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La gamme de compacts hybrides Sony Alpha compte actuellement… douze modèles, pas moins ! (Mise à jour juillet 2020 –  Avec maintenant un nouveau modèle : l’Alpha 7S III)  Les tarifs s’échelonnent de 500 à 4000 euros, mais sont parfois très proches. Certains appareils peuvent paraître très similaires, sur le plan technique comme sur le plan ergonomique. Bref, il peut être difficile de s’y retrouver. Faisons donc le tour de la gamme afin d’éclaircir le positionnement de chacun.

Alpha 6000 : la gamme APS

Héritière des anciens NEX, la série Alpha 6000 utilise un capteur au format APS-C de 24 mégapixels. Les quatre modèles offrent donc une qualité d’image très proche (et excellente !) : ce n’est pas sur ce point que vous trancherez pour l’un ou pour l’autre.

Les trois premiers appareils sont des évolutions de la même base. Alpha 6000, 6300 et 6400 se ressemblent énormément et fonctionnent de manière similaire. Cependant, chaque version apporte des améliorations plus ou moins importantes selon votre utilisation. La première concerne la vidéo : l’Alpha 6000 se contente de filmer en Full HD, tandis que l’Alpha 6300 passe à l’enregistrement en 4K, avec des fonctions avancées (modes de couleur, Log, etc.).

L’écran de l’α6400 peut se retourner à 180° (contre 90° sur les précédents) et il est tactile.

L’Alpha 6400 retouche l’ergonomie. Son écran est tactile, ce qui permet par exemple de modifier le point silencieusement en vidéo. Il peut se retourner à 180° vers le haut pour les amateurs d’autoportraits et les vlogueurs. Petite nouveauté technique tout de même : la connexion à un smartphone peut se faire en Wi-Fi (comme sur toute la gamme), mais aussi en Bluetooth, plus simple et moins gourmand en énergie.

Chaque génération apporte également un autofocus plus performant, avec un suivi encore plus efficace des sujets mobiles, mais seuls les adeptes de photo de sport verront vraiment la différence : l’Alpha 6000 profite déjà d’une excellente mise au point.

En résumant : pour la photo de tous les jours, l’Alpha 6000 est une très bonne option. Si vous filmez en 4K ou faites de la photo de sport, l’Alpha 6300 apporte un plus ; et si l’écran tactile, les autoportraits et la connexion au smartphone sont importants pour vous, ce sera l’Alpha 6400.

Alpha 6500, plus « pro »

Au premier coup d’œil, l’Alpha 6500 ressemble beaucoup à ses frères. Tout au plus noterez-vous une deuxième touche personnalisable derrière le déclencheur. Par ailleurs, à l’usage, performances et qualité d’image sont similaires.

Sous une allure semblable, l’α6500 cache un tout nouveau boîtier.

Cependant, deux différences importantes le positionnent clairement sur un segment supérieur. D’abord, le boîtier en alliage de magnésium est mieux construit pour résister à une légère pluie ou à un environnement poussiéreux. Ensuite, son capteur est stabilisé sur cinq axes, ce qui offre bien plus de possibilités en basse lumière, surtout pour les amateurs d’objectifs compacts.

L’Alpha 6500 est ainsi plus polyvalent que ses petits frères, plus capable de suivre son photographe quelles que soient les conditions.

Alpha 7 : les plein format de référence

À l’automne 2013, Sony lançait une petite révolution dans le monde de la photographie : l’Alpha 7 – également appelé A7 ou α7. C’était le premier appareil hybride plein format ; c’était aussi le premier plein format numérique coûtant moins de 1500 €. Le succès fut au rendez-vous et, avec lui, les déclinaisons. La griffe Alpha 7 est désormais une gamme complète, avec pas moins de sept modèles au catalogue, du vénérable Alpha 7 tout court au récent Alpha 7 III.

Pour s’y retrouver, il faut un peu de méthode : le nom de chacun donne toutes les informations nécessaires. Après la référence de la gamme « Alpha 7 », qu’ils partagent tous, vous pourrez trouver une lettre et un nombre.

La lettre (R ou S) : résolution ou sensibilité ?

La lettre indique le type de capteur utilisé. En résumé : R pour Résolution, S pour Sensibilité… et rien pour le compromis intermédiaire.

Amateurs de macro et de détails minuscules, les α7R sont faits pour vous. © Franck Mée

Avec 42 mégapixels, les Alpha 7R II et 7R III offrent la définition la plus élevée de tous les produits Sony. Les capteurs haute résolution ont des photodiodes plus petites : ils sont naturellement moins sensibles. Afin de conserver un bon rendu en basse lumière, Sony a utilisé la construction CMOS BSI. Son capteur propose ainsi une meilleure sensibilité que le Canon EOS 5Ds et le Nikon D810, ses principaux rivaux à sa sortie. Sa qualité d’image reste compétitive face aux récents Nikon D850 et Panasonic S1R.

