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Que ce soit pour des rendus cinématographiques ou pour des effets précis, faire des ralentis apporte toujours un plus dans les films. Si auparavant cela était assez compliqué, aujourd’hui avec le numérique, les effets de ralentis sont accessibles à tous via les différentes caméras, mais aussi avec nos smartphones. De plus, côté logiciel, il existe des techniques pour avoir des ralentis de très haute qualité, même si le plan n’était pas prévu pour cela à la base.

C’est ce que nous allons voir dans cet article !

1- Pourquoi utiliser des effets de ralentis ?

Il existe plusieurs raisons d’utiliser des effets de ralentis.

La première peut être uniquement esthétique afin de rendre un plan plus solennel comme pour une action héroïque, un moment unique ou émotionnel. Les ralentis peuvent aussi être utilisés pour des raisons scénaristiques afin de mieux comprendre une action rapide et complexe.

Même si cela semble contradictoire, un ralenti peut mettre en évidence la vitesse d’une action ou d’un personnage. C’est le cas depuis des années avec les super héros comme “L’homme qui valait 3 milliards” ou plus récemment dans les films “X-Men” (voir fin de l’article).

On peut aussi utiliser des ralentis pour des films scientifiques afin de mieux comprendre des expérimentations, comme les collisions.

Et puis les ralentis peuvent aussi servir pour des raisons techniques, afin de stabiliser un plan de drone, par exemple, et limiter la fréquence de vibration.

2 – Fréquence d’images et ralentis

Avec l’arrivée du numérique, toutes nos caméras, DSLR et Smartphones sont contrôlés par des logiciels. Ceux-ci nous permettent plus ou moins facilement de déverrouiller les réglages. Ainsi, on pourra changer “la fréquence d’image” c’est-à-dire le nombre d’images par seconde enregistrées lors du tournage. On pourra donc passer de 25 à 50 images par seconde, par exemple. Ce doublement d’image est très important, car il va permettre de diviser par 2 la vitesse du plan dans le logiciel de montage.

En effet, lorsque l’on crée un projet dans un logiciel de montage, le logiciel nous demande toujours à quelle fréquence d’image nous désirons régler le projet.
Si on choisit de mettre la même fréquence d’image qu’au tournage, donc ici 50i/s, la vitesse sera identique dans notre logiciel de montage. Si par contre, on choisit 25 images par seconde, alors que nos plans sont enregistrés à 50 images par seconde, nous aurons donc deux fois plus d’images et le plan durera deux fois plus longtemps, soit 2 secondes. Le plan sera donc ralenti.

L’équation est assez simple pour connaître la vitesse d’un plan :

Vitesse du plan = (Fréquence d’image du projet) / (Fréquence d’image d’enregistrement)

Dans notre exemple : Vitesse = 25/50 = 0,5 (ralenti par 2)

  • Vitesse = 1 = Vitesse normale
  • Vitesse > 1 = Accélérée
  • Vitesse < 1 = Ralenti

Aujourd’hui, il est possible de monter beaucoup plus haut dans les fréquences d’images. On peut aller à 60 i/S, 100i/s ou même 120 i/s. Cela permet d’obtenir des ralentis impressionnants.

Toutefois, cette montée en fréquence n’est possible qu’au détriment de la définition de votre image. Ainsi, une caméra 4K pourra enregistrer en 4K jusqu’à 60 images/seconde, mais au-delà de cette fréquence, la définition retombera à de la HD. C’est le cas pour la plupart des appareils de type DSLR ou Smartphones. Pour les caméras plus professionnelles comme RED ou SONY, on pourra monter plus haut dans les fréquences.

Tableau Sony FS5.
Tableau des fréquences d’image et définitions de la caméra Sony FS5.

La problématique ne vient pas du capteur en lui-même, mais du support de stockage et de la vitesse d’enregistrement. Car, plus on augmente la fréquence d’images et plus la vitesse d’écriture des images doit augmenter. En fonction des supports comme les cartes SD, par exemple, on atteint assez rapidement la limite de la vitesse d’écriture sur ce support, d’où la baisse de la résolution.

3 – Les Super Ralentis

Pour franchir cette limitation liée à la vitesse d’écriture et permettre ainsi d’avoir des super ralentis, des constructeurs, comme la société Phantom, développent des caméras permettant des enregistrements à pratiquement 1000 images par seconde en 4K ou bien 6600 images en 2K.

Pour réussir cet exploit, les images sont enregistrées dans un premier temps en mémoire vive, le seul moyen pour avoir un débit d’écriture suffisant. Puis une fois le plan terminé, les images sont copiées sur un stockage plus traditionnel. Cela permet une incroyable décomposition des actions. Ces caméras sont donc beaucoup utilisées pour les recherches scientifiques.

Le problème lié à cette technique est la durée des plans, ceux-ci sont limités par la mémoire vive. On n’aura que quelques secondes pour enregistrer l’action.

4 – Conseils lors du tournage des ralentis

Afin d’avoir de très beaux ralentis, il ne suffit pas de changer la fréquence d’enregistrement des images. Il y a deux points importants à régler :

La Vitesse d’obturation

Diminuez la vitesse d’obturation de votre caméra afin d’obtenir des mouvements plus fluides et plus nets. Au minimum, doublez la valeur de la fréquence d’enregistrement. Par exemple, si vous enregistrez à 50 images par seconde alors, votre vitesse d’obturation sera au maximum de 1/100. Plus vous allez diminuer la vitesse d’obturation, moins vous aurez des effets de flou de mouvement et plus votre objet sera net.

