonge l’objectif… du coup, le centre de gravité se déplace vers l’avant et il faut refaire l’équilibrage du stabilisateur vidéo. Cela pourrait vite devenir fastidieux et chronophage. Dans la pratique, si votre stabilisateur vidéo est récent et avec des moteurs assez puissants, l’astuce consiste à estimer sa focale moyenne sur la séance de shooting et de la pondérer avec la focale la plus utilisée… Pas besoin d’une calculatrice, le bon sens suffit.

Par exemple, vous avez un 24-70 mm et vous pensez que vous n’utiliserez que les focales 24 mm et 50 mm. Procédez à l’équilibrage en réglant votre objectif « au milieu de ces deux focales ».

Si vous pensez que vous serez plus souvent à 24 mm qu’à 50 mm, l’équilibrage se fera en se déplaçant un peu plus vers la position 24 mm. Et si vous ne travaillez qu’au 24 mm en vous laissant une chance de pouvoir faire un plan ou deux au 50 mm, alors je vous conseille d’équilibrer votre stabilisateur en vous mettant au 24 mm.

Bien évidemment, cette marge de confort n’est possible qu’avec un stabilisateur suffisamment puissant.

Le firmware (micrologiciel) : pénétrons la face obscure pour mieux paramétrer un stabilisateur

Ce que l’on nomme communément firmware est le logiciel qui régit l’appareil et toute électronique. L’interface peut-être accessible soit directement sur le stabilisateur, s’il dispose d’un écran de contrôle, soit depuis une app dédiée.

À propos d’autotune…

Le menu autotune du Ronin S
Le menu Autotune sur le Ronin S

La plupart des stabilisateurs vidéo du marché proposent une fonction « autotune » qui permet de fixer des paramètres de puissance du moteur à la place de l’utilisateur, tenant compte de la masse totale embarquée. J’ai un avis assez tranché sur cette fonction qui est surtout faite pour ceux qui ne maîtrisent pas les paramètres de puissance du moteur à régler.

En effet, l’autotune se fait avec le stabilisateur vidéo posé sur une table, et ne peut en aucun cas présager des conditions que vous aurez lors du tournage. Savoir paramétrer un stabilisateur vidéo est l’assurance de savoir ce que l’on fait… et ce que l’on obtiendra comme résultat.

Maîtrisez vos paramètres, vous êtes plus fort qu’un logiciel

De manière générale, et pour simplifier, on essaye de trouver la puissance des moteurs la plus petite, mais nécessaire. Trop de puissance peut entraîner des micro-vibrations (tremblements façon rasoir électrique) et trop de réactivité. Pas assez de puissance peut empêcher le gimbal de réagir à temps et générer aussi des vibrations au rattrapage des déséquilibres.

Vous pouvez débuter par l’autotune, mais essayez d’interpréter les valeurs pour les comprendre et les adapter à vos besoins.
Si vous tournez en studio, tranquillement, sans courir, sans aucune énergie extérieure imprimée, alors vous pourrez baisser la puissance demandée aux moteurs. À l’inverse, si vous devez shooter un skater en courant et en faisant des sauts, les petits déséquilibres et impacts pourraient générer des micro-vibrations, si vous n’augmentez pas la puissance et la réactivité des moteurs.

Si vous tournez en studio, tranquillement, sans courir, sans aucune énergie extérieure imprimée, alors vous pourrez baisser la puissance demandée aux moteurs. À l’inverse, si vous devez shooter un skater en courant et en faisant des sauts, les petits déséquilibres et impacts pourraient générer des micro-vibrations, si vous n’augmentez pas la puissance et la réactivité des moteurs.

En maîtrisant ces paramètres, et par habitude, l’autotune vous semblera complètement inutile, voire désuet, car vous savez mieux qu’un logiciel ce qui vous convient.

Paramétrer un stabilisateur : les données de base

Parmi les paramètres communs à tous les stabilisateurs, vous trouverez les suivants (avec des noms différents selon les marques, que je mets entre parenthèses) :

  • Puissance (stiffness, force, motor output)
  • Vitesse (speed, follow rate…)
  • Angle mort (dead angle, dead zone )
  • Accélération (acceleration, smooth degrees)

Tous ces paramètres se fixent pour chaque axe (ROLL, TILT, PAN) ce qui peut perturber les débutants. Un conseil : essayez d’isoler et analyser les mouvements sur chaque axe séparément. Certains fabricants simplifient les valeurs par des mots plus subjectifs (HIGH, MEDIUM, LOW…), mais le principe est le même.

