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De l’autre coté des Pyrénées,  Gonzaga Manso multiplie les casquettes depuis son plus jeune âge… Trente ans à peine, et il peut déjà se targuer d’être photographe d’art, photographe de mode, directeur de la photographie, réalisateur. Engagé, écolo, militant. Avec un univers bien à lui, à la fois coloré, poétique, combatif et furieusement ancré dans le réel.

© Gonzaga Manso / Lavanderia

« Mon travail parle de ce que je ressens, de ce dont je rêve et de ce qui m’entoure. De la bagarre que j’ai eue avec un chauffeur de taxi, de la fille que j’ai rencontré cet été, du besoin de me perdre et de me retrouver. Pour moi, raconter des histoires et créer des personnages est une passion, mais aussi une nécessité. »

LE FOND ET LA FORME

Complètement autodidacte, Gonzaga Manso croit avant tout au travail acharné. Et ça paie : il a déjà prêté son talent à de grands groupes comme Sony ou WWF, a reçu de nombreux prix pour son travail personnel, et a travaillé avec de prestigieux réalisateurs espagnols comme Isabel Coixet et Javier Fesser. « La vérité que le fait d’être autodidacte m’a permis de développer ma propre vision et ma propre technique d’une manière très pure, très libre et personnelle. Nul doute que cela rend mon travail différent… Mais cela ne garantit vraiment pas le succès, le succès vient toujours d’une combinaison de travail acharné et de talent. » 

Ajoutez là-dessus des choix audacieux et affirmés – comme ses images, photos ou vidéos, dénonçant la maigreur des top-modèles, la situation dramatique de l’Antarctique, les controverses autour du port de la burqa (…), et vous aurez une idée de l’univers de l’artiste. « Pour qu’une photo soit bonne selon moi, elle doit avoir deux caractéristiques principales : un impact visuel et un concept puissant. L’impact visuel, l’esthétique, est fondamental car le support même de la photographie est purement visuel. Une photo fade ou peu attrayante n’a aucun sens pour moi. Par contre, une photo attrayante mais sans message est inutile. »

© Gonzaga Manso pour WWF

Ainsi, les trois clichés qu’il a réalisé pour une campagne WWF, en collaboration avec l’agence Contrapunto BBDO Madrid, où l’on voit un tigre, un ours polaire et un rhinocéros dans l’atelier d’un garagiste… Avec ce slogan « L’extinction ne peut pas être réparée ». Le message a le mérite d’être clair. « En tant que photographe, je suis très attaché à la beauté, et c’est peut-être un devoir moral pour moi de traiter cette question de manière légèrement différente de ce à quoi nous sommes habitués. Parce que je pense que parfois on perd un peu le nord… »

© Gonzaga Manso / In White

ROULEZ JEUNESSE

Il faut dire que les pincettes, Gonzaga Manso, ce n’est pas son truc. En même temps, il baigne dans le monde de l’image depuis son plus jeune âge, entre un père producteur de film et un oncle photographe. Très vite, il fait de la photo sa propre vocation. Et comme il a un côté touche-à-tout, il multiplie les domaines d’expériences, aussi à l’aise comme directeur de la photo sur un long-métrage, que derrière sa propre caméra pour ses formats courts ou documentaires. Si les métiers se recoupent, chacun demande cependant un engagement différent.

© Gonzaga Manso pour Oido Records

« En tant que photographe publicitaire, vous êtes embauché pour votre style et votre capacité à créer des photos d’une certaine manière, mais il y a toujours ou presque toujours une idée antérieure. Dans ce cas, le photographe doit améliorer cette idée et apporter tout ce qu’il peut, puis le résoudre en créant la meilleure photo possible. Disons que c’est une photo « personnalisée ». La direction de la photographie est directement liée à la vidéo, que ce soit au cinéma, à la publicité, aux clips vidéo musicaux… Le directeur de la photographie est responsable de l’éclairage des scènes et est généralement celui qui gère l’appareil photo. Disons que vous êtes le responsable visuel d’un film et généralement le bras droit du réalisateur.

En photographie artistique, vous êtes totalement libre, votre seule limite est vous-même. C’est le lieu pour expérimenter et développer votre vision artistique et exprimer vos idées. C’est sans aucun doute la partie la plus satisfaisante du travail de photographe et celle que j’apprécie le plus. »

CONFIDENCES POUR CONFIDENCES

Sur son site internet, Gonzaga Manso nous propose également de nombreuses vidéos backstage de ses shootings : on y découvre l’envers du décor de ses séances, parfois complètement insoupçonnables… Sa photo L’étang par exemple, qui cherche à exprimer « le calme, l’amour sincère et profond qui découle du fait de vieillir aux côtés de la personne que vous aimez » a été réalisée en studio, dans une piscine gonflable, avec trois Broncolor Move 1200L, et deux têtes attachées à chacune pour pouvoir jouer avec l’éclairage autant qu’il le souhaitait. 

© Gonzaga Manso / L’étang

« La question qui revient toujours, c’est « Pourquoi n’es-tu pas allé dans un véritable étang ? » C’est simple : je n’ai pas pu trouver celui que j’avais imaginé. Je voulais tout contrôler : les plantes qui l’entouraient, les ondulations de l’eau, les reflets de la lumière… » Méticuleux ? C’est rien de le dire. Mais aussi très inspirant, non ? D’ailleurs, que fait Gonzaga Manso lui, quand il est en manque d’inspiration ? « Je vais au musée, je regarde des films, j’écoute de la musique, je fais du sport, je discute avec des amis, je marche avec mon chien… Presque toutes les activités m’aident à avoir des idées. Mais en vérité, je ne crois pas beaucoup en l’inspiration en tant que telle. Pour moi, l’inspiration, c’est la volonté. C’est prendre un crayon, du papier, et s’asseoir pour réfléchir. » Message reçu. 

© Gonzaga Manso / Portrait de Michelle Jenner
© Gonzaga Manso / Hueco

En savoir plus sur Gonzaga Manso 

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Auteur

Journaliste, Curieuse, Baroudeuse, Couteau Suisse. Passionnée par le cinéma, la littérature, la photographie et la contre-culture. Bref, lire, écrire et courir, mais pas les trois à la fois parce que ce n'est pas pratique.

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