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Après avoir successivement traité du temps de pose et de la sensibilité ISO, un troisième paramètre de prise de vue en lien avec l’exposition d’une photographie reste à aborder : l’ouverture de diaphragme. Dépendante de l’objectif utilisé, celle-ci détermine non seulement la quantité de lumière qui atteint le capteur, mais influe également sur la profondeur de champ – et donc sur l’esthétique de l’image capturée.

#1 Qu’est-ce que l’ouverture de diaphragme ?

Un mécanisme comparable à l’iris

Lorsque la lumière pénètre au sein d’un objectif, afin d’atteindre le capteur ou la pellicule située au cœur d’un appareil photo, elle passe à travers un dispositif mécanique nommé « diaphragme ». Composé de lamelles – dont le nombre varie suivant la conception de l’objectif –, le diaphragme forme un trou dont la taille peut varier afin de laisser passer plus ou moins de lumière. L’ouverture de diaphragme désigne le diamètre de ce trou.

Diaphragme d'un objectif
Photo : Primakov/Shutterstock
  • Plus l’ouverture de diaphragme est grande, plus la quantité de lumière qui passe à travers l’objectif est importante.
  • Plus l’ouverture de diaphragme est petite, plus la quantité de lumière qui passe à travers l’objectif est faible.

Par son aspect et son fonctionnement, le diaphragme d’un objectif peut être comparé à l’iris de l’œil. Quand la luminosité est forte, l’iris se contracte pour limiter la quantité de lumière qui atteint la rétine. La pupille apparaît alors de petite taille. Au contraire, lorsque la luminosité est faible, l’iris se dilate afin de laisser passer une plus importante quantité de lumière. La taille de la pupille est alors plus grande.

Exprimer l’ouverture de diaphragme

La notation la plus couramment utilisée pour exprimer une ouverture de diaphragme consiste en un nombre précédé du symbole « f/ ». On peut ainsi citer quelques-unes des valeurs d’ouverture considérées comme standards : f/1,4, f/2,8, f/4, f/5,6, f/8, f/11, f/16 et f22. Les valeurs d’ouverture intermédiaires aux standards de référence sont proposées par la très grande majorité des objectifs.

Obtenues en divisant la focale de l’objectif par le diamètre maximal du faisceau de lumière qui le traverse, les valeurs qui composent ce système de notation se montrent malheureusement contre-intuitives pour les photographes débutants.

En effet, plus la valeur désignant l’ouverture de diaphragme est faible, plus l’ouverture est grande. Inversement, plus la valeur d’ouverture est élevée, plus l’ouverture de diaphragme est petite.

  • f/1,4 désigne ainsi une grande ouverture de diaphragme, c’est-à-dire une ouverture qui laisse passer une importante quantité de lumière. Un tel choix est à privilégier en situation de faible luminosité.
  • f/22 désigne pour sa part une petite ouverture de diaphragme, c’est-à-dire une ouverture qui laisse passer une faible quantité de lumière. Le choix d’une telle ouverture peut être effectué en cas de forte luminosité.
Différentes valeurs d'ouverture
Photo : AnyaPL/Shutterstock

Il convient également de retenir que lorsque l’on passe d’une valeur d’ouverture de diaphragme standard à une valeur consécutive, on multiplie ou divise par deux la surface d’ouverture du diaphragme. Par conséquent, la quantité de lumière qui passe à travers l’objectif est aussi multipliée ou divisée par deux.

À titre d’exemple : une ouverture de diaphragme de f/1,4 laisse passer deux fois plus de lumière qu’une ouverture de f/2. Inversement, une ouverture de diaphragme de f/22 laisse passer deux fois moins de lumière qu’une ouverture de f/16.

#2 L’influence de l’ouverture de diaphragme sur l’esthétique d’une image

La profondeur de champ

Si l’ouverture de diaphragme constitue parfois une notion difficile à appréhender, son influence sur l’esthétique d’une image est facilement observable. Comme nous l’avons évoqué, l’ouverture agit donc sur l’exposition d’une photo, mais également sur sa profondeur de champ.