La puissance des moteurs

Plus vous mettrez de la puissance aux moteurs, plus le stabilisateur saura réagir face à l’inertie de votre caméra embarquée, lors de mouvements ou facteurs extérieurs.

Mais comment préjuger de la puissance nécessaire ? Mon astuce consiste à démarrer le gimbal, et à tapoter le dessus de l’objectif (avec légèreté !) pour voir si le gimbal n’est pas trop « mou » et s’il saura réagir aux contraintes externes que je prévois (vents, vibrations…). J’essaye de trouver la valeur la plus basse suffisante, sachant qu’en général trop de puissance peut générer des micro-vibrations (vrombissement naturel ou un gimbal trop tendu).

les paramètres de puissance des moteurs sur le Moza Air 2
Les paramètres de puissance des moteurs sur le Moza Air 2
Réglage de la puissance des moteurs sur un Ronin S
Réglage de la puissance des moteurs sur un Ronin S
La puissance des moteurs sur le Crane 3 Lab
La puissance des moteurs sur le Crane 3 Lab

La vitesse

C’est la vitesse maximale avec laquelle le stabilisateur suivra votre mouvement. Plus cette vitesse est élevée, et plus le gimbal est réactif en procurant des images également plus « nerveuses ». Il est préférable de commencer avec des valeurs faibles pour obtenir des images plus douces et plus cinématiques, puis d’adapter cette vitesse à ses besoins : changer de sujet rapidement, suivre rapidement un sujet en mouvement…

Reglage de la vitesse de suivi sur Ronin S (smoothtrack)
Reglage du SmoothTrack sur le Ronin S
Reglage de la vitesse de suivi sur le Moza Air 2
Sur le Moza Air 2, c'est le "Follow speed"
Reglage de la vitesse de suivi sur le Crane 3 Lab
Le suivi sur le Crane 3 en degrés par seconde

L’angle mort

Lorsque vous panotez (mouvement panoramique) ou suivez un sujet avec votre gimbal, l’angle mort détermine à partir de quel moment le stabilisateur suit votre mouvement. Prenons par exemple l’axe de rotation PAN : celui-ci ne pourra être induit que par la rotation de votre poignet sur la poignée. L’angle mort détermine précisément (en degrés) à partir de quelle amplitude de mouvement de poignet il réagira et vous suivra.

Plus cette valeur est faible, plus le stabilisateur réagit au moindre mouvement de votre part. Attention à ne pas être attiré par trop de réactivité, car on n’a pas toujours envie qu’il réagisse même aux faux mouvements. Cet angle mort est une valeur très importante sur le feeling que l’on peut ressentir avec son stabilisateur, et il dépend réellement des attentes et défauts de chacun d’entre nous.

Ronin S : la zone morte
Ronin S : la zone morte
Blind angle sur le Moza Air 2
Blind angle sur le Moza Air 2
Zone morte sur le Crane 3
Zone morte sur le Crane 3

L’accélération

Quand on veut que le stabilisateur fasse un mouvement, il va le faire avec la vitesse qu’on lui a indiquée. L’accélération représente précisément comment il atteint cette vitesse et comment il termine son mouvement quand on s’arrête. Une valeur faible occasionne un mouvement plus doux, et à l’inverse une valeur élevée donne des mouvements plus secs.

La maîtrise s’acquiert par la pratique… et des essais !

Paramétrer un stabilisateur vidéo peut s’écrire sur le papier ou se montrer sur une vidéo. Mais chaque stabilisateur réagit différemment, et surtout nous sommes tous des individus différents, avec nos contraintes et nos défauts. On peut être plus ou moins nerveux dans ses mouvements, les contrôler de manière différente, ou être moins habile sur certaines actions.

Un paramétrage fin garantira votre satisfaction sur le résultat final, car c’est réellement le moyen d’avoir un stabilisateur qui vous ressemble. Ce n’est pas à vous de suivre le gimbal. Pour cela, et à partir des connaissances de base, je vous conseille d’essayer différents paramètres, en focalisant sur un ou deux paramètres à la fois, pour ne pas vous perdre dans les méandres des valeurs.

Essais et pratique sont les maîtres mots du paramétrage de votre stabilisateur !

Auteur

Filmmaker indépendant, réalisateur et chef opérateur, je travaille sur des réalisations très variées : spots publicitaires, fictions, plateaux TV, films institutionnels... J'égraine les salons, toujours au fait des nouveaux outils et tendances, et j'aime partager mes connaissances sur les réseaux sociaux, dont Le Repaire des Filmmakers.

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