À l’autre bout de l’échelle, les Alpha 7S et 7S II sont dédiés à la sensibilité. Leur capteur utilise donc des photodiodes de grandes dimensions : cela limite leur définition à 12 MP, mais ils capturent un maximum de lumière. Les plus exigeants monteront à 12 800 ISO sans inquiétude ; si vous tolérez un peu de bruit et de lissage, vous mettrez la barrière vers… 51 200 ISO ! Pour les Alpha 7S, photographier la nuit comme en plein jour, c’est presque banal.

Photographier de nuit à main levée : le quotidien des α7S et α7S II. © Franck Mée

Enfin, entre les deux, vous trouverez les Alpha 7 « tout court », sans lettre. Avec une définition intermédiaire de 24 MP, ils offrent un excellent compromis général. Vous pourrez mieux recadrer qu’avec les Alpha 7S, vos fichiers seront moins lourds qu’avec les Alpha 7R. Leur rafale est rapide, leur autofocus est performant, ils sont globalement efficaces dans toutes les conditions. Les Alpha 7 « ni R ni S » sont sans doute les plus adaptés aux besoins du grand public et ils sont moins chers que leurs jumeaux spécialisés.

Le nombre (II, III…) : ergonomie et autonomie

Le dernier élément du nom d’un Alpha 7 est un nombre en chiffres romains. Il s’agit bien entendu d’une référence chronologique, comme sur d’autres Sony. Mais sur la gamme Alpha 7, le nombre indique surtout la version du boîtier.

Les trois premiers modèles, Alpha 7, Alpha 7R (sorti du catalogue) et Alpha 7S, utilisent en effet exactement le même châssis. Celui-ci est étonnamment compact, mais il souffre de quelques défauts ergonomiques. Le déclencheur est situé très en arrière et la molette avant n’est guère agréable.

Grande nouveauté des α7 série II : la stabilisation sur cinq axes.

La génération II, avec l’Alpha 7 II, l’Alpha 7R II et l’Alpha 7S II, est un peu plus épaisse, mais la préhension est bien meilleure. Les Alpha 7 II s’offrent surtout une grande avancée : la stabilisation du capteur, sur cinq axes. Ils sont ainsi bien plus polyvalents, notamment pour la photo en basse lumière avec des focales fixes dépourvues de stabilisation. L’électronique est également un peu plus rapide et les performances sont meilleures, en particulier celles de l’autofocus.

slot carte SD Sony Alpha 7 III
Joystick de mise au point, deux cartes mémoires et meilleure batterie : la troisième génération d’α7 se professionnalise.

La troisième itération compte pour l’heure deux modèles, l’Alpha 7 III et l’Alpha 7R III. L’ergonomie progresse encore, notamment grâce à un nouveau joystick permettant de choisir la zone de mise au point. La rafale est également beaucoup plus rapide (10 images par seconde). Elle s’accompagne de deux ports SD afin de stocker une plus grande quantité d’images, et d’ un port USB-C pour les rapatrier sur l’ordinateur sans trop attendre.

Mais la grosse révolution est la batterie : la génération III reprend celle du modèle professionnel Sony Alpha 9 (ci-dessous). L’autonomie, point faible des Alpha 7 première et deuxième moutures, est désormais comparable à celle des reflex grand public. Nous avions ainsi posé la question : Alpha 7 III, que reste-t-il aux reflex ?

Selon les usages…

Les différents Alpha 7 correspondent donc à des budgets et à des buts divers. Si votre pratique est généraliste, c’est un Alpha 7 « tout court », de 24 MP, qu’il vous faut. Nous conseillons plutôt l’Alpha 7 II ou III, la stabilisation intégrée étant toujours utile. Mais le premier Alpha 7 est désormais sous les 1000 € : il offre aux budgets serrés un rapport qualité d’image/prix éblouissant. L’Alpha 7 III est sans doute l’appareil le plus polyvalent de la famille, grâce à son autonomie, à sa sensibilité et à son autofocus améliorés.

Possibilités de recadrage, plage dynamique et autofocus amélioré : l’α7R III plaira aux amateurs de meetings aériens… © Franck Mée

Pour les paysagistes et les animaliers, c’est évidemment un Alpha 7R qui est tout désigné. Il leur apporte tous les détails dont ils ont besoin, que ce soit pour un feuillage délicat ou pour recadrer sur le lion à 500 mètres. Pour le cas particulier des randonneurs, l’Alpha 7R III s’impose : son autonomie doublée est idéale pour les longs trajets loin des prises électriques. Ce sera également le choix des amateurs de sports lointains nécessitant des recadrages (football ou rugby en stade, Formule 1, meetings aériens…), son autofocus étant meilleur que sur l’Alpha 7R II.

Les reporters, les amateurs de photo nocturne et ceux qui photographient les fêtards profiteront pour leur part de la sensibilité de l’Alpha 7S II. La première version, dépourvue de stabilisation, n’est pas aussi polyvalente, mais si vous avez des objectifs stabilisés ou travaillez beaucoup sur pied, c’est un bon rapport qualité/prix.