Vitesse obturation.
Tableau de la netteté en fonction de la vitesse d’obturation.
Photo : Alhovik / Shutterstock.

Surexposition

Pour compenser la vitesse d’obturation et donc le manque de lumière qui entre dans le capteur, il ne faut pas hésiter à ajouter de la lumière et surexposer vos éléments afin de garder une bonne dynamique de luminance. Vous pouvez aussi jouer sur les ISO, mais cela peut très vite faire apparaître du grain sur vos images.

5 – Gérer et Créer les ralentis en Post-Production

Comme nous l’avons vu, le ralenti se dévoile lors de l’importation des plans dans le logiciel de montage et en fonction de la fréquence d’image sélectionnée du projet.

L’effet Timewarp

On peut donc avoir un ralenti constant ou bien, on peut aussi décider en fonction des logiciels de montage, d’animer le ralenti pour passer d’une vitesse accélérée à une vitesse inférieure.

Timewarp dans Final Cut Pro X.
Gestion de l’effet Timewarp dans Final Cut Pro X.

Cet effet appelé “Timewarp” permet de jouer avec la vitesse d’un plan afin de donner plus de dynamique à un mouvement de caméra comme un traveling, par exemple. N’hésitez pas à accompagner cette animation avec des effets sonores comme des “woosh” qui permettent d’intensifier l’accélération ou le ralenti.

Créer des ralentis en Post-Production

Comme nous l’avons vu, la création de ralentis se prépare dès le tournage, si tout a bien été préparé. Mais dans certains cas, on peut vous demander de réaliser des ralentis sur des plans qui n’ont pas été prévus pour cela. À savoir, des plans qui ont une fréquence d’image de 24, 25 ou 30 images par seconde.

Pratiquement tous les logiciels de montage et de compositing proposent des moyens pour ralentir vos plans. Il y a même de nombreux plugins qui permettent de gérer les ralentis. Pour ce faire, le logiciel va devoir créer des images intermédiaires afin d’augmenter le nombre d’images.

Interpolations pour les ralentis dans DaVinci Resolve 16.
Choix entre les différentes interpolations pour les ralentis dans DaVinci Resolve 16.

Quel que soit le logiciel, ils proposent pratiquement tous 3 types d’interpolations :

  • Interpolation Standard ou Plus Près.
    La première interpolation souvent appelée “Normal/Standard/Nearest” va avoir pour effet de dupliquer les images afin de créer des images intermédiaires supplémentaires. Cela va donc avoir pour effet de ralentir l’action, mais aussi de la rendre plus saccadée. Le résultat ne sera donc pas des plus réussis.
  • Interpolation Fusion.
    Cette seconde interpolation va permettre de limiter les effets de saccades de la première interpolation en créant des images intermédiaires. Ces images intermédiaires seront la fusion de deux images. Chacune sera à 50% d’opacité. Si l’effet de ralenti est bien présent avec moins d’effet de saccade que précédemment, il y a tout de même une perte de netteté au niveau des objets en mouvement.
  • Interpolation Flux Optique.
    Cette troisième interpolation est la plus récente. Elle est basée sur un algorithme qui analyse le mouvement des pixels du plan. Ainsi, après analyse, des vecteurs de mouvement sont attribués à chacun des pixels. Cela permet de connaître la direction et la vitesse d’un pixel, et ainsi d’estimer sa position entre deux images.

Grâce à cette technique, le logiciel est capable de créer de véritables images intermédiaires. Les résultats peuvent être assez incroyables en fonction des plans. De plus, il est possible d’atteindre des ralentis très élevés. Cela fonctionne très bien lorsque tous les objets bougent dans le même sens sur un mouvement de panoramique, par exemple.

Par contre, si des objets se croisent, des effets de déformation peuvent se produire. Ce problème est lié au fait que l’algorithme connaît la position des pixels uniquement en 2 dimensions et pas en 3 dimensions. Il ne sait pas quels pixels se trouvent devant ou derrière les autres, d’où cet effet de déformation. Autre problème, le temps d’analyse peut être très long et le poids du fichier d’analyse peut prendre beaucoup d’espace sur votre stockage (plusieurs dizaines de Go).

Pour résumer

Réaliser de beaux ralentis est maintenant à la portée de tous que vous utilisiez un iPhone ou une caméra de cinéma. Mais tout ralenti doit être préparé en amont du tournage avec un bon éclairage et de bons réglages. Si en post-production des solutions existent pour créer des ralentis, la qualité ne sera pas du même niveau.

Toutefois, aujourd’hui les ralentis au cinéma ne sont plus uniquement des ralentis vidéo. Dans les grandes productions, il existe un mix entre des éléments réels tournés et des éléments 3D qui vont pouvoir accentuer l’effet de ralenti avec la gravité comme les effets de particules (eau, feu).

Auteur

Photographe, auteur et formateur. Il est un grand spécialiste de l'industrie de l'image. La photo et la vidéo n'ont pas de secret pour lui.

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