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Les flashs ont désormais disparu des appareils photo, hormis en entrée de gamme. Pour ajouter de la lumière à la scène sans passer par une valise d’éclairage complète, un flash externe est donc indispensable. Mais entre les gammes des constructeurs, les compatibles, les différentes têtes, il est parfois difficile de s’y retrouver. Apportons donc un peu de lumière sur ce sujet…

Un flash, c’est quoi ?

« Flash » signifie « éclair » en anglais. Un flash est donc destiné à produire une brève lumière afin d’éclairer fugacement une scène. La durée de l’éclair est généralement de l’ordre du millième de seconde : un flash peut donc servir à figer l’action aussi sûrement qu’une obturation ultrarapide. C’est pourquoi de nombreux photographes de sport utilisent des flashs même en plein jour. La vitesse d’obturation n’influence alors pas le rendu du sujet, mais seulement de l’arrière-plan. Si vous voulez réaliser des filés dans des situations où la lumière manque, vous aurez besoin d’un éclairage continu tel qu’une torche.

Les caractéristiques de base : nombre-guide, champ…

Un flash produit donc un éclair. Comme toute lumière, il faut connaître les caractéristiques de celui-ci pour pouvoir paramétrer son appareil. C’est d’autant plus important que, contrairement aux éclairages continus, aucun aperçu en direct n’est possible.

Flashs Canon EL-100, 430 EX-AI, 600EX II-RT et EL-1
La puissance est liée au volume : le Canon EL-100 (NG=26) est plus compact que le 470EX-AI (NG=43), lui-même moins encombrant que le 600EX II-RT ou le EL-1 (NG=60).

Le nombre-guide (NG) sert à calculer la portée d’un flash. Il s’agit de la distance (généralement en mètres) à laquelle il fournit une exposition standard à 100 ISO avec un objectif ouvert à f/1. Si vous fermez le diaphragme, il faut diviser le nombre-guide par l’ouverture pour obtenir la portée réelle. Par exemple, avec un NG de 40 et une ouverture à f/4, la portée sera de 10 m.

Si vous augmentez la sensibilité, la portée augmente avec la racine de l’ISO ; il faut donc 2 valeurs ISO pour doubler la portée. Pour reprendre notre exemple (NG de 40 et objectif à f/4, la portée étant donc de 10 m à 100 ISO), une valeur de 400 ISO donne une portée de 20 m, et il faut pousser à 1600 ISO pour photographier à 40 m.

Tableau du nombre-guide selon la focale
Évolution du nombre-guide du Sony F60RM selon la focale. Aux grands angles, il ne dépasse pas 25 à 30.

Attention, le nombre-guide annoncé est un maximum. La plupart des flashs ont une tête zoom, qui concentre l’éclair lorsque vous utilisez une longue focale. Cela évite de gaspiller de l’énergie en illuminant des zones qui ne seront pas sur la photo. Mais cela implique aussi que leur nombre-guide est beaucoup plus faible au grand-angle, lorsque l’éclair est réparti sur une surface bien plus grande.

Cela nous amène au champ couvert. La plupart des flashs sont capables d’éclairer le champ d’un 24 ou d’un 28 mm (en 24×36). Beaucoup intègrent un diffuseur à déployer pour les focales plus courtes. Si vous photographiez souvent au grand-angle, vérifiez le champ couvert et le nombre-guide à votre focale favorite !

La compatibilité des flashs

Depuis que Sony a abandonné la fixation spécifique héritée de Minolta, tous les appareils utilisent le même support : la griffe ISO 518. Mais il y a une limite importante : la partie standard de cette griffe ne détermine que la synchronisation. À l’époque, les réglages étaient entièrement manuels !

Tous les constructeurs ont donc ajouté divers contacts pour permettre à l’appareil photo d’échanger des informations avec le flash : focale utilisée, puissance demandée, nombre d’éclairs, fin du rechargement, etc.

