Generic selectors
Exact matches only
Search in title
Search in content
Search in posts
Search in pages

Disque dur seul ou en RAID, SSD, NAS : choisir un support de stockage peut tourner au casse-tête. Entre coût, capacité, encombrement, robustesse, interface et possibilités, trouver le bon compromis dépend de la tâche à accomplir. Voici nos conseils et nos modèles favoris dans chaque domaine.

Disque dur ou SSD ?

Commençons par cette distinction. Dans le langage courant, nous appelons souvent « disque dur externe » des volumes SSD. Ce ne sont pas des disques durs, mais des puces de mémoire flash, comme une clé USB ou une carte mémoire. Les SSD offrent deux avantages majeurs. D’abord, leurs débits sont généralement plus élevés. Pour des fichiers courants tels que des photos, ils avalent plus de 200 Mo de données à la seconde. Sur des RAW de 36 MP, sauvegarder un dossier de 500 photos prend moins de 2 minutes. Ensuite, ils ne contiennent aucun élément mobile, ce qui leur permet de mieux résister aux chocs : ils sont donc idéaux en voyage.

Les disques durs n’ont qu’un avantage, mais il est important : à prix égal, ils offrent une capacité nettement supérieure. En juillet 2019, un SSD de 1 To (téra-octet, 1024 Go) coûte environ 170 € ; pour le même prix, vous aurez un disque dur 4 à 6 To ! Le débit des disques durs est plus faible (autour de 60 Mo/s pour des photos) et ils sont généralement plus sensibles aux chocs, bien que certains fabricants comme LaCie proposent des modèles renforcés pour les baroudeurs. Ils sont donc plutôt destinés à l’archivage de grandes quantités de fichiers à domicile.

Quelles interfaces choisir ?

C’est une question importante : comment allez-vous connecter votre disque dur à vos autres appareils ? L’interface détermine les utilisations possibles et le débit des données, donc le temps qu’il vous faudra pour copier vos fichiers.

Thunderbolt 3 ou USB-C

Commençons par la connexion directe. Ici, un seul appareil à la fois (ordinateur, tablette, appareil photo…) accède au volume de stockage. Deux interfaces dominent : le Thunderbolt 3 et l’USB type C. Le Thunderbolt 3 est le moyen le plus rapide d’échanger des fichiers avec un support de stockage : il peut transférer jusqu’à 5 Go/s. Cela reste théorique, la plupart des disques (même SSD) étant incapables d’écrire des données aussi rapidement. L’USB-C offre des débits variables selon la version d’USB : 500 Mo/s pour l’USB 3.0 (gen 1), 1 Go/s pour l’USB 3.1 (gen 2), 2 Go pour l’USB 3.2 (gen 2×2). C’est aujourd’hui la connexion la plus standard, et elle correspond bien aux débits des SSD modernes.

Prises USB-C/Thunderbolt 3 et USB-A.

Notez que Thunderbolt 3 et USB-C utilisent la même prise. Les disques Thunderbolt sont donc compatibles avec un ordinateur USB, aux débits permis par celui-ci bien entendu. Enfin, il existe aussi des câbles USB-C vers USB-A (le gros port habituel des ordinateurs) ; un tel adaptateur est d’ailleurs souvent fourni avec les disques durs externes. Un support en USB-C peut donc fonctionner avec un ordinateur équipé d’un port USB traditionnel ; là encore, c’est lui qui limitera les débits (autour de 60 Mo/s en USB 2).

Vous pourrez trouver des disques externes utilisant des ports Micro-USB, eSata ou FireWire. Sauf cas particulier, évitez-les. Ils seront bientôt obsolètes et, même s’ils sont compatibles avec votre ordinateur actuel, vous pourriez avoir besoin d’un adaptateur dans quelques années. La prise USB-C/Thunderbolt 3, elle, est là pour durer.

Réseau local

Si plusieurs périphériques doivent accéder à votre stockage simultanément, l’utilisation d’un réseau local s’impose.

