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Les boîtiers photo filment et on est passé de l’argentique au numérique dans le son comme dans l’image. Le dernier maillon de la chaîne à se moderniser est donc la lumière, avec les torches LED.

Introduction : la genèse de la lumière LED

Ça ne fait pas si longtemps que la technologie LED s’est invitée dans l’éclairage des plateaux télé, de la fiction ou même de la photo. Au début, les premiers projecteurs LED n’avaient pas un rendu colorimétrique suffisamment précis pour rencontrer le succès. La plupart de ces éclairages pouvaient provoquer des dérives de teinte procurant ainsi des dominantes magenta ou vertes.

Tout ceci est bel et bien fini et la LED occupe de plus en plus de place en vidéo. Les avantages sont indéniables : très peu de dégagement de chaleur et très peu de consommation électrique. Sur un tournage en intérieur, la lumière incandescente ou même HMI a tendance à chauffer les décors plus efficacement que le meilleur des radiateurs. Ça peut être un avantage en hiver mais c’est vite problématique. Quant il fait trop chaud sur un plateau, les comédiens transpirent, le maquillage coule, bref, ça peut vite devenir un cauchemar.

La consommation électrique des projecteurs traditionnels nécessite aussi beaucoup de puissance électrique. Ainsi il est courant de faire appel à des branchements spéciaux ou même à des groupes électrogènes pour les tournages en extérieur. Alors que les torches LED les plus puissantes se branchent sur des prises domestiques 16 ampères ou sur batterie.

Par ailleurs il existe des modèles de toutes tailles dont certains sont très plats et même souples. On peut les accrocher au plafond d’une voiture avec un peu de gaffer par exemple. L’un des avantages des LEDs est donc leur basse consommation électrique et leur longévité.

La lumière LED a mis un peu de temps à se diversifier. Les premiers modèles étaient plutôt des panneaux composés de centaines de petites cellules LED cachées derrière une plaque de plastique, qui faisait office de diffuseur. Il aura fallu attendre quelques années pour voir arriver des projecteurs de plus grande puissance, proposant des flux lumineux plus directifs. L’éclairage LED arrive petit à petit à maturité et il rentre désormais souvent dans la liste de matériel demandée par les directeurs photo sur les tournages. De nombreux constructeurs se sont lancés dans l’aventure de ces éclairages nouvelle génération. Il y en a pour tous les goûts et à tous les prix.

Quels critères pour faire un choix ?

Précision importante : toutes les sources à LED ne sont pas équivalentes en terme de qualité de lumière. La qualité d’un éclairage pour la photo, la télé, le cinéma ou la vidéo d’une manière plus générale est très importante. Il existe des cellules LED de plus ou moins bonne qualité et ce n’est pas forcément au niveau de la puissance que ça se joue mais au niveau de la colorimétrie. Certains panneaux LED à bas prix peuvent induire, du fait de leur qualité, des variables colorimétriques les rendant quasi-inutilisables.

Rendu colorimétrique

Jusqu’à présent l’IRC (Indice de Rendu Colorimétrique) était le seul argument mis en avant par les constructeurs. Aujourd’hui ce sont les performances des projecteurs, notamment leur capacité à reproduire la saturation de certaines couleurs, qui sont les plus importantes. Car la plupart des fabricants parviennent à délivrer un IRC très correct. Un IRC supérieur à 95 sera donc un gage de qualité mais ne sera pas suffisant. Un mauvais rendu des rouges aura par exemple une incidence très importante sur les teintes de couleur chair de votre projet.

Pour aller plus loin, il existe des mesures plus précises, différents types d’IRC comme le IRC 8, IRC 15, le TLCI et le CQS par exemple. Le but de cet article n’étant pas scientifique, je m’arrête là. Mais pour les plus techniciens d’entre vous, je recommande l’article réalisé par la CST (Commission Supérieure Technique de l’image et du son). Il s’agit de l’organisme qui définit les normes liées au cinéma numérique en France. L’article date de 2016 mais il est très précis. Vous pouvez cliquer ici pour le télécharger.

Il existe donc des éclairages LED à température de couleur fixe. Il existe également des versions bicolores (soit lumière du jour, soit tungstène). Les projecteurs ou panneaux à température de couleur variable permettent de changer la température de couleur sur une plage qui peut être différente suivant les constructeurs. Et pour finir, on retrouve les modèles dits RVB. Ils offrent une large plage de réglage, en terme de température de couleur, mais permettent aussi de générer des vraies couleurs et de simuler les fameuses gélatines, que l’on utilise souvent en lumière.

J’aurais tendance à privilégier des projecteurs sur lesquels on peut régler la température de couleur. Vous aurez ainsi une plus grande latitude d’équilibrage, en cas d’utilisation de produits de différentes marques ou si vous panachez des la LED avec du HMI ou du Tungstène. Néanmoins les projecteurs de ce type sont souvent plus chers.

