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Photographier un photographe, c’est le jeu de l’arroseur arrosé. Encore plus lorsqu’ils sont à plusieurs, à attendre la star comme un vendeur le chaland… Alors, quand c’est Phil Penman, célèbre photographe de rue new-yorkais qui s’y colle, en découle une étonnante série sur les dessous du métier de paparazzi. Glamour, strass et paillettes ? Pas vraiment.

Des photos de la dernière actrice hollywoodienne à la mode, du chanteur aux millions de disques vendus ou de la star éphémère de télé-réalité, il en existe des milliers dans les magazines. Peut-être même dix ou cent fois plus sur le web. Du contre-champ, en revanche, pas tant que ça… Il faut dire que le métier de photographe de stars traîne sa mauvaise réputation comme un boulet, la faute à une quête du scoop parfois sans limites et souvent sans vergogne. 

N’empêche, il y a l’image que l’on s’en fait, et la vérité vraie. Et c’est cet aspect brut qu’a voulu documenter Phil Penman. L’attente, la montée d’adrénaline, l’intensité sur quelques secondes, la nécessaire réactivité d’une société hyperconnectée… Puis l’attente, encore, toujours. « Lorsque le public voit cette photo dans un magazine, il ignore souvent que quelqu’un a dû passer deux semaines à patienter pour l’obtenir… »  Et le moins que l’on puisse dire est qu’il sait de quoi il parle, puisqu’il a lui-même été l’un de ces hommes à l’affût prêt à dégainer à chaque seconde.

LA (PAS SI) DOLCE VITA

Photographe pro depuis près de 25 ans, Phil Penman est né en Angleterre, puis s’est installé à Los Angeles avant de tomber en amour pour New York. Publié dans The Guardian, The Independent ou encore USA Today, il est désormais régulièrement cité comme l’un des photographes de rue les plus influents. Sa série sur le 11 septembre, notamment, a fait le tour du monde.

Mais de la star, il en a photographié par centaines à l’époque, Jennifer Lopez, Bill Gates, Christopher Reeve… Avant de ressentir un furieux besoin de créativité artistique que son métier ne lui permet pas. Heureusement, il découvre la puissance des boitiers Leica – il sera par la suite ambassadeur de la marque. Le M7 puis le M9 deviennent alors les nouveaux jouets qui ravivent sa flamme pour la photo de rue. 

PAINT IT BLACK

Dès lors, il compartimente : d’un côté, son métier, avec des commandes en couleurs, et de l’autre sa passion, en monochrome. Car chez Phil Penman, le viseur est réglé sur noir et blanc. Un choix esthétique avant tout : son souhait le plus cher est de capter une image de la réalité, dans toute son intemporalité. « Je prends une partie de mes photos uniquement pour ce qu’elles diront dans vingt ans ou plus. »

Cette série, Paparazzi, c’est aussi l’occasion pour lui de dénoncer l’hypocrisie d’un milieu bourré de faux-semblants. Les méthodes sont décriées, les magazines vilipendés – et pourtant, ils continuent de se vendre plus que jamais… L’artiste ajoutant, sûrement à juste titre, que ceux qui critiquent les uns sont bien souvent ceux qui achètent les autres. A bon entendeur, comme on dit…

Pour suivre Phil Penman :

Auteur

Journaliste, Curieuse, Baroudeuse, Couteau Suisse. Passionnée par le cinéma, la littérature, la photographie et la contre-culture. Bref, lire, écrire et courir, mais pas les trois à la fois parce que ce n'est pas pratique.

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