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En photo, le choix du codec d’enregistrement est assez limité : on oscille la plupart du temps entre le format JPG et le format Raw. En vidéo, le choix est un peu plus large : MPEG-1, MPEG-2, MPG-4, H264, H265, RAW, ProRes, ProRes Raw, Motion jpep, etc.

À quoi servent donc ces codecs, pour quels usages sont-ils conçus et lequel choisir ?

Ne pas confondre conteneur et codec !

Les vidéos numériques sont contenues dans des fichiers. Ces fichiers sont appelés des « conteneurs ». L’extension de ces fichiers permet souvent d’en déterminer le type. Les conteneurs les plus courants sont le MP4, le MOV, l’AVI et le MXF. Le conteneur MXF est généralement utilisé dans les gammes de caméras professionnelles de constructeurs comme Sony ou Panasonic.

Ces conteneurs sont des « boîtes » ou des « classeurs » comprenant plusieurs éléments : piste vidéo, pistes sons, timecode ou sous-titres. Le but du conteneur est de synchroniser l’ensemble des éléments qu’il renferme.

On ne peut donc pas connaître le codec d’une vidéo à partir de l’extension de son fichier : un fichier .avi et un fichier .mov, par exemple, pourraient utiliser le même codec pour l’encodage de la piste vidéo.

Codecs vidéo : Canon EOS M6 Mark II.
Menu de sélection du format d’enregistrement du Canon EOS M6 Mark II. Photo : Lukmanazis / Shutterstock.

Qu’est-ce qu’un codec ?

Un codec est une procédure mathématique composée d’algorithmes qui sert à COder et à DECoder l’image (codec). Il permet de définir la façon dont les informations du capteur sont enregistrées et la stratégie avec laquelle les images peuvent être compressées et décompressées.

La taille d’un fichier vidéo 4K d’une minute est d’environ 50 Go. On comprend donc très vite quel est l’intérêt majeur de l’utilisation d’un codec : la compression. Pour cette même minute d’enregistrement 4K, l’utilisation du codec H264, par exemple, réduit la taille du fichier d’un facteur d’environ 27, soit une taille finale autour de 1,8 Go.

Mais, plus un codec est « sophistiqué », plus le décodage sera complexe et nécessitera une machine performante pour mener à bien cette tâche. Parallèlement, plus la compression est importante, plus la perte d’information peut être importante et rendre la postproduction difficile.

Pour réaliser cette optimisation, la plupart des codecs utilisent la compression spatiale : chaque image est compressée indépendamment des autres images ; on parle alors de codec « intra ». Pour une compression plus importante, les codecs les plus complexes ajoutent une compression temporelle : on parle alors de LONG GOP (GOP pour « Group Of Pictures », soit « long groupe d’images ») ; les codecs de ce type ne vont enregistrer qu’une seule image entière toutes les x images (souvent 12) et ne garder que ce qui a changé entre ces images.

Quel codec utiliser avec mon hybride ou mon reflex ?

Hérités de la norme HD, la plupart des modèles vous proposent l’AVCHD : c’est un codec très compressé basé sur le H264, limité à un débit de 28 Mbit/s et une définition de 1920 x 1080 pixels. Malgré son ancienneté, ce format a pour principal avantage d’offrir une grande compatibilité pour son exploitation.

Avec la généralisation du format 4K, c’est le codec H264 qui est devenu la norme et qu’on retrouve sur la plupart des boîtiers (exception faite des boîtiers Canon qui utilisent le Motion JPEG). Très performant, le H264 permet d’enregistrer des flux vidéo élevés sur des cartes SD en interne.

Mais d’ici quelques années, avec l’arrivée des formats 6K ou 8K, c’est le codec H265 qui devrait s’imposer. Principal atout de ce nouveau codec : il permet d’enregistrer dans des définitions plus élevées que le H264 – il est presque deux fois plus efficace que le H264. Il a déjà été implémenté dans le récent Panasonic Lumix S1H pour l’enregistrement 6K. L’inconvénient est que sa complexité va nécessiter une configuration puissante afin de pouvoir exploiter les enregistrements.

Le choix peut paraître compliqué quand vous accédez au menu de votre appareil, mais il s’avère qu’il est beaucoup plus limité qu’il n’y paraît, car en fonction de la définition, vous n’aurez qu’à sélectionner le débit qui va correspondre à un taux de compression. Plus le débit sera bas, plus la compression sera importante, et plus la qualité et la quantité des informations de l’image diminueront.

Si vous n’avez pas à enregistrer un événement long (en continu sur toute une journée, par exemple), nous vous conseillons d’opter pour le débit le plus élevé afin de vous laisser toute latitude quant à l’exploitation de vos rushs.

Codecs vidéo : Lumix S1H.
Liste des formats disponibles sur le Panasonic S1H – Crédit Panasonic.

Les codecs intermédiaires et le RAW

Comme on l’a vu précédemment, la plupart des hybrides ou DSLR utilisent un codec complexe pour leurs enregistrements en interne, la plupart du temps sur carte SD.

