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Filmer, c’est enregistrer une suite de plans pour relater une histoire ou un évènement. En vidéo comme au cinéma, c’est la manière dont vos plans et séquences sont composés qui vont donner un intérêt à votre sujet. Voici 6 règles pour varier vos cadrages en mouvement.

Composer une image, en vidéo comme au cinéma, c’est choisir un cadre

 

1- Aérer le regard

Les six règles de la composition en vidéo
Utiliser les points forts d’une situation, en plan fixe ou en mouvement

Vidéo/photo, même combat ? Oui, quand on vient de la photo et que l’on débute en vidéo, les règles de composition se ressemblent. A cela près qu’en vidéo, on fait se succéder les plans dans un montage et que varier les compositions s’impose. Et, qui plus est, certains plans sont réalisés en mouvement.

Plusieurs règles de composition s’appliquent à tous les plans avec personnages, dont les interviews : avec une personne cadrée serré, il vaut mieux « aérer le regard » en plaçant le personnage du côte opposé à celui de la direction du regard : la direction du regard est plus lisible quand il regarde de gauche à droite que l’inverse ; le bord-cadre délimite le placement de vos sujets, avec un peu de marge entre le sujet et le bord du cadre ; même chose en hauteur où la tête d’un personnage doit « respirer » avec un peu d’espace entre lui et le bord haut du cadre.

2- Les valeurs de plans

Les valeurs de plans
Varier les plans c’est donner du rythme et du dynamisme à une vidéo

Pour réussir ses compositions en vidéo, l’utilisation d’un trépied facilite l’apprentissage. Notamment pour équilibrer ses cadrages et varier ce qu’on appelle les « valeurs de plan ». C’est ce qui enrichit votre vidéo : avec des images on construit des plans, puis des séquences, avec lesquelles on construit une vidéo. Quand on veut donner un rythme à ses images, le fait de varier les plans est ce qui va permettre d’intéresser, d’entrer dans un sujet, qu’il s’agisse d’un mariage, d’un reportage ou d’un clip.

Alors, plan américain, plan moyen, gros plan… ça vous parle ? Gardez en tête que ces « valeurs de plan » sont votre vocabulaire en images. Et la manière de faire se succéder ces différents plans – plan large, plan moyen, et gros plan pour l’essentiel -, n’appartient qu’à vous. C’est votre marque de fabrique. Sachez que les réalisateurs choisissent en général d’alterner des valeurs de plans de plus de 2 valeurs différentes. C’est à dire, passer d’un plan d’ensemble à un plan rapproché, ou d’un plan moyen à un gros plan.

Le raccord entre les plans
Raccorder des plans qui fonctionnent ensemble

PLAN D’ENSEMBLE : il cadre un ou plusieurs personnages et/ou un environnement.

PLAN MOYEN : il cadre un ou plusieurs personnages des pieds à la tête.

PLAN AMÉRICAIN : il cadre un personnage à la mi-cuisse.

PLAN RAPPROCHÉ : il cadre un personnage à partir de la ceinture et isole le sujet.

PLAN RAPPROCHÉ POITRINE et PLAN RAPPROCHÉ ÉPAULE : il cadre le personnage à hauteur de la poitrine ou des épaules.

GROS PLAN : il cadre la tête du personnage ou un objet et sert à les mettre en valeur.

TRÈS GROS PLAN : il cadre un détail et peut marquer une émotion intense.

INSERT : il cadre un très gros plan sur un objet.

3- La règle des tiers

La règle des tiers
La règle des tiers permet de composer une image en s’appuyant sur ses points forts

La règle des tiers consiste à placer des personnages, objets ou tout autre élément clef sur des lignes qui divisent l’image en parties égales. Ces lignes doivent être placées aux tiers horizontaux et verticaux. On les appelle les lignes de force et leurs intersections des points forts. Bien entendu cette règle est théorique. Elle permet avant tout de dynamiser une composition, et sera notamment très efficace pour bien positionner des personnages à l’image. Car l’œil a besoin de s’appuyer sur ces points forts pour comprendre ce qu’il regarde.