Le cas de la vidéo

Comme pour les appareils APS-C vus plus haut, la vidéo a vécu une petite révolution entre deux générations. Tous les Alpha 7 sont bien entendu capables de filmer en HD 1080p avec une excellente qualité d’image. Mais la 4K est apparue sur les Alpha 7S II, 7R II et 7 III.

Rappelez-vous : le capteur de l’Alpha 7S II ne fait que 12 MP, soit 4240 × 2832 pixels. Il est ainsi parfait, d’origine, pour filmer en 4K : la zone vidéo de 3840 × 2160 px couvre 90 % de la largeur du capteur. Le recadrage est donc négligeable et, sur le film obtenu, chaque pixel correspond à un vrai point du capteur.

Les choses sont différentes sur les Alpha 7R : leur capteur fait 7974 pixels de large. La définition 4K ne représenterait donc que 48 % de sa largeur ! Pour éviter un changement brutal de cadrage, la vidéo 4K de l’Alpha 7R II ou 7R III est obtenue en lisant des points sur l’ensemble du capteur.

Cadrages 4K des Alpha 7S II et 7R II.
En vert, cadrage en 4K native de l’α7S II ; en magenta, celui du mode « Super 35 » des α7R II et α7R III. © Franck Mée

Ce mécanisme a un inconvénient : en « sautant » des pixels, il réduit la qualité d’image. C’est peu visible pour le grand public, mais gênant pour ceux qui font un étalonnage précis ou utilisent des effets spéciaux en post-production. Les Alpha 7R ont donc également un mode qui lit la totalité des photosites d’une petite zone, au centre du capteur : la qualité d’image est meilleure, mais le champ de vision se rapproche alors de celui d’une caméra Super 35.

Afin de profiter pleinement d’un capteur 24 × 36 mm, les cinéastes peuvent donc préférer l’Alpha 7S II, qui combine champ de vision « plein format » et qualité d’image optimale, sans mise à l’échelle.

Alpha 9 : pour les pros

L’Alpha 9 a une mission, simple mais ambitieuse : monter à l’assaut des reflex professionnels, Canon EOS-1D X et Nikon D5. C’est un véritable tour de force technologique qu’a réalisé Sony, cet appareil regorgeant de solutions techniques inédites à sa sortie.

Spécialité de l’α9 : les sports collectifs, où son autofocus et sa rafale à 20 im/s font merveille. © Sony

Son capteur est un CMOS « empilé », technologie qui lui permet d’intégrer une mémoire tampon. Il peut ainsi prendre 20 images de 24 MP par seconde ! Avec un processeur entièrement nouveau, l’Alpha 9 est capable d’assurer simultanément la capture d’une rafale et l’affichage en temps réel sur l’écran ou dans le viseur. Son autofocus hybride, entraîné par apprentissage profond, est d’une efficacité impressionnante et propose une liste de réglages presque infinie. De quoi séduire les photographes de sport professionnels.

L’α9 est le premier hybride venu chasser ouvertement sur les terres des reflex professionnels.

Ergonomiquement, Sony a également mis les petits plats dans les grands. Le viseur offre une définition de 3,7 millions de points. La connectique est complète, jusqu’à une prise Ethernet permettant de contrôler plusieurs Alpha 9 en réseau ou d’expédier les photos directement sur un serveur FTP. Les personnalisations de l’interface sont nombreuses et certains détails font mouche, comme la possibilité de grouper les images d’une même rafale afin de naviguer plus aisément (avec le dernier firmware).

Tout cela se paie bien entendu. D’une part, toutes ces fonctions demandent beaucoup d’électricité. Sony a créé une nouvelle batterie pour l’Alpha 9 (reprise depuis sur la troisième génération d’Alpha 7), mais même ainsi, l’autonomie ne dépasse guère 500 vues ! D’autre part, le tarif de l’Alpha 9 le réserve aux professionnels et aux plus fortunés. En somme, si cet appareil est pour vous, il est probable que vous le sachiez déjà.

À chacun son appareil

La gamme Alpha paraît pléthorique au premier coup d’œil, dans un domaine où la plupart des constructeurs se contentent de cinq ou six modèles. Mais en produisant des appareils différents dans des boîtiers semblables, Sony offre une gamme variée aux tarifs compétitifs. Il est ainsi très probable que vous puissiez y trouver un modèle qui vous corresponde — que vous soyez un photographe de rue au budget serré, un amateur de paysages plus aisé, un reporter professionnel ou même un producteur de cinéma. Maintenant que vous y voyez plus clair (du moins l’espérons-nous !), à vous de choisir votre préféré…

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Auteur

Traducteur, journaliste, pilote privé. Passionné de photo et de cinéma, docteur en binge-watching, mais surtout fasciné par tout ce qui vole, du martinet au Boeing 747. Considère qu'un 200 mm, c'est un grand-angle.

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