Le Sigma 28-45mm F1.8 DG DN | Art est le nouveau zoom grand-angle de la marque. Comme son nom l’indique, il se distingue par son ouverture exceptionnelle. Avec f/1,8 à toutes les focales, il s’agit du zoom plein format le plus lumineux du moment.
Le zoom ultra-lumineux, une spécialité Sigma
Souvenez-vous : c’était il y a dix ans. Sigma refondait sa gamme d’objectifs. Nouveau design, nouvelle classification (les Art, Sport et Contemporary toujours utilisés aujourd’hui)… et nouvelles ambitions. La série Art en particulier voulait montrer que Sigma avait compétences et savoir-faire pour concurrencer directement les grands fabricants. Et ce sur des optiques « normales », contrairement aux exceptionnels 300-800mm F5.6 et 200-500mm F2.8, qui faisaient rêver mais ne touchaient qu’une infime minorité.
Le premier zoom Art était un 24-105mm F4, affrontant frontalement un grand classique de tous les fabricants d’appareils. Mais le second jetait un pavé dans la mare : c’était le fameux 18-35mm F1.8 DC HSM Art. Réservé aux appareils APS-C, il cadrait comme un 27-53 mm, une plage assez ordinaire. Mais son ouverture exceptionnelle lui permettait de remplacer trois focales fixes compactes et lumineuses – grand-angle, optique de reportage et standard. Deux ans plus tard, Sigma lançait son cousin portraitiste, le 50-100mm F1.8 DC HSM Art. Lui aussi réservé au format APS-C, il pouvait lui aussi remplacer toute une série de petits télés, du classique équivalent à environ 85 mm au spécialiste du portrait serré de l’ordre de 135 mm.

Et le plein format ? Et bien, en 2015, Sigma a lancé le 24-35mm F2 DG HSM Art. Avec sa plage plus grand-angle que le 18-35mm APS-C, il se spécialisait plutôt dans le paysage. De plus, il ne passait pas le cap symbolique de f/2 – même s’il restait un diaph plus lumineux que tous les autres zooms plein format. Il n’a donc pas connu le même succès, même si la prouesse technique a été applaudie.
Sigma 28-45mm F1.8, le 18-35 pour le plein format ?
En dix ans, les temps ont changé. Les reflex ont laissé la place aux hybrides. Le plein format s’est presque généralisé. D’autres zooms ultra-lumineux sont apparus, notamment les portraitistes polyvalents de Tamron et Samyang. Mais l’ouverture à f/2 est restée un obstacle difficile à atteindre pour le plein format, seul l’imposant Canon RF 28-70mm la proposant à toutes les focales.

Voici donc le Sigma 28-45mm F1.8 DG DN Art. Avec celui-ci, la marque souhaite réitérer la performance réalisée avec le 18-35mm F1.8, mais en s’adaptant au monde moderne. C’est donc un objectif pour hybrides plein format. Avec f/1,8 constant, il établit un nouveau record d’ouverture pour cette taille de capteur. Et, surtout, sa plage reprend la formule qui a fait le succès de son aîné : elle couvre le paysage, le reportage et le standard.
Pourra-t-il remplacer trois focales fixes à f/1,8 ou f/2 ? Sigma le promet en tout cas, annonçant une résolution comparable et une excellente maîtrise des aberrations. Le « focus breathing », variation de focale lors de la mise au point, serait lui aussi éliminé – il pose traditionnellement plus de problèmes sur les zooms.
Le 28-45mm F1.8 Art, un zoom haut de gamme
Comme les autres objectifs Art récents, le 28-45mm F1.8 s’inspire de l’ergonomie des Sony GM. Il reçoit donc une bague de diaphragme, équipée d’un commutateur afin de supprimer les crans en vidéo. Elle dispose également d’un verrou pour éviter les rotations accidentelles, un problème agaçant pour les utilisateurs qui préfèrent régler l’ouverture depuis l’appareil photo. Deux boutons AFL sont disponibles, permettant un accès facile en orientation portrait comme en paysage.

Et, bien entendu, l’objectif est protégé contre les intempéries, avec des joints autour des bagues et de la monture. Cette protection tout temps devrait être d’autant plus efficace que la longueur de l’optique est constante. Quelles que soient la focale et la distance de mise au point, il reste à 15,1 cm. C’est donc un beau bébé, qui pèse environ un kilo une fois doté de son pare-soleil. Mais cet encombrement doit être remis en perspective : il est inévitable pour un zoom lumineux. Le Canon 28-70mm, par exemple, frôle 1,5 kg, et les 35-150mm dépassent largement le kilo malgré leur ouverture glissante (f/2,8 au télé).
Mise au point : la polyvalence
Comme les autres objectifs récents de la marque, le 28-45mm F1.8 profite d’une mise au point pilotée par un moteur linéaire. L’autofocus est donc très rapide, un avantage pour un objectif amené à faire du reportage ou de la photographie de rue. Il pourra également servir en sport, pour les prises de vues en intérieur ou de nuit. Il faudra bien entendu pouvoir s’approcher des athlètes : la plage de focales est plus adaptée à la boxe ou à la danse qu’au football.

La mise au point manuelle recourt à une bague électronique. Avec les derniers appareils en monture L, il est possible de choisir son angle de rotation. Le limiter à 90° simplifie le travail avec un follow-focus et permet des transitions rapides ; le pousser jusqu’à 270° permet de réaliser une mise au point extrêmement précise.
C’est notamment utile en proxyphotographie. L’objectif est capable de descendre à 30 cm, avec un rapport de reproduction de 1:4 à 45 mm. Dans ces conditions, à f/1,8, la profondeur de champ est en effet de l’ordre de 2 mm…
Prix et disponibilité
Le Sigma 28-45mm F1.8 sera disponible fin juin, pour 1499,90€