La profondeur de champ désigne l’étendue de la zone de netteté qui figure sur une photographie. Le choix, par le photographe, d’une zone de netteté plus ou moins étendue doit être dicté par les éléments de l’image qu’il souhaite mettre en valeur et par l’effet esthétique qu’il souhaite créer.

  • Lorsque la profondeur de champ est petite, la zone de netteté est faiblement étendue. La plupart des portraits disposent d’une petite profondeur de champ de manière à attirer l’attention du spectateur sur le sujet principal.
  • Lorsque la profondeur de champ est grande, la zone de netteté est très étendue. Il est souvent conseillé de privilégier une grande profondeur de champ en photographie de paysage, afin que tous les plans de l’image conservent une certaine lisibilité.

Bien que plusieurs paramètres de prise de vue (notamment la distance focale de l’objectif et la distance de mise au point) aient un impact sur l’étendue de la zone de netteté, l’ouverture de diaphragme permet au photographe d’influer instantanément sur l’étendue de la profondeur de champ.

  • Plus l’ouverture de diaphragme est grande, plus la profondeur de champ est réduite. Pour réaliser un portrait avec un flou d’arrière-plan (ou bokeh) prononcé, il est possible de choisir une ouverture de diaphragme comprise entre f/1,4 et f/4.
  • À l’inverse, plus l’ouverture de diaphragme est petite, plus la profondeur de champ est grande. Il est donc souvent conseillé de fermer le diaphragme pour capturer une photo de paysage. Par exemple, il est possible d’adopter une ouverture comprise entre f/8 et f/16.
Influence de l'ouverture sur la profondeur de champ
De gauche à droite : images respectivement capturées à f2,8 et f/16.

Ouverture de diaphragme et performances optiques

Si nous vous conseillons avant toute autre chose de tenter de comprendre – à force de pratique – la façon dont l’ouverture de diaphragme influence la profondeur de champ, il nous semble néanmoins utile de préciser que ce paramètre de prise de vue a également un impact direct sur les performances optiques de l’objectif utilisé.

Pour atteindre des performances optiques optimales, il est souvent conseillé d’opter pour une ouverture de diaphragme intermédiaire, c’est-à-dire comprise entre f/5,6 et f/11. Une telle ouverture permet d’obtenir le meilleur piqué (c’est-à-dire la plus grande précision) possible, alors qu’une plus grande ouverture donne souvent lieu à du vignettage, et qu’une plus petite ouverture crée des aberrations chromatiques liées au phénomène de diffraction.

#3 Comment paramétrer l’ouverture de diaphragme ?

Chaque objectif dispose d’une ouverture de diaphragme maximale et d’une ouverture minimale. La plus grande ouverture possible est notamment dictée par la focale de l’objectif en question, ainsi que par la complexité de sa conception optique. S’il est fréquent que les focales fixes de 50 mm atteignent une ouverture de f/1,4, seuls les zooms haut de gamme peuvent se targuer d’une ouverture de f/2,8. Beaucoup de zooms moins onéreux disposent pour leur part d’une ouverture maximale qui varie suivant la focale utilisée (telle que f/3,5-5,6) – on appelle cela une « ouverture glissante ».

Suivant l’objectif utilisé, le paramétrage de l’ouverture de diaphragme doit se faire par le biais d’une bague intégrée à l’objectif en question (la bague d’ouverture) ou à l’aide d’une molette de réglage située sur l’appareil. Autrefois généralisée à la plupart des optiques, la bague d’ouverture se fait aujourd’hui plus rare. On la retrouve généralement sur des focales fixes qui privilégient des réglages manuels.

Sony FE 24 mm f/1,4 GM
Un objectif haut de gamme tel que le Sony FE 24 mm f/1,4 GM dispose d’une bague d’ouverture de diaphragme (voir la partie inférieure de l’objectif).