Le réseau câblé Ethernet offre une connexion fiable. En théorie, son débit peut dépasser 1 Go/s ; mais en pratique, rares sont les routeurs grand public gérant ce débit. La plupart des « box » des fournisseurs d’accès à Internet se contentent de l’Ethernet Gigabit (125 Mo/s), voire du 100 mégabits (soit 12,5 Mo/s). Si vous avez besoin de transférer des fichiers rapidement, vous aurez donc un réel intérêt à passer par un port USB !

Prises Ethernet (RJ45).

Le taux de transfert du Wi-Fi varie lui aussi selon le type de réseau (à 800 Mo/s en théorie, le Wi-Fi « ac » est dix fois plus rapide que le précédent Wi-Fi « n »), mais aussi selon l’installation : la distance, les obstacles, les perturbations, le trafic Wi-Fi environnant peuvent diminuer drastiquement le débit. En revanche, le Wi-Fi est pratique, en particulier avec les smartphones et tablettes. Si vous voulez que ceux-ci puissent accéder à votre espace de stockage, disposer d’un réseau Wi-Fi est donc utile.

La plupart des box gérant aussi bien les connexions Ethernet que Wi-Fi, la solution la plus efficace est de brancher le disque dur en Ethernet afin de profiter d’une liaison fiable. Les appareils reliés à la box en Wi-Fi pourront y accéder grâce au routeur réseau qu’elle intègre.

Archiver vos fichiers

Rentrons dans le vif du sujet avec ce premier cas : vous voulez juste stocker vos archives à domicile. Dans ce contexte, la rapidité d’exécution n’est pas essentielle, mais vous avez besoin d’une capacité maximale. Le disque dur s’impose donc.

Le LaCie D2 est une bonne solution. Il propose un bon rapport capacité/prix (compter environ 210 € pour 4 To) et sa connexion USB-C (adaptateur USB-A fourni) offre des débits suffisants. Le logiciel fourni gère les sauvegardes automatiques de vos données. Le boîtier inclut un disque dur professionnel pour une fiabilité maximale et, en cas de panne, LaCie offre pendant 5 ans un service de récupération des données. Le Western Digital Elements Desktop dispose de fonctions similaires pour un tarif plus abordable, mais il est connecté en Micro-USB 3 : si vous avez un ordinateur, une tablette ou un smartphone équipé uniquement d’USB-C, vous aurez besoin d’un adaptateur.

Le LaCie D2 en version USB-C.

Si, malgré tout, vous êtes inquiet à l’idée d’une panne, tournez-vous vers un système RAID. Il s’agit d’un volume de stockage associant plusieurs disques durs, de manière à assurer une redondance des données. Ainsi, si un disque ne fonctionne plus, vous retrouvez vos fichiers sur l’autre. Notez que pour dupliquer le contenu, il faut activer le mode RAID 1. Celui-ci divise par deux l’espace annoncé : c’est le prix d’une sécurité absolue de vos archives.

Le 2big Dock permet de connecter stockage, écran, carte mémoire et périphériques en branchant un unique câble Thunderbolt 3 à l’ordinateur. © LaCie

La gamme LaCie 2big est tout indiquée. Si vous souhaitez juste stocker vos fichiers, le LaCie 2big Raid est plus abordable. Le LaCie 2big Dock, compatible Thunderbolt 3, est pratique si vous utilisez un ordinateur portable : il intègre des lecteurs de cartes CF et SD ainsi qu’un hub permettant de connecter écran et périphériques. Vous n’avez donc plus que la prise Thunderbolt 3 à brancher pour avoir immédiatement un bureau complet fonctionnel.

Travailler au quotidien

Le disque dur ou le SSD interne de votre ordinateur arrive à saturation. Le changer peut être compliqué ; pourquoi ne pas opter pour un volume externe ? Les débits des connexions Thunderbolt 3 et USB-C permettent de travailler confortablement, sans ralentissement excessif.

Ici, le volume n’est pas aussi important que les débits. Favorisez donc les SSD, qui offrent une réactivité bien plus grande. Vous pourrez y gérer vos photos ou vos vidéos presque aussi confortablement que sur le disque interne (voire aussi confortablement si vous disposez d’une connexion Thunderbolt 3 ou USB 3.2 gen 2×2).