  • Quand vous souhaitez effectuer un montage, trois possibilités s’offrent à vous :
    soit vous montez en format natif, car votre machine est assez puissante et le montage n’est pas trop complexe ;
  • soit vous utilisez des proxys ;
  • soit vous transcodez votre rush avec un codec intermédiaire afin de faciliter le montage.

L’utilisation d’un codec intermédiaire va augmenter la taille de vos rushs, mais ils seront plus faciles à gérer par votre machine et vous permettront d’effectuer un montage en temps réel.

Avid propose le DNxHR, mais c’est surtout Apple avec le ProRes qui a démocratisé l’utilisation des codecs intermédiaires dans la post-production vidéo. Ces codecs sont déclinés sous différentes appellations correspondant à des débits différents (par exemple ProRes 4444, ProRes 422 HQ ou encore ProRes 422 LT).

Le codec RAW, apparu surtout sur les caméras à destination des productions cinématographiques (comme celles proposées par Red ou Arri), offre une énorme latitude pour la correction colorimétrique en post-production, mais présente l’inconvénient de générer des fichiers très volumineux et d’être très compliqué à décoder. C’est la raison pour laquelle on le trouve très rarement implémenté dans les hybrides ou reflex du marché. Seule Blackmagic propose avec ses caméras Pocket Cinema Camera 4K et Cinema Camera 6K un enregistrement en interne au format ProRes ou Blackmagic RAW.

Toutefois, si vous souhaitez disposer de ces codecs intermédiaires ou du format RAW pour vos tournages alors que votre caméra ou boitier ne le propose pas, vous pouvez vous tourner vers les moniteurs externes comme l’Atomos Ninja V et le BlackMagic Video Assist. Grâce à la prise HDMI de votre appareil, vous disposerez à la fois d’une aide à l’enregistrement – via le moniteur externe – et de codecs supplémentaires pour vos enregistrements, en particulier ces codecs intermédiaires ou éventuellement le format RAW en fonction des compatibilités de votre appareil (Nikon propose désormais le ProRes Raw sur sa gamme hybride Z).

Codecs vidéo : Nikon ProRes RAW.
Atomos Ninja V pour l’enregistrement ProRes RAW.

Lire aussi : Nikon LUT N-Log et Prores RAW
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Les codecs pour la diffusion

Une fois votre montage terminé, les choses peuvent se compliquer quand vous devez choisir votre codec pour exporter votre production. Il suffit de regarder la fenêtre de préconfiguration du logiciel Adobe Media Encoder pour avoir une idée de l’étendue des choix qui s’offrent à l’utilisateur.

Codecs vidéo : Adobe Media Encoder.
Liste des préconfigurations d’Adobe Media Encoder.

Le choix du codec va dépendre de l’usage et de la destination de votre production.

Quelques exemples :

  • pour exporter un DVD et un Blu-ray, vous devrez sélectionner le codec mpg2 ;
  • pour une chaîne TV, vous aurez peut-être à exporter votre fichier en MPEG-2, XDCAM HD ou DVCPRO HD 100 selon le cahier des charges précis de votre diffuseur ;
  • pour le cinéma, c’est un format DCP où le codec demandé est le JPEG 2000…

Mais, il est fort probable que votre export se destine plutôt au web et plus particulièrement aux sites de diffusion YouTube ou Vimeo ou aux réseaux sociaux.
Le choix se simplifie alors, puisque l’on revient au codec H264, omniprésent donc sur la chaîne de production et en particulier sur le web.

Le débit suggéré par les sites, par exemple YouTube, nous semble un peu faible (entre 8 Mbit/s et 12 Mbit/s pour du 1080p et entre 35 et 68 Mbit/s pour de la 4K). Ces plateformes vont réencoder les vidéos que vous téléchargez donc n’hésitez pas à monter le débit de vos vidéos HD à 40 Mbit/s et des 4K à 100 Mbit/s, afin de limiter au mieux la perte subie lors de l’encodage par la plateforme.
Si vous avez un poids limite à ne pas dépasser, la plupart des logiciels de montage vous indiquent la taille du fichier cible, en fonction du débit sélectionné.

En résumé

Sur votre appareil, il est préférable d’utiliser le meilleur codec possible avec le débit le plus élevé afin de vous laisser toute latitude pour l’utilisation de vos rushs.
En fonction de votre budget et de vos besoins, vous pouvez opter pour un enregistreur externe afin de disposer de codecs plus professionnels ou du format RAW. Enfin, pour exporter pour les plateformes de diffusion sur le web ou les réseaux sociaux, n’hésitez pas à augmenter le débit du codec H264 lors de vos exports.

Avatar de Lucien de MissNumerique
Auteur

Photographe, auteur et formateur. Il est un grand spécialiste de l'industrie de l'image. La photo et la vidéo n'ont pas de secret pour lui.

1 Commentaire

  1. Avatar de Lucien de MissNumerique

    Tout le monde parle des codecs ou formats « high efficiency » en ce moment. Ce qui m’intéresse c’est les codecs des photos qui remplaceront le jpg, préférablement 10 ou même 14-bit au lieu du 8-bit standard du jpg

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