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Le Panasonic GH6 est le nouveau sommet de la gamme Lumix G. Il suit d’une semaine l’OM-1 d’OM System, qui prétend lui aussi au titre de porte-étendard du système Micro 4/3. Mais la similitude s’arrête là : si celui-ci mise autant sur la photo que sur la vidéo, le nouveau Panasonic se destine pour sa part avant tout aux images animées. Avec comme arguments phares le tournage en 5,7K, la 4K jusqu’à 120 im/s, l’enregistrement audio sur quatre canaux et une liste d’options vidéo à faire pâlir les caméras professionnelles.

GH6, huitième d’une lignée de vidéastes

Lancé en 2009, le Panasonic GH1 était le premier appareil destiné indifféremment à la photo et à la vidéo. Selon les standards de l’époque, sa Full HD à 24 im/s avec autofocus continu et son stéréo, enregistrée en AVCHD, n’avait rien à envier aux caméscopes haut de gamme. Les modèles suivants ont systématiquement mis en avant de nouvelles possibilités dans ce domaine. Ainsi, le GH4 fut le premier appareil hybride capable de filmer en 4K (DCI ou UHD). Avec une poignée optionnelle, il pouvait aussi recevoir des micros XLR et un enregistreur SDI. Plus récemment, le GH5 a subi deux évolutions différentes. D’une part, le GH5S, optimisé pour la sensibilité grâce à un double ISO natif et à une définition réduite, au détriment des capacités en photo. D’autre part, le GH5 II, plus polyvalent mais moins performant en basse lumière.

Dessus du Panasonic GH6
L’ergonomie évolue en douceur, avec notamment un nouveau bouton dédié au son.

C’est de celui-ci que le GH6 prend la suite. Mais il emprunte certaines caractéristiques du GH5S, notamment le double ISO natif. Il combine ainsi bruit numérique réduit dans les ombres et plage dynamique étendue, atteignant 13 IL en V-Log. Comme ses prédécesseurs, il filme naturellement en 4K DCI ou UHD, de 24 à 60 images par seconde. L’échantillonnage est bien entendu possible en 4:2:2 sur 10 bits. La compression se fait en H.264 ou H.265, par groupes d’images (Long GOP) ou image par image (All-Intra), avec un large choix de débits.

GH6 avec mixette XLR1 et deux micros

La mixette optionnelle DMW-XLR1 permet de brancher deux micros XLR, qui s’ajoutent aux micros intégrés pour enregistrer le son sur quatre canaux. Tout cela paraît presque naturel aujourd’hui, et de nombreux hybrides offrent des possibilités similaires.

Pour aller plus loin : 5,7K, 1080p jusqu’à 300 im/s…

Bien entendu, le GH6 propose également un enregistrement RAW, plus précisément en ProRes 422 HQ. Mais alors il dépasse largement ses aînés : il filme en effet en 5,7K. Plus précisément, l’image fait 5728×3024 px : les proportions sont les mêmes qu’en 4K DCI. La cadence plafonne à 30 im/s, mais le débit atteint déjà près de 2 Gbps !

Le mode 5,7K est également proposé en H.265, en 4:2:0 sur 10 bits, et il est alors possible de filmer à 60 im/s, avec un débit de 300 Mbps. Plus étonnant, un mode 5,8K au format 4:3 (5760×4320 px) jusqu’à 30 im/s est également disponible. Il est en fait destiné aux tournages avec des objectifs anamorphiques, afin de profiter au mieux de leur résolution verticale et de leur rendu CinemaScope. La stabilisation mécanique dispose d’ailleurs d’un mode dédié aux optiques anamorphiques, avec une compression horizontale allant de 1,3 à 2.

La ventilation permet de filmer en continu
Comme tous les boîtiers vidéo modernes, le GH6 dispose d’une ventilation intégrée pour filmer sans limite de durée.

Enfin, pour les amateurs de ralentis, il est possible de pousser à 120 im/s en 4K. Quant au mode ralenti Full HD, il peut grimper jusqu’à 300 im/s ! De quoi saisir le moindre détail de la frappe d’une balle…

Nous ne listerons pas toutes les combinaisons possibles : les modes vidéo emplissent à eux seuls plus d’une page de la fiche technique. N’hésitez pas à consulter celle-ci si vous recherchez un détail spécifique !