Les SanDisk Extreme Portable, WD My Passport SSD et Sony SL sont extrêmement compacts (la carte SD donne l’échelle) et atteignent 1, voire 2 To.

Des modèles tels que le SanDisk Extreme Portable ou le WD My Passport SSD coûtent moins de 200 € pour 500 Go, moins de 350 € pour 1 To. Ces capacités sont trop faibles pour en faire des espaces de stockage à long terme et les tarifs des capacités supérieures sont prohibitifs, mais un tel volume sera parfait pour héberger les dossiers en cours de traitement. En outre, ces modèles sont très compacts (moins de 10 cm sur 5 cm) et légers, et ils résistent aux chocs : ils sont donc idéaux pour accompagner un ordinateur portable ou une tablette sur le terrain.

Le LaCie Rugged USB-C résiste aux chutes, à l’écrasement et à l’aspersion et contient jusqu’à 5 To de données.

Et si vous avez besoin d’une énorme capacité en déplacement ? Dans ce cas, il vous faudra recourir à des disques durs. Les débits seront plus faibles, mais vous pourrez avoir bien plus d’espace : par exemple, le LaCie Rugged USB-C atteint 5 To. Il est également robuste, résistant aux éclaboussures et aux chocs, ce qui est toujours appréciable pour un outil destiné à vous suivre sur le terrain…

Enregistrer ses vidéos

Voici un cas un peu particulier, qui concerne la prise de vue plutôt que le stockage. Un disque externe peut aussi remplacer la carte mémoire de certaines caméras. C’est le cas par exemple des Blackmagic Pocket Cinema Camera 4K. Elles peuvent enregistrer leurs vidéos sur des cartes SD ou CFast, mais également sur un volume connecté en USB-C.

L’intérêt est simple : les débits et le rapport capacité/prix. Une carte SD UHS-I accepte un flux d’environ 100 Mo/s ; les UHS-II les plus rapides plafonnent autour de 300 Mo/s. Cela permet d’enregistrer en 4K compressée, mais les formats RAW non compressés demandent plus. Les CFast, quant à elles, peuvent atteindre 600 Mo/s, mais elles sont chères : comptez plus de 400 € pour 256 Go. Un SSD USB-C peut couramment proposer un débit en écriture continue de plus de 500 Mo/s, tout en offrant plus d’un téra-octet pour le même prix !

Un SSD USB-C est une solution plus abordable que la CFast pour enregistrer les fichiers Raw non compressés de la Blackmagic Pocket 4K.

Bien entendu, c’est un peu moins pratique : vous devrez probablement installer une fixation sur votre caméra pour tenir le SSD. Certains accessoiristes proposent des supports dédiés : SmallRig par exemple fabrique une poignée conçue pour héberger un SSD Samsung T5 tout en portant une Blackmagic Pocket 4K. Une option plus encombrante qu’une carte SD, mais moins coûteuse qu’une CFast, qui vous donnera des fichiers parfaits pour un post-traitement avancé.

Vider ses cartes mémoire

Reste le cas où vous allez passer plusieurs jours loin de chez vous. En voyage au long cours, il est difficile de prévoir des moments pour installer l’ordinateur, y connecter l’appareil photo ou la caméra, et récupérer les données. C’est pire en randonnée ou en alpinisme : l’ordinateur est un « poids mort » à ne surtout pas emporter ! Les cartes mémoire, cependant, se remplissent vite. Un outil autonome capable de les sauvegarder, plus léger et compact qu’un ordinateur, est donc pratique.

Parmi ces disques durs de voyage, selon nous, un modèle se distingue : le Western Digital My Passport Wireless. Il existe en disque dur ou en SSD ; malgré le surcoût, nous conseillons la version SSD. Elle résiste mieux aux chocs, un avantage majeur pour un produit qui passera plusieurs jours dans un sac à dos.

Le My Passport Wireless SSD est un outil idéal pour les photographes randonneurs.

