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Au premier coup d’oeil, la question se pose. Forcément. Photographie ou tableau ? Pixel ou peinture à l’huile ? Effets d’optique ou pure réalité ? Depuis plus de trente ans, la photographe canadienne Barbara Cole joue avec les éléments pour sublimer les corps. Le résultat est fascinant.

Difficile à croire lorsque l’on regarde ses travaux, et pourtant : Barbara Cole est autodidacte. A 19 ans, au début des années 80, elle quitte le système scolaire habituel pour s’occuper des pages Mode du Toronto Sun… Et c’est ainsi, un peu sur le tas, qu’elle découvre la photographie, l’ambiance des shootings, le mannequinat, la préparation des clichés, les décors, l’importance de la lumière. Elle se prend alors de passion pour la mise en valeur des corps, la composition des images, les jeux de reflets. La jeune fille a trouvé sa voie – avec en maitre-mot, l’expérimentation.

« Je suis une peintre qui utilise des outils photographiques traditionnels »

Photo de Barbara Cole, extrait de la série Underworld
© Barbara Cole

Car tout au long de sa carrière, elle n’aura de cesse d’explorer ce nouveau monde des possibles. Capter la réalité en jouant sur la perception. Alors, elle retravaille ses polaroids, ajoute des textures, expérimente les capacités de la pellicule. Elle superpose des clichés réalisés au collodion humide avec des photos iPhone, ajoute une touche de couleur à la main… Reprend l’esthétique de clichés pris dans un jardin anglais vingt ans auparavant, et l’utilise comme toile de fond de ses tableaux vivants.

« Mon travail est hybride »dit-elle. Tu m’étonnes. N’empêche, contrairement à ce que l’on pourrait croire de prime abord, elle évite au maximum les logiciels de retouche – même si elle est désormais passée aux appareils photos numériques.

THE SHAPE OF WATER

En 2002, Barbara Cole a une révélation. Adepte de natation depuis son plus jeune âge, elle a toujours été troublée par la manière dont l’eau fait se refléter la réalité. « L’eau est l’ingrédient essentiel de la vie. Sa double nature est fascinante. Il est calme et féroce, doux et fort, incarnant cette collision entre le réel et l’irréel que je cultive depuis longtemps dans mon travail. »

Photo de Barbara Cole, extrait de la série Duplicity
© Barbara Cole

Commence alors une série où elle utilise l’eau comme lentille pour capturer le monde. Modèles et danseurs sont immergés dans des piscines, elle-même et son matériel aussi. Les conditions ne sont pas toujours simples… Par exemple, pour sa série « Miroir d’eau », son modèle est allongé au fond de l’eau… Chaque photo nécessite donc d’avoir été pensée, testée et travaillée avant la prise de vue. « Je travaille chaque toile avec une boîte à outils qui comprend des nuages, des reflets, des feuilles de plastique, des personnages enveloppés de tissu mais aussi avec l’ouverture, la vitesse d’obturation et l’éclairage artificiel. »

LA VIE AQUATIQUE

En résulte des corps qui semblent légers comme des plumes de cygnes, toujours en mouvement, flottant quelque part entre figuration et abstraction, à la manière du travail des impressionnistes de l’époque. Comme enveloppés de romantisme et de délicatesse… « Sous l’eau, il y a un sens modifié de la réalité. La matière devient fluide et les figures humaines deviennent des formes abstraites, leurs proportions redéfinies. Le mouvement est ralenti comme pour être savouré, le monde extérieur se transforme en un paysage de rêve lointain. Voir à travers l’eau plutôt que dans l’air me fait revivre la nature de ma relation avec mon environnement. »

Photo de Barbara Cole, extrait de la série Duplicity
© Barbara Cole

Aujourd’hui, son travail est reconnu mondialement, et ses photos régulièrement exposées aux quatre coins de la planète. Barbara Cole, elle, continue toujours d’expérimenter… Un travail somptueux que vous pouvez suivre sur son site web, avec notamment des vidéos coulisses des shooting. Ne nous remerciez pas, c’est cadeau.

Auteur

Journaliste, Curieuse, Baroudeuse, Couteau Suisse. Passionnée par le cinéma, la littérature, la photographie et la contre-culture. Bref, lire, écrire et courir, mais pas les trois à la fois parce que ce n'est pas pratique.

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