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Enfin ! Sony présente son hybride plein format Alpha 7S III. S’il reste à 12 MP, il offre une meilleure qualité d’image et des fonctions vidéo plus avancées. Cette véritable caméra 4K peut filmer à 120 im/s, avec moult fonctions professionnelles : Log, sortie RAW, son multicanal… Le boîtier évolue également avec un viseur plus confortable et le support des cartes mémoire CFexpress type A en plus des habituelles SD.

Une longue attente

Revenons un peu sur l’histoire de la série Alpha 7. Les Alpha 7 et 7R, premiers hybrides plein format au monde, sont nés fin 2013, rapidement suivis par l’A7S. Puis, en 2015, ce fut le tour de la génération II, qui apportait un nouveau boîtier et la stabilisation du capteur. Entre fin 2017 et début 2018, les A7R III et A7 III se dotaient d’un deuxième port SD et d’une batterie radicalement améliorée. Deux ans semblant un bon rythme, Sony poursuivit l’évolution fin 2019 en lançant la quatrième génération, avec l’A7R IV et son capteur de 60 MP.

Mais il y avait une grande oubliée : la série S, restée à la seconde génération. Cela fait cinq ans que l’Alpha 7S II regarde évoluer ses jumeaux. Capable de monter à 102400 ISO (en plage normale !) et de filmer en 4K, il restait au goût du jour. En fait, la technologie ne permettait guère de bouleverser ses performances.

Alpha 7S III : plus sensible et plus rapide

Pour que Sony produise un nouvel A7S, il fallait donc améliorer profondément les points forts de cette lignée : la sensibilité et la vidéo. La première est limitée par la technologie des capteurs. L’Alpha 7S III reçoit logiquement un capteur inédit, d’architecture CMOS BSI (Exmor R), naturellement stabilisé. Il reste toutefois à 12 mégapixels : l’évolution technologique profite donc à la sensibilité et à la plage dynamique. Si Sony n’a pas modifié les valeurs ISO maximales, la gestion du bruit progresse d’environ 1 IL, et la dynamique dépasse 15 IL en basse sensibilité.

Sony Alpha 7S III de face
En façade, le Sony A7S III ressemble beaucoup à l’A7R IV.

L’autre grande nouveauté est l’intégration de 759 détecteurs de phase, couvrant 92 % du capteur. L’autofocus devrait ainsi être aussi réactif que sur les autres modèles de la famille Alpha 7. Un nouveau processeur, baptisé Bionz XR, apporte toutes les fonctions vues sur l’A7R IV : modes de suivi autofocus avancés, détection de l’œil du sujet, etc. Il gère logiquement des rafales à 10 im/s, comme les Alpha 7 III et 7R IV – Sony n’a sans doute pas voulu aller plus vite pour ne pas concurrencer son Alpha 9 II. Cette cadence raisonnable et la définition réduite amènent un autre record : l’Alpha 7S III peut faire des rafales de plus de 1000 images en RAW ! Notez qu’outre l’habituel JPEG, l’appareil peut enregistrer au format HEIF. Celui-ci associe compression supérieure et meilleur rendu des dégradés, grâce à un enregistrement des couleurs sur 10 bits.

Une véritable caméra 4K haute vitesse

La définition de 12 MP a une conséquence intéressante en vidéo : la largeur du capteur est très proche de celle d’un film 4K. Les A7S sont donc naturellement capables de filmer dans cette définition avec un recadrage négligeable. Aussi, Sony les a clairement destinés aux vidéastes, voire aux cinéastes ; la troisième génération n’y fait pas exception.

Faute de passer à la définition supérieure, le Sony A7S III a mis l’accent sur la cadence. Il filme ainsi en 4K jusqu’à 120 im/s et pousse à 240 im/s en Full HD. Il ne sacrifie pas la qualité d’image : l’échantillonnage 4:2:2 10 bits et les courbes Log permettent de conserver la dynamique du capteur. Le format XAVC-HS (basé sur le codec H.265) apparaît afin de limiter l’impact de la compression.

Écran orientable latéralement du Sony A7S III
La nouvelle articulation de l’écran, plus pratique pour se filmer.

Grâce à la lecture plus rapide du capteur par le nouveau processeur, le rolling shutter est spectaculairement réduit. Enfin, une stabilisation électronique, dite « Active », complète la stabilisation mécanique pour fluidifier le rendu vidéo.

Flux de travail professionnel

Avec de telles spécifications, la dissipation thermique est un véritable problème. Sony l’a pris à bras-le-corps en intégrant des structures dédiées afin d’éviter toute surchauffe, du capteur comme du processeur. L’Alpha 7S III est ainsi capable de filmer en 4K 60p pendant plus d’une heure.

Dissipation de chaleur du Sony Alpha 7S III
La dissipation de la chaleur repose sur des structures dédiées.

C’est le premier maillon d’une chaîne de production adaptée au travail professionnel. Le gamut et le gamma peuvent être personnalisés pour correspondre aux caméras de cinéma de la marque. L’étalonnage sera donc grandement simplifié si vous mêlez des rushes issus de l’hybride et d’autres sources. Cependant, la souplesse maximale en post-traitement viendra de la sortie HDMI 2.1 : avec un enregistreur compatible, elle gère le RAW 16 bits en 4K à 60 im/s !

Enregistreur HDMI Atomos et Sony A7S III
Un enregistreur HDMI Atomos permet de filmer en RAW 16 bits.

