Le Sigma 24-70mm F2.8 DG DN II | Art est, comme son nom l’indique, le successeur du précédent 24-70mm Art. Celui-ci fait partie, depuis son lancement en 2020, des transstandards de référence pour les appareils hybrides plein format. Sans être le plus piqué, le plus léger ou le moins cher, il offre un excellent compromis dans tous les domaines. Sigma n’a donc pas bouleversé sa recette, mais la version II s’améliore sur tous les points.

Le 24-70 mm f/2,8, le transstandard incontournable ?

Si vous avez consulté nos articles sur les gammes optiques, une chose a dû vous frapper. Le 24-70 mm et le 70-200 mm ouverts à f/2,8 sont les seuls objectifs disponibles dans toutes les montures : Canon en monture RF, Nikon en monture Z et Sony en monture E, évidemment. Mais le 24-70 mm va plus loin : plusieurs constructeurs le proposent souvent pour la même monture. Pour l’alliance L, Leica, Sigma et Panasonic proposent chacun le sien, tandis que Sigma et Samyang le vendent en monture E.

À cela, une raison simple : c’est le couteau suisse par excellence. 24 mm, c’est la limite de l’ultra-grand-angle, qui couvre peu ou prou tous les besoins. Et 70 mm, c’est très bien pour les portraits. Quant à l’ouverture à f/2,8, elle permet de travailler dans des conditions très sombres avec les capteurs modernes. Ajoutons que les opticiens savent désormais proposer une mise au point très proche sur ce type de zoom et vous comprenez que cet objectif peut se charger de l’immense majorité des clichés du quotidien.

Cette polyvalence extrême s’est longtemps payée sur la balance. Les premiers 24-70 mm étaient en effet sensiblement plus lourds que les classiques 28-70 mm. Mais les hybrides ont permis d’alléger la construction. Le Sony FE 24-70mm GM II pèse moins de 700 g ! Ce n’est que 150 g de plus que le très populaire Tamron 28-75 mm… alors qu’il suffit d’un paysage urbain pour souffrir de la différence entre 24 et 28 mm.

Sigma 24-70mm F2.8 DG DN II | Art : mise à jour d’un fleuron

Lancé en 2020, le Sigma 24-70mm F2.8 DG DN | Art, premier du nom, fut le deuxième zoom Art pour hybrides. Il affrontait principalement le tout premier zoom G Master, le 24-70mm GM de 2016. Sigma offrait alors un objectif un peu plus léger, presque aussi performant et beaucoup moins cher que Sony.

La situation a naturellement évolué. D’une part, Sony a lancé le 24-70mm GM II. Avec une résolution astronomique, une légèreté record, une ergonomie améliorée… D’autre part, un nouveau venu a rejoint l’arène : le Samyang AF 24-70mm F2.8. Très lourd, il offre cependant une qualité optique de bon aloi pour un tarif très accessible. Ainsi pris en tenaille, Sigma a donc choisi de faire évoluer son transstandard de référence.

Sigma 24-70mm Art première version vs deuxième version
Par rapport à la première version (à gauche), l’ergonomie évolue sensiblement.

Cet objectif étant destiné à passer sa vie sur un boîtier en bandoulière, le poids est évidemment essentiel. Les dimensions sont virtuellement identiques, mais le 24-70mm Art II pèse 90 g de moins que la première mouture. Avec 745 g, il reste 50 g plus lourd que le Sony, mais il creuse l’écart par rapport au Samyang (qui dépasse le kilo). Pour les adeptes de la monture L, Sigma conforte sa place de leader de la légèreté : le Leica dépasse 850 g, tandis que le Panasonic pointe à 935 g.

Découvrez notre vidéo YouTube : « Sigma 24-70mm f2.8 II vs Sony 24-70 f2.8 GM II : le NOUVEAU envoie du LOURD ! »

Ergonomie améliorée, proche des Sony GM ?

Cet allègement est d’autant plus remarquable que Sigma suit la trace ergonomique de Sony. Le 24-70mm DG DN II reçoit une bague d’ouverture. Celle-ci dispose d’un commutateur, permettant de l’utiliser en photo (avec des crans précis) ou en vidéo (avec silence et fluidité). Elle peut également être verrouillée pour éviter tout mouvement accidentel.

Autre ajout : un deuxième bouton de verrouillage de mise au point rejoint celui de la première version. Placé sur le dessus de l’objectif, il se retrouve naturellement sous le pouce en orientation verticale. Il simplifiera donc la vie des portraitistes et des urbanistes. Pour les utilisateurs d’appareils Sony, il devient donc aussi pratique que les GM récents ; il s’intégrera dans votre besace sans changer vos habitudes. Pour les utilisateurs de boîtiers en monture L, il offre une ergonomie bien plus souple que le Panasonic ou le Leica. Il leur permet également de choisir le fonctionnement de la bague de mise au point, linéaire ou non linéaire.

Sigma 24-70mm II Art sur un Sony A7 IV
Deux touches de verrouillage de la mise au point, une bague d’ouverture : la prise en main ressemble énormément à un Sony GM.

Par ailleurs, comme la version précédente et les Sony GM, le pare-soleil du Sigma 24-70mm II dispose d’un véritable verrou et non d’un simple point dur. Tous ceux qui ont vu leur pare-soleil s’envoler suite à un choc de l’appareil porté en bandoulière comprendront l’importance de ce détail…

Formule optique du 24-70mm II Art : évolution douce

Nous l’avons dit, la première version offrait un excellent piqué. Sigma n’a donc pas cherché à la révolutionner : le 24-70mm DG DN II Art descend directement de son aîné. Sa formule optique compte toujours 19 éléments en 5 groupes, avec six lentilles FLD et deux FLD pour réduire l’aberration chromatique. La principale retouche concerne les lentilles asphériques, désormais au nombre de cinq et non de trois. Les aberrations sphériques et la coma devraient donc être améliorées.

La mise au point évolue également en douceur. La distance minimale au téléobjectif passe de 38 à 34 cm, mais c’est toujours au grand-angle que le rapport de reproduction est maximal (1:2,7). L’autofocus repose sur un nouveau moteur linéaire. Il devrait être un peu plus réactif, mais la première version était déjà très bonne sur ce point.

Prix et disponibilité du Sigma 24-70mm DG DN II Art

Le Sigma 24-70mm DG DN II | Art sera comme son prédécesseur proposé en montures E et L. Il sera disponible à partir du 30 mai 2024. Son tarif sera légèrement supérieur à la version actuelle : 1349,90€, contre 1200 €.

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Auteur

Traducteur, journaliste, pilote privé. Passionné de photo et de cinéma, docteur en binge-watching, mais surtout fasciné par tout ce qui vole, du martinet au Boeing 747. Considère qu'un 200 mm, c'est un grand-angle.

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