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Maintenant que votre kit strobist est constitué, voyons les différents dispositifs possibles pour éclairer votre sujet. Sachez qu’une bonne partie de ces conseils s’appliquent également à la photo en studio pro.

Conseils de base

  • Ne positionnez jamais le flash trop haut par rapport au sujet. Cela risquerait de projeter des ombres dans la zone oculaire et faire de vos sujets des ratons-laveurs.
  • Plus la lumière est éloignée, plus elle sera dure. Mieux vaut la rapprocher et baisser son intensité.
  • Lorsque vous travaillez avec un fond clair, il faut l’éclairer. Idéalement, de part et d’autre avec 2 flashs et des parapluies qui diffusent bien et largement la lumière.
  • Décollez toujours votre sujet de l’arrière-plan de quelques mètres. Il ne faut pas sentir la présence du fond. Il faut qu’il soit presque abstrait. Vous pouvez ouvrir votre diaph pour bien le flouter, mais même avec une focale moyennement longue (85-105 mm) à f 5/6, votre profondeur de champ est déjà assez faible.

Réglages techniques

Le flash déporté, quel qu’il soit, se travaille généralement en mode manuel. L’appareil photo se règle obligatoirement en mode manuel aussi pour que son exposition reste figée, une fois qu’elle est paramétrée. Les outils de mesure d’exposition (incluant la mesure de la lumière) sont inutiles dans ce cas car ils ne prennent pas en compte la lumière apportée par le flash, une fois la pose déclenchée.

Le mode A (mode automatique) sur les flash Nikon est une sorte de mode TTL adaptée pour un flash déporté (les modes TTL étant disponibles seulement lorsque le flash est branché au boîtier). Il mesurera le retour de lumière venant du sujet et éteindra le flash lorsqu’il jugera le sujet suffisamment éclairé. Dans l’absolu ce n’est pas une mauvaise invention. Mais en pratique, lorsqu’on travaille dans un environnement contrôlé, mieux vaut travailler en mode Manuel (M). Ceci permet de figer les paramètres, une fois la bonne combinaison trouvée.

Un posemètre peut être utile mais l’ère numérique permet aussi de régler ses paramètres de visu sur l’écran LCD de l’APN. Je vous conseille tout de même de vérifier in situ vos images sur votre ordinateur afin de peaufiner vos réglages. En effet, les nuances sont parfois difficiles à apprécier sur l’écran d’un appareil.

La puissance d’un flash en mode manuel se mesure sur une échelle de 1/1 (pleine puissance) à 1/128 (faible puissance). Attendez-vous à espacer vos prises de quelques secondes afin que le flash puisse complètement « recycler » son éclair. Les flashs alimentés par des batteries au lithium permettent d’accélérer ce temps de recyclage en plus d’allonger considérablement chaque cycle de batterie. Au revoir accumulateurs et chargeurs lents !

Contrainte de l’obturateur

Pour permettre au flash de déclencher son éclair après la levée et avant la descente des rideaux de l’obturateur, il faut un temps de pose minimal se situant entre le 1/160 de seconde et le 1/250 de seconde, dépendant du boîtier (même si l’éclair est en réalité beaucoup plus bref que ce laps de temps). D’ailleurs, lorsque le flash cobra est branché sur l’APN, vous verrez qu’il ne fonctionnera pas au delà de cette vitesse de synchronisation du flash.

Si vous dépassez cette vitesse, vous verrez une bande sombre apparaître en bas du cadre (à droite si la photo est verticale) correspondant à la partie de la photo non-éclairée par le flash. Cela se produit quand le deuxième rideau commence à se rabattre sur le capteur alors que l’éclair du flash est encore allumé.

Bande noire apparaissant au 1/320s, au delà de la vitesse de synchronisation du flash

Certains flashs permettent maintenant de surmonter cette limite en forçant des vitesses de synchronisation plus élevées, mais cela impose de réduire la puissance de l’éclair. D’ailleurs…

Combien de temps dure l’éclair du flash ?

Ah… la sempiternelle question… la réponse est : tout dépend de sa puissance. Plus fort sera le flash, plus longtemps il durera. En moyenne, certains éclairs durent jusqu’à 1/500s au plus lent (lorsque le flash est déclenché à pleine puissance, à savoir 1/1) et jusqu’à 1/40 000s au plus rapide. Mais cela est très variable d’un flash à l’autre. Il faudra vous référer à la grille précise de puissance/durée de votre modèle de flash. Donc pour les mouvements rapides figés au delà du 1/500s, vous risquerez parfois d’obtenir un sujet partiellement flou.