Flashs Godox TT350, TT685 et V860 II
Les flashs Godox (ici les TT350, TT685 et V860 II) sont déclinés en versions compatibles Canon, Nikon, Sony, Pentax, etc.

De plus, chaque fabricant a développé son propre système de flash sans fil. Celui-ci est très utile pour placer librement l’appareil et, par exemple, créer un éclairage plus latéral qui fera ressortir relief et textures ou équilibrera un portrait. Certains utilisent des communications optiques, d’autres un signal infrarouge ou radio…

Aussi, comme pour les objectifs, vous aurez besoin d’un flash spécifiquement compatible avec votre boîtier. Canon, Nikon, Fuji, Sony, Panasonic, Pentax… Chacun a sa propre « monture flash ». Et comme pour les objectifs, il existe des fabricants tiers qui proposent le même modèle dans différentes versions selon l’appareil visé. Godox, Profoto ou Hahnel proposent ainsi des flashs pour tous les appareils photo.

Les fonctions avancées : multiflash, HSS, stroboscope…

Nous avons parlé de lier un flash à un appareil (physiquement ou sans fil) pour éclairer une photo. Mais les systèmes flash modernes peuvent aller beaucoup plus loin. Ils permettent d’associer plusieurs flashs, par exemple pour équilibrer un portrait avec un éclairage latéral et un flash secondaire de l’autre côté. Ils peuvent enchaîner plusieurs éclairs à la vitesse de votre choix pour créer un cliché stroboscopique qui décompose un mouvement.

Dos des flashs Nikon SB-500, SB-5000 et SB-700
Les interfaces des modèles d’entrée de gamme (Nikon SB-500 à gauche) sont plus accessibles que celles des flashs avancés (SB-5000 au centre). Notez que le SB-700 (à droite), plus ancien mais toujours disponible, propose presque toutes les fonctions du SB-5000 : c’est un excellent rapport qualité-prix.

Les flashs actuels peuvent aussi dépasser les limites de synchronisation des appareils photo. Chaque boîtier a en effet une vitesse maximale, au-delà de laquelle il n’expose plus la totalité du capteur à un instant donné mais fait défiler les deux rideaux simultanément. Cette vitesse de synchronisation est généralement située entre 1/250 s et 1/400 s. Les modes « synchronisation haute vitesse » (HSS pour hi-speed sync) permettent au flash d’émettre une rafale d’éclairs soigneusement calibrée pour suivre le mouvement des rideaux, afin de photographier au flash jusqu’à 1/4000 s. Vous pouvez ainsi, par exemple, assombrir spectaculairement l’arrière-plan, même en plein jour, pour faire ressortir le sujet. Revers de la médaille : l’éclair est alors beaucoup moins puissant…

Le plus courant : le cobra classique

C’est le modèle de flash le plus répandu. Il est simple, relativement compact, abordable, et déjà très performant. Sa forme le destine à être fixé directement sur l’appareil, mais la plupart des modèles actuels peuvent également être déportés. Selon les systèmes, vous pourrez avoir besoin d’un deuxième flash ou d’un module dédié placé sur l’appareil pour assurer les communications entre le boîtier et l’éclairage.

Le cobra est généralement alimenté par piles ou accus au format AA. C’est un avantage sur le terrain : même au fin fond du Pérou, vous trouverez facilement des bâtons pour tirer quelques dizaines d’éclairs de plus. Mais cela limite le nombre de déclenchements et la puissance disponible. Il faut bien souvent changer les piles après quelques dizaines d’éclairs. Et, à pleine puissance, ils prennent plusieurs secondes pour se recharger.

Comparaison du Pentax AF 201 FG et du Canon Speedlight 600EX II RT
Les cobras sont très variés, du minuscule Pentax AF 201 FG (destiné à déboucher simplement une ombre) à l’imposant Canon Speedlight 600EX II RT (qui propose toutes les fonctions possibles pour ce type de produit).