Comme toutes les règles, les exceptions fonctionnent aussi, notamment pour apporter une touche originale. Comme de centrer un personnage par exemple, ou de le filmer en plongée ou en contre-plongée. Il s’agit avant tout de trouver les bonnes proportions, pour délimiter une composition. Avec l’expérience, on se rend compte que les cadrages épurés sont souvent les plus efficaces; dés que l’on veut intégrer plusieurs éléments, la règle des tiers fonctionne bien car elle aide à les placer à l’image de manière harmonieuse.

4- Lignes directrices

Lignes directrices
S’appuyer sur des lignes existantes, horizontales, verticales ou diagonales, pour mieux diriger le regard

Pour les compositions hors studio ou intérieurs, intégrer les éléments du décors – paysage, ville, architecture… -, est une bonne façon de varier les cadrages. C’est le cas des lignes naturelles – verticales, horizontales ou diagonales -, très utiles pour guider l’oeil du spectateur dans l’image. Les diagonales en particulier structurent les cadrages, en créant du mouvement.

De fait, il s’agit de s’inspirer des lieux où l’on tourne : comme les cadres naturels apportés par des fenêtres ou des portes ; des motifs esthétiquement intéressant qui se répètent (maisons colorées ou arbres monochromes) ; de forts contrastes de lumière entre le sujet et le décor ; des effets de symétrie en découpant le cadre en 2 parties égales, horizontales ou verticales, etc…

5- La profondeur de champ

Une faible profondeur de champ accentue la présence du premier plan dans une composition

Pour composer un plan ou une séquence en mettant un avant un sujet, personnage ou élément de décors, travailler la profondeur de champ s’impose. Elle sert le plus souvent à créer un premier plan net – le sujet -, qui se détache sur un fonds plus ou moins flou. C’est le principe bien connu du « bokeh » en photo, donc un fond complètement flou qui renforce la présence d’un personnage, cas typique d’une interview. Mais la PDC peut être utilisée de multiples façons pour donner de l’originalité à vos compos : premier plan flou/arrière plan net ; zones floue/nette/floue ; netteté totale depuis le premier plan à l’infini (dite hyperfocale)…

Elle dépend de plusieurs critères : l’ouverture du diaphragme ou iris, l’objectif utilisé et la distance du ou des objets photographiés ou filmés. Il est donc possible de faire varier l’un ou l’autre pour modifier les zones de netteté ; et ainsi accentuer ou estomper l’importance d’un sujet au premier plan ou en arrière-plan. Le plus souvent c’est en choisissant une grande ouverture de l’objectif (f 2.8 et en-dessous), que l’on obtient cet effet de bokeh. Il sera d’autant plus prononcé que l’optique sera un 50 mn ou un télé-objectif.

6- Aiguiser son instinct du cadre

Comme toutes règles, faire exception peut créer un cadre original

Il n’y a pas photo : c’est en regardant des photos et des films que l’on acquiert la faculté de bien composer un cadre. En vidéo, on utilise à la fois des plans fixes – typés photo -, et des plans en mouvement, panoramiques, travellings – typés cinéma. En aiguisant sa culture de l’image, et en mémorisant des compositions au jour le jour, on élargit sa base de données personnelle. Mieux, on développe un sens du cadre et de la composition des plans… à l’instinct.

Conclusion

Imaginer ses compositions à l’avance, cela aide à préparer un tournage. Plans serrés, plans larges, gros-plans doivent s’enchaîner de manière fluide, pour permettre de raconter ou de montrer, une histoire ou un évènement. Même si, comme pour toutes règles il y a matière à exception – c’est votre regard que vous proposez -, vous verrez que réfléchir à la manière de composer des plans en vidéo aide particulièrement au montage. Car devant votre ordinateur, c’est grâce à la variété de vos compositions, et notamment de vos valeurs de plans, que vous pourrez monter votre vidéo avec le meilleur rendu.

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