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Depuis leur l’apparition, les caméras vidéo n’ont pas cessé de se rapprocher des caméras cinéma. En effet, on associe communément l’image vidéo à quelque chose de net et froid, sans profondeur, alors que dans l’inconscient collectif, l’image cinéma représente le rendu « absolu ».

À partir de 2008, les reflex numériques ont commencé à intégrer l’enregistrement vidéo. La taille des capteurs permettait d’obtenir une grande profondeur de champ, l’une des caractéristiques que l’on associe au rendu cinéma. C’est, sans doute, ce qui a fait le succès du Canon 5D Mark2 sorti en 2009, et ce qui dix ans plus tard a fait des DSLR et des hybrides des outils incontournables pour la captation pro et semi-pro.

Dans cet article, nous allons passer en revue les réglages à effectuer sur un reflex numérique ou un hybride pour se rapprocher au maximum de ce fameux « rendu cinéma ». Avant d’aller plus loin, gardez bien en tête qu’au-delà de ces réglages techniques, pour atteindre un rendu de ce type, il vous faut penser votre séquence dans sa globalité, que ce soit par le choix des cadrages ou le découpage, mais aussi par les choix créatifs lors de la postproduction. Utiliser des réglages cinématiques ne garantit pas que votre production sera sélectionnée au prochain festival de Sundance, mais cela vous permettra assurément d’obtenir une image moins « téléfilm » ou reportage.

Le format d’enregistrement

Le premier réglage concerne le format d’enregistrement et plus spécifiquement le nombre d’images par seconde. Si vous souhaitez vous rapprocher de la cadence utilisée par le cinéma, sélectionnez une fréquence à 24p – l’utilisation du 25p est tout aussi envisageable. Ces fréquences d’image vous garantiront le flou de mouvement qui caractérise le rendu cinéma. L’utilisation de fréquence plus élevée est possible (50p ou 100p) si vous souhaitez créer des ralentis, mais vous devrez alors les conformer pendant votre montage à votre cadence de sortie 24p ou 25p.

Pour la résolution et le débit d’enregistrement, privilégiez les valeurs les plus hautes de votre appareil, par exemple 4K 100 Mbps, afin de vous laisser le plus de latitude possible en postproduction, que ce soit pour le recadrage ou la correction colorimétrique.

Enfin, toujours dans l’optique de la postproduction, vous pouvez utiliser un profil colorimétrique LOG afin de conserver un maximum de dynamique sur votre enregistrement, et appliquer des Luts pour donner un style spécifique à votre image et renforcer l’effet image cinéma.

Tout en manuel

Eh oui : pour des réglages cinématiques, vous devez régler votre appareil en manuel ! Si cela peut effrayer au départ, il n’en reste pas moins que ces réglages sont assez simples et vous garantiront une homogénéité sur l’ensemble de vos séquences.

Commençons par la balance des blancs : désactiver l’automatisme vous assurera que cette dernière ne varie pas au cours de la séquence enregistrée. Si corriger une mauvaise balance des blancs en postproduction est aujourd’hui relativement facile avec les logiciels de montage actuels, il en va autrement avec une balance de blanc qui se modifie au cours du temps dans un même plan. Lors de votre tournage, si vous êtes pris par le temps, sélectionnez une balance préconfigurée (temps ensoleillé, nuageux…) ou, si vous le pouvez, vous visez un point blanc de votre scène pour effectuer un réglage précis.

Une légère exception peut être faite au « tout manuel » pour l’autofocus. Il est d’usage, en captation cinéma, d’effectuer des mises au point manuelles et la plupart des optiques ciné ne disposent pas de système d’autofocus. Mais au vu des progrès récemment effectués en mise au point automatique et suivi des sujets et objets, il est clair que ce n’est qu’une question de temps : bientôt, l’autofocus sera utilisé sur les tournages.
Si vous restez en autofocus, soyez vigilant notamment en cas de basse lumière, afin d’éviter les effets de « pompage » (lorsque l’autofocus cherche sa mise au point) qui iront à l’encontre du résultat recherché.

Les réglages d’exposition

Les trois paramètres qui constituent l’exposition – l’ouverture, la vitesse et la sensibilité – vont constituer le cœur de vos réglages cinétiques.
La vitesse d’obturation doit être réglée en adéquation avec la vitesse d’enregistrement afin de conserver le flou de mouvement caractéristique. Pour cela, on applique une règle simple : la vitesse d’obturation doit être le double de la vitesse d’enregistrement. Par exemple, si vous êtes en 24/25p, votre vitesse d’obturation sera au 1/50. Si vous souhaitez faire des ralentis en vous mettant à 50p ou 100p, alors votre vitesse sera respectivement au 1/100 et au 1/200.

Régler cette vitesse d’obturation suivant ce principe vous assurera une image plus « douce » autour des objets ou personnes.

Par ailleurs, faire ressortir un objet ou une personne en floutant l’arrière-plan contribue grandement à donner un aspect cinéma.

