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Voilà maintenant quelques années que les outils et techniques permettant la réalisation d’un time-lapse ne cessent de se développer. Naturellement, bien qu’il soit difficile d’égaler les prouesses des photographes et vidéastes – professionnels ou amateurs – spécialisés dans ce domaine, la création d’une telle animation vidéo est donc maintenant à la portée d’un large public. Nous vous présentons ici le matériel nécessaire, les réglages à adopter et les logiciels à privilégier pour créer facilement un time-lapse.

#1 Qu’est ce qu’un time-lapse ?

De la photo à la vidéo

À mi-chemin entre photo et vidéo, le time-lapse est un effet successivement réalisé à la prise de vue, puis en postproduction. La création d’un time-lapse consiste tout d’abord à capturer une longue série de photographies avec un point de vue fixe et à intervalle régulier, mais à une cadence de prises de vues nettement inférieure à celle habituellement utilisée en captation vidéo. La série de photographies doit ensuite être montée de façon à être diffusée à cadence d’images plus classique, telle que 24 ou 25 images par seconde. Il en résulte une vidéo marquée par un effet d’accéléré, mais qui paraît néanmoins fluide au spectateur.

Si l’on prend l’exemple d’une série de 100 photographies capturées à une cadence de 1 image par seconde puis diffusée à une cadence de 25 images par seconde, il en résulte une vidéo d’une durée de 4 secondes, alors que la durée réelle de la captation est de 100 secondes. L’action captée est ainsi diffusée à une vitesse 25 fois plus importante que la vitesse à laquelle elle s’est réellement déroulée. Le time-lapse repose donc sur un décalage entre la cadence de prises de vues et la cadence de diffusion.

Les scènes qui se prêtent le mieux à ce procédé

L’un des principaux intérêts du time-lapse réside dans sa capacité à révéler des actions et des mouvements difficilement observables à vitesse réelle. C’est le cas de mouvements extrêmement lents – dont l’évolution paraît alors subitement perceptible au spectateur – mais également d’actions rapides – dont l’effervescence est exagérée au point d’être magnifiée. Voici quelques exemples de scènes qui se prêtent au time-lapse :

  • le passage des nuages dans le ciel ;
  • le lever et le coucher du soleil et de la lune ;
  • l’éclosion d’une fleur et la pousse d’une plante ;
  • l’évolution d’un chantier de construction ;
  • les déplacements des piétons en milieu urbain ;
  • les déplacements de véhicules motorisés (notamment en environnement nocturne).

#2 Le matériel de prise de vue nécessaire

Comme nous l’évoquions en introduction, la pratique du time-lapse a beaucoup évolué au cours des dernières années. Il est désormais possible de créer une telle animation vidéo en étant armé d’un simple smartphone et de son mode de prise de vue dédié. Pour obtenir de meilleurs résultats, la méthode qui nous intéresse ici fait cependant appel à quelques réglages manuels. Elle nécessite par conséquent une configuration matérielle précise – mais relativement restreinte.

  • Un appareil photo capable de fonctionner en mode manuel. Un élément indispensable à la réalisation d’un time-lapse de qualité. Peu importe le type de boîtier choisi (compact expert, hybride, reflex, etc.), la taille de son capteur ou sa capacité à être équipé de différents objectifs, cet appareil doit être en mesure de proposer le paramétrage de l’ouverture de diaphragme, du temps de pose, de la sensibilité ISO, de la balance des blancs et de la mise au point.
  • La création d’un time-lapse demande bien souvent la capture d’un grand nombre de photographies, la capacité de stockage de la carte mémoire qui accompagne l’appareil ne doit pas être sous-estimée. Nous vous invitons donc à vous équiper d’une carte d’au moins 32 Go ou de plusieurs cartes mémoires de plus petite capacité.
  • Si vous comptez réaliser de longs time-lapses, l’acquisition d’une seconde batterie peut se révéler intéressante. Gardez d’ailleurs à l’esprit que l’autonomie des batteries se révèle plus réduite par temps froid.
  • S’il est possible de poser l’appareil photo sur un support quelconque, un trépied octroie une plus grande stabilité ainsi que des possibilités de cadrage bien plus poussées. Pour choisir un trépied adapté au poids de votre boîtier ainsi qu’à votre pratique photographique, nous vous invitons à consulter notre guide d’achat dédié.
  • Dédié à la pratique du time-lapse, l’intervallomètre se révèle être un autre outil indispensable. Celui-ci permet de définir l’intervalle de temps entre chaque photo, le nombre d’images à capturer, et d’automatiser le déclenchement de l’appareil sans avoir à y toucher. Si certains boîtiers sont équipés d’un intervallomètre intégré, il est parfois nécessaire de faire l’acquisition d’un accessoire externe. Ce dernier se présente alors sous la forme d’une télécommande qui doit être connectée à l’appareil photo.
Créer facilement un time-lapse : télécommande Godox.
L’intervallomètre Godox UTR est disponible en diverses versions compatibles avec les appareils photo Canon, Nikon et Sony.