Une ergonomie optimisée pour filmer les autres ou se filmer

Sur le plan esthétique, Panasonic n’a pas révolutionné sa recette, qui évolue par petites touches depuis le GH3. Le GH6 est donc un hybride classique, avec un viseur électronique fixe, un écran orientable, deux molettes, une roue codeuse… Notez d’ailleurs que l’écran, avec ses 7,5 cm et ses 1840 kpts, et le viseur, avec 3,68 Mpt et un grossissement équivalent à 0,76×, sont identiques à ceux du GH5 II.

Face avant du GH6
Le deuxième déclencheur vidéo est placé à côté de l’objectif.

Néanmoins, une retouche ergonomique mérite d’être notée : le GH6 est conçu pour être utilisé indifféremment de face ou de dos. Il dispose d’un second déclencheur en façade, permettant de lancer le tournage face à l’objectif. Et il intègre logiquement deux témoins d’enregistrement, devant et derrière le boîtier. Le capot supérieur voit également apparaître une touche « Micro », permettant d’accéder aux informations d’enregistrement du son. À ce sujet, le GH6 permet de choisir le canal renvoyé sur la sortie casque, ce qui facilitera le travail des reporters.

CF Express type B, la rupture du GH6 ?

Nous l’avons dit, le débit d’enregistrement peut atteindre 1903 Mbps en vidéo RAW. Aucune carte SD ne peut avaler une telle quantité de données. Panasonic a donc dû opter pour un autre format : le GH6 dispose d’un port CFexpress type B. C’est le premier appareil Micro 4/3 à adopter ce type de carte mémoire. Notez que, contrairement à Sony, Panasonic n’a pas réalisé de port double format : le premier emplacement ne peut accueillir qu’une CFexpress B, et le second ne peut héberger qu’une SD. Le port polyvalent CFexpress A / SD de l’Alpha 7 IV est beaucoup plus souple d’emploi.

Ports des cartes CFexpress type B et SD

Les autres mises à jour du GH6 sont, elles, rétro-compatibles. Le port USB-C passe au standard « gen 2 » (transferts jusqu’à 10 Gbps), le Bluetooth adopte la version 5, le HDMI est désormais 2.1…

Le GH6, un appareil photo malgré tout

Comme tout Lumix GH qui se respecte, le GH6 met donc l’accent sur la vidéo. Pour autant, il reste polyvalent et performant en photo. Il capture des images de 25 MP : c’est la meilleure définition disponible en Micro 4/3 — OM System étant resté à 20 MP sur son OM-1. En revanche, Panasonic ne dépasse pas 25600 ISO. La stabilisation peut compenser jusqu’à 7,5 IL, une performance excellente et comparable à son adversaire.

Protection tout-temps du GH6
La protection anti-ruissellement est naturellement toujours présente.

La rafale est peu moins rapide que chez OM System : le Lumix GH6 se contente de 75 im/s, ce qui devrait déjà largement combler les plus exigeants. Le tampon de 200 images est en revanche plus généreux que sur l’OM-1. Notez qu’il faudra descendre à 8 im/s pour profiter de l’autofocus continu : c’est une différence importante face aux 50 im/s de l’OM-1. Enfin, en obturation mécanique, il faudra compter un maximum de 14 im/s.

En conclusion, les adeptes du Micro 4/3 plutôt orientés vers la photo préféreront sans doute l’OM System OM-1. Mais pour ceux qui recherchent un maximum de possibilités en vidéo, le Panasonic GH6 est incontournable.

Prix et disponibilité

Le Panasonic GH6 sera disponible en mars aux tarifs suivants :

Panasonic Lumix GH6 nu : 2199 €

Panasonic Lumix GH6 + 12-60 mm : 2799 €

Notez qu’une carte mémoire Lexar CFexpress B de 128 Go est offerte en cas d’achat d’ici avril.

Avatar de Franck Mée
Auteur

Traducteur, journaliste, pilote privé. Passionné de photo et de cinéma, docteur en binge-watching, mais surtout fasciné par tout ce qui vole, du martinet au Boeing 747. Considère qu'un 200 mm, c'est un grand-angle.

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