C’est sur ce point qu’intervient le paramètre de l’ouverture : il faudra privilégier une petite profondeur de champ afin d’isoler votre sujet du reste de la scène.
Pour y parvenir, vous devrez utiliser des optiques lumineuses. Ce qui se traduit généralement par des optiques fixes ouvrant à 1,4 ou 1,8 et à 2,8 pour les zooms. Et pour générer du flou en arrière-plan (bokeh), réglez votre ouverture au maximum (c’est-à-dire la plus petite valeur possible) ou d’un diaph au-dessus.

Dernier paramètre du trio de l’exposition : la sensibilité. Afin de conserver la meilleure image possible, il est conseillé de régler les ISO sur la valeur native de votre capteur ; cette valeur peut être différente selon votre appareil et ne dépasse pas généralement les 800 ISO. Essayez de rester le plus possible sur cette valeur, mais si vous manquez de lumière, privilégiez l’augmentation des ISO plutôt que d’enregistrer une image sous-exposée, plus difficile à corriger en postproduction.

Les accessoires indispensables

Comme nous venons de le voir, les paramètres d’exposition sont relativement figés et vous n’aurez que très peu de latitude pour les modifier si vous retrouvez en situation de sur- ou sous-exposition.

En cas de faible luminosité, si vous ne souhaitez pas dégrader votre image en augmentant votre sensibilité ISO, vous devrez avoir recours à un éclairage additionnel afin de compenser le manque de lumière. Pensez à vous équiper d’un ou plusieurs panneaux LED afin de pouvoir déboucher votre sujet en toute circonstance.

A contrario, avec une vitesse assez basse et une grande ouverture, vous risquez – surtout en tournage extérieur – de vous retrouver en condition de surexposition. Et autant dans le cas précédent, vous avez toujours la possibilité d’augmenter la valeur de votre sensibilité, autant en surexposition, aucun paramètre ne vous permettra de baisser la quantité de lumière enregistrée par votre caméra sans perdre vos réglages cinématiques.

Vidéos cinématiques : tournage.
Tournage d’une interview éclairé à l’aide de panneau Led. Photo : lapandr / Shutterstock.

Pour garder votre ouverture au maximum sans surexposer, vous devrez donc utiliser un filtre à densité neutre, aussi appelé filtre ND. Il se fixe sur votre objectif et limite la quantité de lumière reçue, mais sans altérer ou modifier votre image. Nous vous conseillons d’utiliser un filtre ND variable qui vous permet de régler facilement l’exposition de votre image, comme vous le feriez avec la bague d’ouverture de votre optique.

Une dernière astuce

Grâce à ces paramètres, vous devriez obtenir une image plus cinématographique. Il vous restera, en particulier si vous avez utilisé un profil colorimétrique type Log, d’étalonner vos séquences. En ayant recours à des Luts, vous pourrez encore accentuer cet effet en appliquant une colorimétrie spécifique.

Une dernière astuce très facile à mettre en place pour accentuer encore l’effet cinéma de votre montage, c’est d’utiliser le format 2.35 au lieu de 16/9. Cela revient à ajouter des bandes noires en haut et en bas de l’image ou à rogner votre format d’origine. Vous masquez donc certaines informations enregistrées, mais en contrepartie, ce format renforce l’impression cinématique donnée par votre montage. Si vous souhaitez exporter votre montage dans ce format, pensez à activer les guides d’affichage sur votre caméra afin de réaliser vos cadrages en fonction de ce format 2.35.

En résumé

Pour réaliser une vidéo cinématique, il y a donc cinq principaux paramètres à prendre en compte :

  • utiliser une vitesse d’enregistrement à 24/25p dans la qualité maximum de la caméra ;
  • régler la vitesse d’obturation au 1/50 ;
  • utiliser une grande valeur d’ouverture (1.4 ou 1.8) pour obtenir une grande profondeur de champ ;
  • positionner la sensibilité ISO dans la valeur nominale du boîtier ;
  • régler la balance des blancs manuellement.
Avatar de Lucien de MissNumerique
Auteur

Photographe, auteur et formateur. Il est un grand spécialiste de l'industrie de l'image. La photo et la vidéo n'ont pas de secret pour lui.

3 Commentaires

  1. Avatar de Lucien de MissNumerique

    Merci pour ces informations. Pouvez vous me dire à quoi correspond la « valeur nominale du boîtier » pour les iso. Ou l’obtenir ou comment la calculer, merci pour votre retour.

  2. Avatar de Lucien de MissNumerique

    Si je peux me permettre, il y a une petite erreur lorsque vous dites : « C’est sur ce point qu’intervient le paramètre de l’ouverture : il faudra privilégier une grande profondeur de champ afin d’isoler votre sujet du reste de la scène. »

    Si l’on veut isoler le sujet, il faut utiliser une Petite profondeur de champ, ce que d’ailleurs vous confirmez en préconisant une grande ouverture (f1.4, f1.8 ou f2.8)

    Cordialement 🙂

    • Avatar de Lucien de MissNumerique

      Bonjour Michel,
      En effet, merci de votre retour, nous modifions ça de suite !
      A très bientôt sur notre blog,
      L’équipe Miss Numerique

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