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L’art du montage. Sur Instagram, l’artiste turc Uğur Gallenkuş aka @ugurgallen met en exergue les inégalités d’un monde à deux vitesses dans des photomontages saisissants. (Attention, certaines images peuvent être difficiles à regarder.)

Deux petites filles. Deux clichés. Même époque, même planète. L’une fière comme Artaban dans son costume de Wonder Woman. L’autre, les vêtements déchirés, le visage sale, bandage autour du crâne et tâches de sang. Tout les oppose – et pourtant. Pour mieux dénoncer les différences flagrantes entre un monde occidental apaisé et un Moyen-Orient en plein chaos, Uğur Gallenkuş a eu l’idée de fusionner ces deux photos en un seul collage numérique, hautement bouleversant, résolument politique et furieusement engagé. La mort et la vie. L’enfer et le paradis.

GUERRE ET PAIX

« Je vis à Istanbul, en Turquie » précise l’artiste. « Un pays qui se trouve être juste à côté d’une des régions les plus dangereuses du monde moderne. Le contraste entre ces territoires reflète pour moi deux mondes différents, ce qui m’a inspiré dans mon travail. Je rêve d’un monde en paix. »

La plupart du temps, les images de guerre proviennent d’agences officielles, comme Reuters ou AFP… Certaines ont fait le tour du monde ou marqué l’Histoire, comme celle du petit Aylan Kurdi, mort échoué sur la plage. Celle de l’assassin d’Andrey Karlov, celle du garçonnet soudanais agonisant devant un vautour. Les autres, symboles de paix, de sécurité et d’amour, sont surtout issues de banques d’images… Ou représentent des figures de notre société actuelle, de Freddie Mercury à Michael Jackson en passant par… Jésus.

«Auparavant, nous connaissions les problèmes via les journalistes. Maintenant, grâce aux médias sociaux et visuels, nous pouvons les communiquer très rapidement », expliquait Gallenkuş à My Modern Met. « Je suis un musulman. Les gens sont musulmans, chrétiens, juifs, etc. Cela n’a pas d’importance. Un humain est-il bon ou mauvais ? C’est tout ce qui est important. »

WE ARE THE WORLD

Sur Instagram, @ugurgallen, suivi par plus de 250K followers (et leur nombre ne cesse d’augmenter), enchaîne ainsi des clichés plus troublants les uns que les autres : bateau débordant de réfugiés collé à un yacht de luxe, haut de Beatles se baladant dans la rue et bas de pendus iraniens, bébé blondinet souriant et corps yéménite atrophié, salle de bain syrienne fusionnée à celle d’un 5 étoiles ensoleillé.

Evidemment, le résultat bouscule, les émotions s’entrechoquent, laissant parfois le spectateur mal à l’aise ou mal tout court… Et c’est bien là le but de leur auteur : rappeler à tout ceux qui veulent l’entendre, que le conflit syrien n’est pas qu’un vague entrefilet au journal de 20h. Que ces horreurs existent, subsistent, à quelques milliers de kilomètres de nous – contrastes douloureux, révoltants, affligeants, pour un constat qui l’est tout autant.

La beauté est dans l’oeil de celui qui regarde dit-on. Il semblerait bien que le reste le soit aussi.

Plus d’infos sur Uğur Gallenkuş aka @ugurgallen :
Instagram / Facebook

Auteur

Journaliste, Curieuse, Baroudeuse, Couteau Suisse. Passionnée par le cinéma, la littérature, la photographie et la contre-culture. Bref, lire, écrire et courir, mais pas les trois à la fois parce que ce n'est pas pratique.

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