Les Fujifilm GFX100S II et X-T50 sont les nouveaux hybrides de la marque. À première vue, ils sont très différents : le premier est un moyen-format au capteur de 33×44 mm, le second un APS-C de 15×23 mm. Mais ils partagent de nombreux points communs, à commencer par leur philosophie. Tous deux peuvent en effet se résumer à « la meilleure technologie disponible, dans un boîtier plus compact que les précédents ».
Fujifilm présente aussi le GF 500mm F5.6, un téléobjectif pour ses moyens-formats, et un plus anecdotique transstandard XF 16-50mm.
Fujifilm GFX100S II : une compacité inédite pour 100 MP
En 2019, Fujifilm faisait un grand pas. Le GFX100 doublait purement et simplement la définition par rapport à ses prédécesseurs : il passait à 102 MP. Il s’offrait aussi un autofocus à corrélation de phase et une stabilisation mécanique, des premières pour un moyen-format. En revanche, avec 15,6×16,3 cm et 1,4 kg, il payait cette avancée sur la balance. Deux ans plus tard, le GFX100S proposait enfin un boîtier moins encombrant, mais il souffrait encore d’une réactivité limitée.
Avec le GFX100 II, l’an passé, Fujifilm donnait un petit coup de fouet à son moyen-format. Il adoptait tout simplement le processeur du X-H2, son hybride APS-C conçu pour la photo de sport, et tous les algorithmes d’autofocus développés pour lui. Il devenait ainsi apte à la photo d’action. Le capteur était aussi amélioré : il offrait en particulier une meilleure plage dynamique.

Voici donc le GFX100S II. Comme son nom l’indique, il s’agit de faire tenir la technologie du GFX100 II dans un boîtier plus compact. Pari réussi : le GFX100S II mesure 15 cm de large, 10,4 cm de haut et pèse 887 g. C’est le volume d’un Nikon Z8 !
Tous les avantages du GFX100 II
Pour autant, le GFX100S II conserve (presque) tous les points forts du GFX100 II. Il utilise le même capteur, avec sa dynamique améliorée. La stabilisation est toujours présente et compense jusqu’à 8 IL. Il reprend son processeur, avec son autofocus extrêmement complet. La reconnaissance des sujets détecte toute sorte d’objets, des animaux terrestres aux avions en passant par les motos. Tous les modes autofocus fonctionnent aussi en vidéo, en filmant en 4K30p. Notez à ce sujet qu’il est possible d’enregistrer en Apple ProRes sur un SSD branché en USB-C.

La quête de compacité a tout de même imposé certains sacrifices. Le viseur orientable et amovible du GFX100 II laisse la place à un modèle fixe. Mais celui-ci compte 5,76 millions de points et offre un grossissement de 0,84×. Enfin ! Le GFX 100S plafonnait à 3,69 millions de points et 0,77×, des valeurs décevantes pour un moyen-format.
Découvrez notre vidéo YouTube « FUJI GFX 100S II : TOUT SAVOIR sur le MOYEN FORMAT à 102MP ! »
Fujifilm X-T50 : une compacité inédite pour 40 MP
Comme nous l’avons dit en ouverture, le X-T50 est un peu au X-T5 ce que le GFX100S II est au GFX100 II. Il reçoit donc le capteur de l’hybride APS-C haut de gamme, un X-Trans rétro-éclairé de 40 MP. La stabilisation est elle aussi du voyage, compensant jusqu’à 7 IL. Il s’agit d’une grande nouveauté pour la gamme à deux chiffres : Fujifilm la réservait jusqu’ici aux modèles plus huppés. Sur le plan des performances aussi, le X-T50 reprend l’essentiel du X-T5. Il filme donc en 6,2K à 30 images par seconde ou en 4K60p. L’autofocus est identique en photo comme en vidéo, le traitement d’image aussi.