Notons enfin que seuls certains modes de prise de vue autorisent le réglage de l’ouverture de diaphragme par l’utilisateur :

  • Lorsqu’un appareil photo est utilisé en mode automatique, aucun contrôle sur l’ouverture de diaphragme n’est proposé à l’utilisateur. L’appareil effectue donc un réglage en fonction des conditions lumineuses et des autres paramètres de prise de vue (temps de pose et sensibilité ISO). Nous déconseillons donc ce mode de prise de vue ;
  • Quand un appareil est utilisé en mode priorité à l’ouverture (mode A ou Av), l’appareil choisit un temps de pose – et parfois une sensibilité ISO – en fonction de l’ouverture de diaphragme déterminée par l’utilisateur. Ce mode de prise de vue se révèle idéal lorsque l’on souhaite influer sur la profondeur de champ tout en s’assurant d’une exposition correcte ;
  • Comme son nom l’indique, le mode manuel donne la main à l’utilisateur sur la totalité des paramètres de prise de vue. Ce mode n’est cependant pas à privilégier en toute occasion. Nous le conseillons aux photographes avertis, dans les situations où un fin réglage des paramètres prime sur la réactivité (photographie de paysage, d’architecture, etc.).

Pour résumer

L’ouverture de diaphragme est un élément clé pour modifier l’exposition d’une photo. Un objectif qui autorise une grande ouverture est par conséquent un atout en situation de faible luminosité. Cependant, il faut retenir que la modification de l’ouverture a également pour conséquence de modifier la profondeur de champ. Avant chaque prise de vue, tout photographe doit donc déterminer ses souhaits en termes d’exposition et d’esthétique, afin de trouver le juste équilibre entre les paramètres de prise de vue que sont l’ouverture de diaphragme, le temps de pose et la sensibilité ISO.

Lire aussi – Les bases de la photo : la sensibilité ISO
Lire aussi – Les bases de la photo : le temps de pose

Avatar de Lucien de MissNumerique
Auteur

Photographe, auteur et formateur. Il est un grand spécialiste de l'industrie de l'image. La photo et la vidéo n'ont pas de secret pour lui.

4 Commentaires

  1. Avatar de Lucien de MissNumerique

    Bonjour,
    Merci beaucoup pour cet article et aussi à Emile pour pour ce correctif.

    Sur l’illustration sur laquelle on peut voir les différentes ouvertures, les rapports entre les différentes ouvertures ne semblent pas respectes pour faciliter la compréhension de ce point.
    Par exemple, le diamètre de F16 ne fait pas la dimension de 2 diamètres F11.
    Pourtant j’avais cru comprendre que « lorsque l’on passe d’une valeur d’ouverture de diaphragme standard à une valeur consécutive, le diamètre de l’ouverture de diaphragme est multiplié ou divisé par deux »
    Il y a quelque chose qui m’a échappé

    • Avatar de Lucien de MissNumerique
      Miss Numerique Répondre

      Bonjour Vincent, effectivement ce n’est pas le diamètre qui double mais la surface d’ouverture du diaphragme, lorsqu’on passe d’une valeur d’ouverture standard à une valeur consécutive. Le dessin illustratif n’est pas à l’échelle mais vous permet de visualiser le concept de fermeture d’un diaphragme.

  2. Avatar de Lucien de MissNumerique

    Bonjour, Merci pour votre article.
    Je voudrais juste signaler une erreur: lorsque l’ouverture passe d’une valeur à une autre consécutive, on multiplie ou divise le diamètre (ou le rayon) par deux mais la surface collectrice, elle, est multipliée par un facteur 4. On récolte 4 fois plus de lumière lorsque on ouvre deux fois plus le diaphragme. (et inversement, 4 fois moins de lumière lorsqu’on ferme 2 fois plus le diaphragme).

    • Avatar de Lucien de MissNumerique
      Miss Numerique Répondre

      Bonjour Emile, la valeur consécutive de diaphragme ne correspond pas à la valeur de diaphragme standard doublée. On double la surface quand on passe d’une valeur à une autre consécutive mais on quadruple la surface lorsqu’on double la valeur de diaphragme. Nous avons corrigé cette erreur dans notre article. Merci de votre vigilance !

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