Alimentation électrique

L’autre critère important c’est la partie électrique. La plupart de ces éclairages s’alimentent sur le courant électrique ou par batterie, ce n’est malheureusement pas le cas de tous. A mon sens il est important d’avoir du matériel polyvalent. Pour les petites sources à fixer sur votre caméra, le type de batterie utilisée a son importance suivant le type de batteries que vous utilisez pour votre caméra. Si vous utilisez une caméra Sony, Panasonic ou Canon, par exemple, essayez de trouver une torche qu’il soit possible d’alimenter avec les mêmes batteries, sinon privilégiez les « standards » comme les batteries compatibles Sony NP-F ou LP-E6 Canon. Sur les projecteurs plus puissants, la possibilité de les alimenter via des batteries 12V en monture V-Lock ainsi que via un XLR 4 broches me parait un point important au moment de faire un choix. Ces critères ont aussi un impact sur la durée de vie de votre équipement : pensez à long terme.

Matériel qui a retenu mon attention

Aputure est l’un des fabricants qui a retenu mon attention depuis le début. Ils proposent des produits malins, très bien pensés et au rapport qualité/prix exceptionnel.

La gamme « COB » est doté d’un chipset LED unique, qui permet d’atteindre des puissances que l’on n’imaginait pas jusque-là. Leur particularité est qu’ils ont été conçus comme des flashs de studio, tels ceux qu’on peut utiliser dans un studio photo. Dotés d’un système de monture Bowens (un standard dans le monde de la photo), ces projecteurs permettent d’adapter bon nombre d’accessoires de diffusion et autre modeleurs. Le COB 300d est le plus puissant de la gamme, d’après le constructeur il offre la même puissance qu’un projecteur tungstène de 2KW. J’ai la chance de travailler depuis 2 ans avec la version moins puissante, le COB 120, sur lequel j’ai adapté différents accessoires : bol beauté, boîte à lumière octogonale. C’est un régal à utiliser autant en photo qu’en vidéo.

Les versions T ont une température de couleur calée à 3200° Kelvin soit l’équivalent de la lumière incandescente (T= Tungsten). Les versions D ont une température de couleur calée à 5600° Kelvin soit l’équivalent de la lumière du jour (D = Daylight). C’est une notion importante dans vos choix. J’aurais tendance à privilégier les projecteurs calés à 5600° K car les capteurs des appareils photo numériques sont en général plus a l’aise avec cette température de couleur, notamment sur les peaux.

Utilisation des projecteurs LED en Photo

En photo, utiliser l’éclairage en continu a l’avantage de ne pas avoir l’effet éblouissant du flash sur le modèle. En vidéo, j’ai la possibilité d’utiliser tous les modeleurs photo qui rendent ma lumière si belle. Aputure en propose plusieurs. Le « light dôme » existe en 2 version « normale » ou « mini ». Dans sa version normale, ce dôme permet d’avoir une belle diffusion, il est parfait pour éclairer une face avec une belle homogénéité et génère des ombres assez douces. Dans un autre style, le Space Light est aussi un accessoire très intéressant pour créer une lumière très diffuse. Placé en hauteur, au-dessus d’une scène, ça peut être un accessoire très pertinent.

Pour aller dans le sens opposé Aputure propose aussi une lentille de Fresnel afin de pouvoir focaliser le faisceau de lumière des COB. Ces projecteurs sont pilotables à distance via une télécommande sans fil jusqu’a 150 m et la même télécommande peut piloter 4 projecteurs. Ils peuvent être alimentés par des batteries en V Mount ou sur secteur.

Dans un tout autre style Aputure propose aussi des mini panneux LED dans leur série AMARAN. Le modèle AL-MW, quant à lui, est vraiment étonnant. Équipé d’une batterie intégrée, cette torche est particulièrement puissante pour sa taille. Elle propose un mode « boost » qui dope la luminosité de 30% pendant un temps limité de 1 minute. Son autonomie est à saluer car elle promet 1 h à pleine puissance et 24 h au minimum. Autre chose étonnante, c’est sa résistance à l’eau, elle est tout simplement étanche. Et elle se recharge par le biais d’un port USB.

Le LS 20 mini a aussi retenu mon attention : sa taille n’est pas proportionnelle à sa puissance et dans sa version kit 3 projeteurs, il peut être un compagnon idéal pour les interviews.

Au final il en existe de toutes les formes, de toutes les puissances, et à tous les prix, il ne vous reste plus qu’a faire vos choix…

Avatar de Emmanuel Pampuri
Auteur

Photographe, réalisateur touche à tout, passionné par les nouvelles technologies et celles qui sont liées à la création audiovisuelle en particulier. Je fais de la photo depuis l'âge de 8 ans. J'ai réalisé plus d'une centaine d'heures de programmes de captation de spectacles vivants, de concert, de clips, de documentaires, de pub et d'autres choses encore. J'ai aussi produit, j'anime une chaîne YouTube et un blog, j'enseigne, je travaille comme consultant et beta testeur pour les fabricants de caméras. Une vie bien remplie, riche d'expériences, de rencontres et de création !

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