Chaque constructeur d’appareils photo propose plusieurs modèles de cobras. Les plus compacts ont un NG de l’ordre de 20. Leur tête est orientable verticalement. Vous pouvez donc faire rebondir l’éclair sur le plafond pour obtenir une lumière plus douce et enveloppante. En revanche, ils peuvent être dépourvus des fonctions plus avancées (multiflash, lumière de modelage, etc.).

Gamme de flashs Sony F28RM, F45RM et F60RM
La gamme Sony est typique avec ses trois flashs : le compact F28RM et les plus complets F45RM et F60RM.

Ensuite, vous trouverez typiquement un modèle aux fonctions plus complètes, d’un NG de l’ordre de 45. Sa tête orientable sur deux axes offre plus de souplesse pour régler et orienter l’éclair. C’est particulièrement pratique pour l’installer sur un trépied. Cependant, sa puissance peut s’avérer limitée pour photographier à distance. Les adeptes de la photo sportive, qui restent à plusieurs mètres des athlètes ou des véhicules, se tourneront donc vers le sommet de gamme, dont le NG atteint 60 aux longues focales.

Plus avancé : le cobra de studio

Le cobra classique a un important inconvénient : la forme de sa tête. Ce rectangle lumineux crée des ombres disgracieuses, peu homogènes. Les portraitistes utilisent donc souvent des diffuseurs ou des réflecteurs pour pallier ce problème, mais c’est autant de matériel à transporter. Un rouleau de gaffeur n’est pas de trop, les cobras n’intégrant souvent pas de supports d’accessoires. Et la puissance disponible diminue. Autre solution : les flashs de studio, dont la tête ronde, le grand réflecteur et la gamme d’outils de modelage assurent un rendu bien plus subtil… Mais alors, il faut une valise dédiée à l’éclairage !

Fixation d'accessoires sur le flash cobra de studio Godox V1
Comme les flashs de studio, ces cobras intègrent un support d’accessoires. Des kits avec gélatines colorées et modeleurs sont disponibles.

Depuis quelques années, Profoto et Godox ont donc exploré une voie médiane : le cobra à tête ronde. L’éclair est plus compact que celui d’un flash de studio, mais il reste parfaitement circulaire. Les ombres sont donc un peu « dures », mais homogènes. Des fixations intégrées permettent d’installer des diffuseurs ou des filtres.

Comme les flashs de studio, ils comportent également une lampe pilote. Il s’agit d’un éclairage continu peu puissant, mais suffisant pour visualiser où tombera la lumière. Vous pouvez ainsi placer vos flashs et vos sujets et juger de la composition, avant de profiter de la puissance de l’éclair pour photographier.

Profoto A10 et Godox V1
Le Profoto A10 (à gauche) existe en quatre versions, pour les boîtiers Canon, Nikon, Sony et Fujifilm. Le Godox V1 (à droite) supporte les mêmes marques, plus Olympus/Panasonic et Pentax.

Alimentés par batterie, les Profoto A10 et A1X et les Godox V1 se rechargent bien plus vite que leurs cousins à piles. Ils peuvent également produire plusieurs centaines d’éclairs à pleine puissance sur une seule charge. En revanche, n’espérez pas trouver de quoi les alimenter dans n’importe quelle boutique du bout du monde !

Les cobras de studio offrent donc une plus belle lumière, de meilleures possibilités de modelage et un fonctionnement plus rapide. Le prix à payer est leur encombrement supérieur et leur alimentation plus exigeante. Ils s’adressent donc plutôt aux utilisateurs qui préparent soigneusement leurs sessions. Si vous cherchez un flash à garder dans votre sac « au cas où », un cobra compact classique est peut-être préférable.