#3 Les réglages à adopter

Les paramètres de prise de vue

Après avoir choisi la scène à photographier, installé l’appareil photo sur son trépied, vérifié le bon fonctionnement des accessoires qui l’accompagnent (carte mémoire, batterie, intervallomètre, etc.) et réalisé le cadrage qui vous semble le plus approprié, il est maintenant temps de s’attarder sur les paramètres de prise de vue.

  • Sélectionnez le mode manuel (M) de votre appareil photo. Sauf cas exceptionnels (time-lapse présentant une transition de jour à la nuit ou inversement), la réussite d’un time-lapse est liée au fait que les paramètres du boîtier restent les mêmes tout au long des prises de vues. Le choix du mode manuel permet en effet d’éviter les changements d’exposition en fonction des aléas de la météo.
  • Choisissez le format RAW de votre boîtier si vous souhaitez retoucher vos photos (exposition, contraste, colorimétrie, etc.) au cours de la phase de postproduction. Si vous craignez que la capacité de stockage de votre carte mémoire limite la durée du time-lapse, il peut être préférable de choisir le format JPEG.
  • Effectuez une mise au point manuelle sur le sujet principal de votre time-lapse, ou effectuez une mise au point automatique sur ce même sujet, puis désactivez l’autofocus. Ce dernier ne doit pas fonctionner durant la capture des prises de vues du time-lapse, de manière à ce que la mise au point reste la même.
  • Procédez à un paramétrage manuel de la balance des blancs. Tout comme l’exposition et la mise au point, celle-ci doit rester rigoureusement la même durant le temps de capture de toutes les prises de vues.
  • Sélectionnez une faible sensibilité ISO afin de limiter l’apparition de bruit numérique. Si les conditions lumineuses sont clémentes, une sensibilité de 100 ISO est à privilégier. Il est cependant possible d’adapter la sensibilité en fonction de la luminosité.
  • Adoptez une ouverture de diaphragme en fonction de la luminosité ambiante ainsi que de la profondeur de champ que vous désirez. Pour faire simple, préférez une petite ouverture de diaphragme si vous réalisez un plan large d’un paysage (rural ou urbain) et privilégiez une grande ouverture de diaphragme si vous souhaitez attirer l’attention sur le sujet de votre photo tout en baignant les autres éléments dans le flou. Tout comme la sensibilité ISO, l’ouverture de diaphragme peut elle aussi être modulée en fonction de la luminosité.
  • Choisissez enfin un temps de pose en fonction des conditions lumineuses, tout en considérant les effets que celui-ci aura sur l’esthétique des photographies capturées. Si un court temps de pose permet de figer les éléments en mouvement, le choix d’un long temps de pose a pour conséquence de flouter ceux-ci – des véhicules motorisés dans un environnement nocturne peuvent ainsi donner naissance à des traînées lumineuses.
Créer facilement un time-lapse : photo de Dmitry Rukhlenko.
Photo : Dmitry Rukhlenko/Shutterstock.

L’intervalle

Une fois les paramètres de prise de vue sélectionnés, nous vous conseillons d’évaluer le nombre de photos à prendre en fonction de la durée et de la cadence de la vidéo finale. Si l’on souhaite créer une vidéo de 2 minutes (120 secondes) à 25 i/s, on peut réaliser le calcul suivant :

120 secondes x 25 i/s = 3 000 photos

Il convient ensuite de déterminer l’intervalle entre chaque prise de vue. Celui-ci doit non seulement être supérieur au temps de pose préalablement sélectionné, mais aussi choisi en fonction du type de sujet photographié. Plus les éléments de la scène se déplacent rapidement, plus l’intervalle doit être court, de manière à donner lieu à une vidéo fluide.