Le My Passport Wireless comporte un lecteur de carte SD et une batterie. Il peut ainsi copier automatiquement les données de la carte, même à mille lieues de la plus proche prise électrique. Si vous utilisez un autre format de cartes, un port USB 2 permet également de brancher un lecteur de cartes ou directement votre appareil.

Le Wi-Fi intégré autorise la gestion des fichiers depuis un téléphone ou une tablette, par exemple pour publier immédiatement une de vos photos. Dernier détail pratique : grâce à son port USB, le My Passport Wireless sert également de batterie d’appoint pour recharger votre smartphone.

Publier et partager

Vous voilà chez vous. Vos photos ou vos vidéos sont éditées, triées… Il ne reste plus qu’à les partager avec les autres membres de votre famille ou avec vos contacts extérieurs. La meilleure solution est le stockage en réseau, appelé NAS.

Il existe des modèles abordables, tels que le Western Digital My Cloud Home (270 € pour 4 To). Son avantage, c’est sa souplesse d’emploi. Connecté à votre box en Ethernet, il est accessible par plusieurs ordinateurs, smartphones et tablettes à la fois. Il permet également de définir plusieurs utilisateurs : vous et les autres membres de votre famille pouvez avoir chacun votre espace. Et grâce à la fonction de partage sur Internet, vos clients ou vos cousins peuvent accéder de chez eux aux dossiers qui les concernent.

Connecté à votre routeur en Ethernet, le My Cloud Home stocke et partage les données de votre choix.

Il peut sauvegarder automatiquement votre ordinateur, et un port USB permet de copier le contenu d’une clé ou d’un lecteur de carte mémoire. Plus original, il peut enregistrer les documents de vos espaces « cloud » tels que Dropbox ou Google Drive. Et vous pouvez également diffuser des vidéos ou de la musique vers un équipement Chromecast ou Plex Media Server.

Bien entendu, un NAS est aussi une excellente solution de stockage à long terme : comme un disque dur de bureau, il offre une capacité élevée pour un tarif raisonnable. Comme les simples disques durs externes, les NAS existent donc en variantes RAID, afin de protéger vos données d’une panne. C’est par exemple le cas des My Cloud Home Duo, qui associent capacité de stockage, souplesse du réseau et du cloud, et sécurité des données.

À chaque cas son outil

Les solutions de stockage sont nombreuses, mais il ne s’agit pas d’une jungle sans logique. Chaque produit, du disque dur de voyage au NAS domestique en RAID, a son utilité et correspond à une fonction précise. Selon vos objectifs, vous devriez donc assez facilement trouver celui qui vous convient.

Reste la question de la capacité, chaque modèle étant décliné en différents volumes. Il y a généralement un rapport quantité-prix optimal pour chaque technologie. En deçà, le prix baisse moins vite que la capacité ; au-delà, chaque téra-octet se paie de plus en plus cher. À vous de choisir, en fonction du volume de données que vous envisagez de stocker et de votre budget. Pensez tout de même qu’un disque externe vous accompagnera probablement plusieurs années. En outre, que vous préfériez la photo ou la vidéo, les fichiers sont de plus en plus lourds à chaque génération d’appareil. Dépenser un peu plus pour avoir une marge de capacité peut être un investissement judicieux à long terme.

Auteur

Traducteur, journaliste, pilote privé. Passionné de photo et de cinéma, docteur en binge-watching, mais surtout fasciné par tout ce qui vole, du martinet au Boeing 747. Considère qu'un 200 mm, c'est un grand-angle.

2 Commentaires

  1. Franck Mée Répondre

    Bonjour,
    en effet, l’article se faisant déjà long, la place manquait pour détailler tous les accidents possibles et leurs parades, ainsi que les intérêts et inconvénients d’un stockage cloud privé ou mutualisé.
    Merci pour vos précisions !

  2. Bonjour,

    Bon article en revanche vous avez pas abordé un point de sécurité qui est d’avoir une sauvegarde dans un autre lieu ou dans le cloud. En cas d’incendie, ou vol par exemple

Écrire un commentaire

Retour en haut