Les spécialistes : les flashs annulaires

Nous finirons ce tour d’horizon avec des flashs spécialisés, mais encore accessibles : les annulaires. Comme leur nom l’indique, la zone d’éclairage est un large anneau. Ils se destinent principalement à la macrophotographie. La faible distance de prise de vue explique leur nombre-guide généralement limité, entre 14 et 20. En effet, même avec un diaphragme à f/11 (courant en macro), un NG de 16 suffit à éclairer un sujet jusqu’à 1,5 m — à 100 ISO seulement !

Flashs macro Canon MR-14EX II et Nikon R1C1
Canon et Nikon ont choisi deux options différentes : le vrai annulaire (plus homogène) et l’assemblage de plusieurs têtes (plus souple d’emploi).

En revanche, ils éclairent une large surface et donnent donc une lumière extrêmement homogène. Trop, même, pour certains utilisateurs : les ombres totalement enveloppantes peuvent créer des images plates. Les flashs macro modernes permettent donc de n’illuminer qu’une partie de l’anneau. L’éclairage reste alors enveloppant, mais il est aussi latéral et fait ressortir relief et textures.

Nissin MF18 et Godox ML-150
Nissin et Godox proposent des flashs annulaires compatibles avec différentes marques d’appareils.

Comme le 100 mm macro se révèle souvent une excellente optique à portrait, le flash annulaire peut être utilisé pour photographier des visages. Il offre un rendu homogène à 1,5 m ou 2 m, et éclaire très peu l’arrière-plan. Cependant, si le portrait est votre passion, un cobra de studio vous offrira plus de souplesse : vous pourrez jouer sur l’orientation de l’éclairage, associer plusieurs flashs, ajouter des accessoires, etc.

Notez que nous plaçons dans cette catégorie les systèmes macro à plusieurs têtes, tels que le Nikon R1C1 et le Canon MT-26EX-RT. Sans être annulaires à proprement parler, ils offrent des performances similaires et s’utilisent de même.

Et les flashs ultraspécialisés ?

Le monde du flash comporte bien d’autres options spécialisées. Les plus connus sont les torches flash de studio. Leur énorme tête assure un éclairage très homogène et une puissance spectaculaire. Mais elles ont besoin d’une alimentation externe, de pieds, de réflecteurs… Un ensemble coûteux et encombrant qui n’a de sens que pour les professionnels. Il existe également des systèmes dédiés à un type de photographie particulier. Par exemple, des flashs à LED conçus pour photographier un objet à un instant précis, pilotés par une barrière laser pendant que l’appareil photo est réglé en pose longue.

N’hésitez donc pas, si vous cherchez des produits spécifiques, à fouiller les pages consacrées au matériel d’éclairage sur notre site. Mais si vous cherchez des produits relativement généralistes, capables de couvrir un large éventail de styles courants, les flashs cobras et annulaires vous accompagneront déjà loin sur la voie de l’éclairage artificiel.

 

Les différents flashs : 
Canon Speedlite EL-100 flash cobra
Canon flash Speedlite 470EX-AI
Canon flash Speedlite EL-1
Canon flash Speedlite 600EX II-RT
Sony HVL-F60RM flash radio GN60
Godox mini flash cobra TT350N HSS 2.4 GHz
Godox flash cobra TTL II Speedlite TT685S
Godox Kit flash cobra E-TTL V860II-C
Nikon flash cobra SB-500
Nikon SB-5000 flash cobra
Nikon SB-700 flash cobra
Pentax flash cobra AF 201 FG
Canon flash Speedlite 600EX II-RT
Sony HVL-F28RM flash cobra
Sony Flash cobra NG 45 Radio commandé
Sony HVL-F60RM flash radio GN60
Flashs Godox V1
Flashs Profoto A10
Avatar de Franck Mée
Auteur

Traducteur, journaliste, pilote privé. Passionné de photo et de cinéma, docteur en binge-watching, mais surtout fasciné par tout ce qui vole, du martinet au Boeing 747. Considère qu'un 200 mm, c'est un grand-angle.

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