Sur ce plan, le X-T50 inaugure un détail original : une molette dédiée permet de sélectionner directement les « simulations de films ». Il s’agit de noms donnés par Fuji aux rendus d’image prédéfinis. Pour ceux qui ont l’habitude d’utiliser des « filtres » sur un smartphone, cet accès direct à des colorimétries et des contrastes standards peut être un petit plus bienvenu. C’est peut-être le seul signe de la cible « grand public » de l’appareil, qui utilise par exemple de vraies molettes de vitesse et de sensibilité.
Pour autant, il reste compact et assez léger, avec 438 g sur la balance – à comparer aux 557 g du X-T5. Deux points principaux ont été sacrifiés pour y parvenir : la protection tout-temps et le viseur. Sur ces points, le X-T50 est le digne héritier du X-T30 II. Le confort de visée et la sérénité d’utilisation en extérieur en souffrent un peu. Mais ce sont sans doute des contraintes raisonnables pour proposer ces performances dans un gabarit et un tarif plus grand public.
Connectivité complète, y compris au cloud !
Sur le plan fonctionnel aussi, le X-T50 conserve l’essentiel du X-T5. Comme tous les appareils modernes, il peut être relié à un smartphone en Bluetooth ou en Wi-Fi. Contrôle à distance et transfert de fichiers sont évidemment proposés.
Plus étonnant, le X-T50 propose lui aussi la connectivité à Frame.io. Il peut donc en toute autonomie (un réseau Wi-Fi suffit) envoyer photos et vidéos sur un cloud professionnel, sitôt les fichiers créés ! De quoi se demander si le X-T50 ne ferait pas un excellent second boîtier de professionnel, pour les situations où l’absence de tropicalisation ne pose pas de problème…
Fujinon GF500mm F5.6 R LM OIS WR, le super-téléobjectif pour moyen-format
Nous l’avons vu, les GFX100 II et GFX100S II proposent pour l’essentiel le même autofocus que les appareils APS-C. Leurs utilisateurs pourraient donc viser la même variété de sujets. Or, la détection des animaux terrestres, des oiseaux et des insectes n’est pas extrêmement utile lorsque votre plus longue focale est un 250 mm, cadrant comme un 200 mm en 24×36.

Fujifilm n’y est pas allé par quatre chemins : en une seule annonce, la plus longue focale du système GFX a doublé. C’est un GF 500mm F5.6 R LM OIS WR qui rejoint la gamme. Il cadre donc comme un 396 mm en plein format. Avec le potentiel de recadrage d’un capteur de 102 MP, la photo d’animaux sauvages dans leur environnement naturel devient tout à fait envisageable. L’autofocus est adapté : grâce à des moteurs linéaires, Fuji annonce une mise au point en 0,3 s environ. D’ici à voir des équipements de ce type au bord des stades, il n’y a qu’un pas…
Plus étonnant, ce 500 mm stabilisé destiné aux hybrides moyen-format pèse moins de 1,4 kg. Il se place donc dans la même catégorie que le Sigma 500mm F5.6 Sports (limité au 24×36 mm), une centaine de grammes seulement au-dessus du Nikkor Z 400mm F4.5 (qui offre un cadrage comparable).
Prix et disponibilité
Toutes les nouveautés annoncées seront disponibles à partir de mi-juin.
Le Fujifilm GFX100S II est commercialisé au prix de 5 499,90€.
Pour sa part, le Fujifilm GF 500mm F5.6 R LM OIS WR est proposé 3 899,90€.

Le Fujifilm X-T50 sera disponible en argenté, noir ou anthracite, nu ou en kit :
- Fujifilm X-T50 nu : 1 499,90€
- Fujifilm X-T50 et XC 15-45mm f/3.5-5.6 : 1 599,90€
- Fujifilm X-T50 et Fujinon XF 16-50mm F2.8-4.8 R LM WR : 1 899,90€
Notez que l’optique de ce dernier kit est également nouvelle. Elle vient se placer entre le XC15-45mm, à l’ouverture médiocre, et le XF18-55mm, un peu plus lumineux mais plus limité au grand-angle. Elle est proposée séparément pour 799,90€, et disponible à partir de fin mai.