  • 1 à 2 secondes : véhicules motorisés, foule en mouvement ou nuages par vent fort ;
  • 2 à 5 secondes : lever ou coucher du soleil ;
  • 5 à 10 secondes : nuages par temps calme ;
  • 10 à 30 secondes : soleil proche de son point de culmination ou lune par temps clair ;
  • 20 à 60 secondes : ciel étoilé ;
  • 1 à 2 minutes : plante à croissance rapide ;
  • 5 à 15 minutes : chantier de construction.

Une fois l’intervalle déterminé, il est possible de calculer le temps de prise de vue nécessaire. Si l’on désire réaliser un time-lapse de coucher de soleil comportant 3 000 photos (vidéo finale de 2 minutes à 25 i/s) avec un intervalle de 4 secondes, le calcul à effectuer est le suivant :

4 secondes x 3 000 photos = 12 000 secondes soit 3 heures et 20 minutes

À l’inverse, il est aussi possible de déterminer un intervalle en fonction d’un temps de prise de vue. Si l’on désire réaliser un time-lapse comportant 3 000 photos (vidéo finale de 2 minutes à 25 i/s), et que l’on dispose d’un laps de temps de seulement 2 heures (soit 120 minutes ou 7 200 secondes), il faut alors réaliser le calcul suivant :

7 200 secondes / 3 000 photos = 2,4 secondes d’intervalle

#4 Les logiciels à privilégier

Une fois la séance de prise de vue terminée, les centaines – voire les milliers – de photographies résultantes peuvent être retouchées, puis assemblées de manière à créer une vidéo. Si vous avez réalisé vos prises de vues au format JPEG et que la première étape vous importe peu, sachez que n’importe quel logiciel de montage est apte à importer de tels fichiers pour donner naissance à une séquence vidéo. Les monteurs confirmés peuvent ainsi se tourner vers Premiere Pro (Windows et macOS) ou Final Cut Pro X (macOS), tandis que les photographes moins à l’aise avec le montage peuvent s’orienter vers des solutions gratuites telles que OpenShot (Windows, macOS et Linux) ou iMovie (macOS).

Créer facilement un time-lapse : Openshot.
Openshot.

Signalons également l’existence de logiciels entièrement dédiés à la création de time-lapses. Un programme gratuit tel que Time Lapse Assembler (macOS) présente ainsi une interface extrêmement simple et se contente d’assembler les images pour créer un fichier vidéo. S’il constitue un logiciel payant, Time-Lapse Tool (Windows) propose pour sa part quelques outils supplémentaires. Il autorise en effet l’application de filtres et d’effets simulant des mouvements de caméra.

Créer facilement un time-lapse : Time-Lapse Tool.
Time-Lapse Tool.

Une autre démarche intéressante repose sur l’utilisation du logiciel de développement RAW Lightroom (Windows et macOS). Après le téléchargement et l’installation d’un preset gratuit, celui-ci permet en effet le montage d’un time-lapse via son module Diaporama. Cette solution a pour avantage de demander l’utilisation d’un unique logiciel pour la retouche des images en traitement par lots et le montage. Signalons enfin que les photographes qui souhaitent se spécialiser dans la création de time-lapses peuvent faire l’acquisition de LRTimelapse, un plugin pour Lightroom qui fait référence grâce à ses nombreux outils.

Créer facilement un time-lapse : LRTimelapse.
LRTimelapse.

Pour résumer

Si elle ne se montre pas complexe outre mesure, la création d’un time-lapse en mode manuel demande de se plier à une méthodologie relativement précise. En plus de donner lieu à des résultats bien souvent impressionnants, la pratique du time-lapse constitue un très bon exercice pour mieux appréhender les concepts et techniques de base de la photographie. Les photographes en herbe qui souhaitent apprendre et évoluer en douceur peuvent quant à eux se renseigner sur les modes Time-lapse automatiques qui équipent bon nombre d’appareils photo – c’est notamment le cas du Canon EOS R, sur lequel nous avons récemment publié un tutoriel.

Auteur

Photographe, auteur et formateur. Il est un grand spécialiste de l'industrie de l'image. La photo et la vidéo n'ont pas de secret pour lui.

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