Son multicanal en option

Une bonne vidéo n’est rien sans un bon son. Sony a donc logiquement doté l’Alpha 7S III du système Multi-Interface, qui ajoute à la griffe flash une interface audio numérique. Comme l’Alpha 7R IV, il peut donc recevoir l’adaptateur XLR-K3M : avec deux micros XLR et une entrée jack stéréo, il permet de mixer jusqu’à quatre canaux audio.

Ainsi, l’A7S III est une véritable caméra professionnelle, conçu pour s’intégrer dans le même flux de travail que la gamme FS. Il affronte donc le très récent Canon EOS R5 et bien d’autres outils avancés.

Le boîtier : Alpha 7S III… ou V ?

Nous l’avons dit, à chaque génération d’Alpha 7 correspondait un boîtier différent. L’A7S III met fin à cette logique. Il ne partage évidemment pas le boîtier des désormais âgés A7 III et A7R III, mais il ne reprend pas non plus celui du très récent A7R IV. Il inaugure donc la cinquième génération.

Sony A7S III de dos
L’ergonomie évolue en douceur, mais le boîtier est entièrement nouveau, comme en témoigne l’écran.

La différence la plus visible se trouve au dos : l’écran prend désormais place sur une rotule latérale. Comme pour le compact Sony ZV-1, la souplesse d’utilisation en vidéo y gagne. Qu’il s’agisse de se filmer soi-même ou de cadrer lorsque l’appareil est fixé sur un trépied, le positionnement plus libre du moniteur sera bien utile. Les autres retouches sont plus subtiles, comme le passage du déclencheur vidéo sur le dessus. Sony a également revu le système de menus pour mieux profiter de l’écran tactile et rendre l’appareil plus facile à utiliser.

Moins visible mais plus spectaculaire : le viseur est entièrement inédit. Il offre un grossissement de 0,9×, à comparer aux 0,78× de l’A7R IV. Et pour éviter toute pixellisation, la définition est également accrue, avec 9,44 Mpt. Autrement dit, là où l’excellent A7R IV et le remarquable Leica SL2 affichent 1600×1200 px, le nouveau Sony A7S III grimpe à 2048×1536 px !

Cartes mémoire : CFexpress type A, la grande nouveauté

Vous connaissez les cartes CFexpress, déjà utilisées par diverses caméras et appareils photo. Celles utilisées habituellement, du type B (même format que les XQD), peuvent équiper les Panasonic, Nikon et autres Canon récents. Mais elles sont plus encombrantes que les SD, ce qui limite leur utilisation dans les boîtiers compacts. Sony a donc choisi les CFexpress type A, plus petites bien qu’un peu plus épaisses que les SD.

Cela lui a permis d’intégrer deux fentes au même format. Il devient ainsi possible de filmer sans limitation de durée : l’appareil bascule automatiquement sur la seconde carte à la saturation de la première. Contrairement aux concurrents sur lesquels le deuxième emplacement est réservé aux SD, l’opération est transparente et ne limite pas les fonctions utilisables.

Le Sony A7S III accepte des cartes CFexpress type A ou SD
Chaque logement peut recevoir une CFexpress type A (à gauche) ou une SD (à droite).

Une bonne nouvelle n’arrive jamais seule. Si vous n’avez pas besoin de ces débits et si le prix des CFexpress type A vous inquiète, vous pouvez également utiliser des SD. Les deux ports sont en effet également compatibles avec ce format plus courant et abordable. Et les cartes SD UHS-II suffisent à filmer en 4K 60p compressée…

Transferts rapides tous azimuts

L’A7S III peut donc générer une énorme quantité de données et les enregistrer. Reste à les utiliser… Le principal moyen de récupérer les fichiers reste naturellement l’USB-C, capable de transférer 5 Gbps (environ 600 Mo/s). Sony proposera également un lecteur de cartes offrant un débit doublé, qui sera sans doute apprécié des professionnels.

Menus du Sony A7S III
Les nouveaux menus intègrent des options de connectivité avancées.

La connexion sans fil supporte quant à elle le standard Wi-Fi 802.11ac, utilisant des réseaux en 5 GHz afin de proposer des débits similaires. Les fonctions réseau des autres Alpha récents sont présentes, y compris l’envoi automatique vers un serveur FTP. Vous pouvez également utiliser le port USB-C pour relier l’A7S III à un smartphone. Si celui-ci est compatible 5G, le transfert pourra être aussi rapide qu’en branchant directement votre appareil photo à votre ordinateur !

L’attente récompensée

Arrivant cinq ans après son prédécesseur, le Sony Alpha 7S III ne se contente pas d’une mise à jour. Il est profondément nouveau, du châssis à l’ergonomie en passant par la technologie embarquée. Un peu plus sensible, beaucoup plus réactif, c’est l’appareil idéal pour photographier de nuit. C’est aussi une superbe caméra 4K, pensée pour s’intégrer dans un flux de production professionnel. Sony n’a pas lésiné sur les moyens : outre la technologie de capture, le viseur s’annonce extraordinaire.

Tout cela a un prix : le Sony Alpha 7S III coûtera environ 4200 € à son lancement, en septembre 2020. Il sera accompagné des premières cartes CFexpress type A, proposées à 230 € pour 80 Go ou 440 € pour 160 Go.

Avatar de Franck Mée
Auteur

Traducteur, journaliste, pilote privé. Passionné de photo et de cinéma, docteur en binge-watching, mais surtout fasciné par tout ce qui vole, du martinet au Boeing 747. Considère qu'un 200 mm, c'est un grand-angle.

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