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Pour survivre à des nuits empoisonnées par une paralysie du sommeil, le photographe américain Nicolas Bruno a choisi de reproduire ces moments d’horreur sur papier glacé. Le résultat est aussi beau qu’angoissant… 

Et si chacune de vos nuits ressemblaient à un film d’horreur co-réalisé par George Romero, Eli Roth et John Carpenter ? Et si, alors que vous êtes en plein cauchemar, votre esprit était conscient et votre corps, paralysé, ressentait pourtant tout ? Tel est le quotidien de Nicolas Bruno, 25 ans, jeune artiste bourré de talent installé du côté de North Port, New York, qui s’est mis à la photo comme on commence une thérapie.

Photo de Nicolas Bruno

Quand fermer les yeux est un calvaire. Une terreur sourde, entière, sans limite. Impossible de faire le moindre mouvement, de parler, de crier, de lutter. Une angoisse infinie. Ressentir la mort, l’étouffement, la noyade, l’oppression, l’enfermement… Ces douces sensations, le jeune homme les connaît bien : depuis qu’il est haut comme cinq boitiers étanches, Nicolas Bruno souffre de paralysie du sommeil – un trouble qui éveille l’esprit en plein rêve et maltraite le sujet à grand coup d’hallucinations de toutes sortes, silhouettes cauchemardesques flottant autour du lit incluses. Disons, pour résumé, que le premier épisode de la saison 7 de Walking Dead, à côté d’une nuit de Nicolas Bruno, c’est Martine au pays des Bisounours.

NUIT ET BROUILLARD

Rapidement, il comprend qu’il doit apprendre à vivre avec ses expériences hallucinatoires plutôt que de les fuir à tout prix. Alors il les prend en note, les dessine, les mélange, les combine, puis la photo s’impose pour leur donner vie : il expliquera plus tard que mettre en scène ces tableaux, c’est avoir la possibilité de prendre (enfin) le contrôle sur des visions qui le hantent constamment. C’est l’aider à moins appréhender la nuit, à avancer le jour. Et à faire la lumière sur un trouble encore terriblement méconnu – même si l’on trouve des traces de ce mal depuis le Moyen-Age, dans l’art, les écrits ou le folklore.

Photo de Nicolas Bruno

Alors, forcément, chez Nicolas Bruno, il y a un symbole derrière chaque masque, chaque décor, chaque objet. Même les matières utilisées représentent un sentiment, une sensation. La corde, le métal, l’eau, la lumière… Il joue avec chaque élément pour renforcer la symbolique, multiplier les interprétations, pousser à la réflexion. Parfois, il rejoue la scène exacte de son rêve, d’autres fois il combine plusieurs cauchemars. Jamais de mannequins professionnels : sous le masque, le drap ou les cheveux se cachent ses amis, ou souvent, lui-même. Le tout baignant dans une ambiance gothique-néo-romantique noir du début du XIXe… En résulte une beauté froide, intrinsèque, cauchemardesque, et cette sensation de découvrir l’intime, ce qu’habituellement l’on tait et que l’on garde caché – la photographie comme une mise à nu totale de l’esprit.

SEUL AU MONDE

Côté technique, Nicolas Bruno est souvent seul sur ses shootings. Après un long travail de préparation en amont (décors, costumes, mise en scène, repérages, lumière adéquate), il pose son Nikon D810 équipé d’un objectif AF Nikkor 50mm f/1.8D sur un trépied, et garde le déclencheur ouvert… Ce qui lui permet de prendre des photos en continu. Ainsi, il peut changer de costumes, de places, d’actions, sans avoir à toucher à son appareil. Suit ensuite un travail minutieux sur Photoshop, et voilà comment le monsieur réussit à (tout) faire en quasi-solo…

Pour son nouveau projet, en revanche, Nicolas Bruno semble vouloir aller encore plus loin : via Facebook, il collecte les témoignages d’autres personnes souffrant comme lui de paralysie du sommeil, avec toujours en tête cette idée de mettre en avant ce symptôme terrible mais encore peu médiatisé. On ne vous cache pas que l’on a hâte de voir ça.

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Auteur

Journaliste, Curieuse, Baroudeuse, Couteau Suisse. Passionnée par le cinéma, la littérature, la photographie et la contre-culture. Bref, lire, écrire et courir, mais pas les trois à la fois parce que ce n'est pas pratique.

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