Utiliser la lumière ambiante comme lumière de remplissage ou l’occulter ?

Tout dépend si vous êtes en intérieur ou en extérieur, ou si vous voulez une lumière plus ou moins contrastée. La lumière ambiante fait parfois office de bonne lumière de remplissage des zones sombres, mais seulement lorsqu’elle est naturelle. La lumière artificielle s’allie mal au flash car sa température de couleur est très différente (3000-4000 degrés Kelvin vs. 5600 degrés pour un flash). La lumière du jour (5600 degrés Kelvin) et la lumière ombragée (6500-7500 degrés Kelvin) fonctionnent mieux pour cet exercice.

Portrait pris en extérieur avec un flash qui éclaire le sujetPour occulter cette lumière ambiante de votre résultat final, il faudra trouver une exposition relativement faible qui ne la laissera pas apparaître. Vous pouvez vérifier cela en testant votre combinaison de vitesse, ouverture et ISO sur la scène sans flash. Si le résultat est une image noire ou quasi noire, l’exercice est réussi. En studio, il est important d’occulter la lumière ambiante si elle est artificielle, notamment si elle est fluorescente. Sa teinte naturellement verte risquerait d’influencer votre résultat final !

En extérieur, le flash s’agence bien à la lumière naturelle ambiante lors d’une journée ensoleillée. Par contre, la lumière plutôt « grise » d’une journée nuageuse trahit la présence du flash. Il est difficile d’agencer l’une avec l’autre à cause de leur différence de température de couleur, aussi minime soit-elle.

Il est normal de flirter avec les puissances maximales du flash pour qu’elles s’imposent face à la vivacité du soleil. La nuit américaine sera malheureusement difficile à produire avec un dispositif de type strobist !

Positionnement des flashs et accessoires

1 flash

Un portrait éclairé en studio avec un flash devant le sujet

Simple et efficace, parfois c’est tout ce qu’il faut. Il donne un résultat classique mais appréciable.

2 flashs

sujet éclairé de face et de dos avec deux flashs

Le 2ème flash sert surtout à détacher le sujet du fond. Pour un résultat tranchant, paramétrez la puissance du flash en contre (dans le dos du sujet) proche de celle du flash principal face au sujet (exemple ci-dessus). Pour un effet plus subtil, qui donnera néanmoins un bel éclat au contour de votre sujet, paramétrez-le au 1/4 voire au 1/8 de la puissance du flash principal.

Il est important de ne pas trop faire déborder la lumière du flash en contre sur les joues du sujet. S’il est facile de positionner une torche pro en conséquence grâce à sa lampe pilote, le flash cobra nécessitera plusieurs essais avant d’obtenir un juste résultat. Et surtout, il faudra que le sujet bouge peu pour garder le bon apport de lumière une fois que vous l’aurez trouvé.

3 flashs

Ils vont permettront de tracer la silhouette du sujet des deux côtés. Ou bien face au sujet, de l’autre côté du flash principal, ils débouchent le contraste produit par la flash principal sur le visage du sujet.

Usage de gélatines et filtres de couleur

Les gélatines rehaussent subtilement l’ambiance de votre scène. Je les utilise principalement sur le flash derrière le sujet, qu’elles soient bleues ou oranges. Notez qu’une gélatine coupe l’apport de lumière, selon une valeur bien définie, qu’il faudra compenser. Elles sont classées par codes correspondant à une couleur, opacité et diaph de lumière perdue.

Les gélatines plus claires ont parfois du mal à imposer une couleur franche. Pensez à utiliser des gélatines plus foncées pour bien colorer la lumière du flash (dont la puissance devra être davantage compensée).

 

Portrait éclairé au flash strobist avec gélatine bleue sur le flash derrière
Photo par Kevin Bertrand pour le cours Studio mobile strobist chez Graine de photographe

La nature du studio strobist est expérimentale. N’ayez pas peur de faire des essais avec les matériaux les plus improbables. Mettez un tissu vert ou rouge sur le flash, une gélatine sur le flash devant en plus du flash en contre… L’expérimentation rehaussera la qualité artistique de vos images.

Et surtout, n’oubliez pas de diriger l’expression du personnage pour qu’elle concorde bien avec l’ambiance donnée par la lumière et le fond choisis !

Auteur

Spécialiste en photo de sport et de danse, je suis passionné par le mouvement. Fasciné par la figure de l'athlète, je travaille notamment en handisport lorsque je ne suis pas autour des danseurs de l'Opéra national de Paris !

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