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Sony présente son nouveau FE 14 mm f/1,8 GM. Cette focale fixe haut de gamme réunit deux caractéristiques habituellement contradictoires : ultra-grand-angle et grande ouverture. Il devrait particulièrement convenir aux paysages, à l’architecture et à l’astronomie.

Pourquoi un 14 mm fixe ?

Les focales supérieures à 24 mm sont aujourd’hui extrêmement courantes. Les grands-angles de l’ordre de 20 mm (comme le FE 20 mm f/1,8 G) sont un peu moins répandus, mais nous visualisons encore ce qu’ils peuvent capturer. En dessous, chaque millimètre de focale gagné étend spectaculairement le champ et rend la composition plus exigeante. La plupart des objectifs de cette zone sont donc des zooms, qui permettent d’ajuster le champ couvert pour obtenir la composition voulue. Les optiques Sony descendant sous 20 mm ont toutes des focales variables, les 16-35 mm f/2,8 GM et f/4 Zeiss comme le plus extrême 12-24 mm f/2,8 GM.

Comparaison du 14 mm f/1,8GM et du 12-24mm f/2,8GM
Le 14 mm f/1,8, à gauche, est beaucoup plus compact que le 12-24 mm f/2,8, à droite.

Néanmoins, les zooms ultra-grand-angles restent limités. Ils sont peu lumineux, extrêmement imposants et/ou spectaculairement chers. Le 16-35 mm GM pèse 680 g, dépasse 12 cm de longueur et frôle les 2700 €. Le 12-24 mm, quant à lui, approche les 850 g, 14 cm et 3300 €. Une focale fixe permet de gagner en ouverture, de limiter l’encombrement (dans une certaine mesure) et de réduire le coût.

En revanche, il est difficile de visualiser spontanément le champ d’un 14 mm : il couvre 114°. Mieux vaut avoir un robuste trépied pour prendre le temps de peaufiner la composition… et de bonnes jambes pour déplacer l’appareil et son support !

Un 14 mm, pour quels sujets ?

Quant aux sujets envisageables, ils sont variés. Les paysages, évidemment : devant chaque superbe point de vue où vous souffrez du champ « étroit » de votre 24 mm, vous pourrez sortir votre ultra-grand-angle.

L’architecture est également une application populaire : un 14 mm peut capturer les immeubles imposants sans devoir reculer de plusieurs dizaines de mètres. C’est particulièrement important en architecture d’intérieur, où l’espace est naturellement limité. Pour cela, une faible distorsion est requise. Les focales fixes sont alors avantagées : contrairement aux zooms, leur formule ne doit corriger qu’un type de distorsion.

Photo au Sony 14mm GM par Albert Dros
Dans cette situation, impossible de reculer sans faire apparaître la rive opposée… © Albert Dros / Sony

En revanche, ces applications ne sont guère exigeantes en matière d’ouverture et de mise au point. L’appareil est souvent sur un trépied avec une tête trois axes pour peaufiner la composition. Le temps de pose est donc libre : une faible ouverture n’est pas gênante. Au contraire, elle étend utilement la profondeur de champ et simplifie la mise au point manuelle. Aussi, par exemple, les populaires Laowa 11 mm, 14 mm et 15 mm se contentent au mieux de f/4. Samyang propose un 14 mm f/2,8 avec autofocus, mais c’est une rareté dans cet univers.

Il y a pourtant un style de photo où la luminosité est importante : le paysage astronomique. Avec un 14 mm, la rotation terrestre devient gênante dès 30 secondes de pose. Vous pouvez multiplier les vues à assembler dans Siril ou un logiciel équivalent, mais cela prend du temps et beaucoup d’espace sur les cartes mémoire, le disque dur et en mémoire vive. Vous pouvez acheter une monture équatoriale, mais c’est cher et encombrant. Ou bien, vous pouvez utiliser l’Astrotracer… si vous avez un Pentax.

L’alternative : l’ultra-grand-angle lumineux.

Le FE 14mm F1.8 GM

Avec son ouverture à f/1,8, le Sony FE 14 mm GM permet de diviser le temps de pose par 2,4 par rapport au Samyang, et par 5 par rapport au Laowa. Dans des intérieurs très sombres ou sous la voûte étoilée, cela peut faire une différence appréciable !

Formule optique du Sony 14mm G Master

Pour assurer que cette ouverture reste utilisable, Sony a mis les grands moyens. Sur 14 éléments, six sont asphériques (dont deux extrêmes) ou taillés dans des matériaux à dispersion réduite. C’est plus que sur le 50 mm f/1,2 ! Cela permet d’offrir un piqué homogène et des aberrations maîtrisées sur l’ensemble de l’image. En particulier, les sources lumineuses de petite taille en bordure de champ ne seront pas étalées ou baveuses comme avec les ultra-grands-angles classiques. C’est important pour les paysages urbains, et plus encore pour l’astronomie !

Pour autant, le FE 14mm GM reste facile à transporter, avec 460 grammes et moins de 10 cm de longueur. Là encore, les astrophotographes apprécieront particulièrement : ils ont l’habitude de randonner des heures, parfois de nuit, pour aller chercher le point précis où la Voie lactée tombera exactement entre deux montagnes…

Sony FE 14mm F1.8 GM
Le pare-soleil est intégré, comme sur de nombreux ultra-grands-angles.

La construction est conforme aux standards de la gamme G Master. Le 14 mm intègre naturellement une protection tout-temps, de même qu’une large bague de mise au point, une touche personnalisable (verrouillage de l’autofocus par défaut) et une bague d’ouverture. Celle-ci peut être crantée ou non, pour pouvoir l’utiliser silencieusement en filmant.

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En effet, comme tous les G Master, cet objectif est également optimisé pour la vidéo. Outre la possibilité de désactiver les clics de la bague de diaphragme, l’autofocus est silencieux et vous pouvez régler sa réactivité. De plus, le diaphragme circulaire à neuf lamelles assure un superbe bokeh… à condition de se rapprocher du sujet : à cette focale, la profondeur de champ est étendue, même à un mètre.

Photo d'exemple de Carmen Huter au Sony 14mm GM
Le 14mm GM est explicitement conçu pour le paysage astronomique. © Carmen Huter / Sony

Associée aux fonctions de suivi du sujet des derniers hybrides Alpha, cette combinaison de courte focale et de grande ouverture permet d’envisager des plans inhabituels. À vous les travellings façon Shining et les portraits à la fois rapprochés et ultra-larges de The Revenant !

Un objectif spécialisé

Le FE 14 mm F1.8 GM est donc un objectif spécialisé, essentiellement destiné à certains types de paysages. Néanmoins, par rapport aux autres optiques d’une longueur focale comparable, il élargit notablement son champ d’applications. Son ouverture généreuse et sa formule optique ambitieuse le rendent plus efficace en architecture d’intérieur et en astrophotographie. Son autofocus polyvalent et sa bague de diaphragme décrantable en font un excellent outil pour filmer. Et sa compacité permet de le mettre dans le sac à dos d’un randonneur « au cas où », ce qui n’est guère envisageable avec les imposants zooms ultra-grand-angles.

Il sera disponible au prix de 1600€.

Avatar de Franck Mée
Auteur

Traducteur, journaliste, pilote privé. Passionné de photo et de cinéma, docteur en binge-watching, mais surtout fasciné par tout ce qui vole, du martinet au Boeing 747. Considère qu'un 200 mm, c'est un grand-angle.

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